L’Astme péri-mentruel , une forme clinique différente

 Rao C et coll. : Characteristics of Perimenstrual Asthma and Its Relation to Asthma Severity and Control Data From the Severe Asthma Research Program. CHEST, 2013;143: 984-992.

A l’âge adulte, l’asthme se rencontre un peu plus fréquemment chez les femmes et est parfois conditionné par les variations hormonales. L’asthme péri-menstruel ou l’aggravation des symptômes de l’asthme pendant les règles est ainsi signalé chez 30 % des femmes asthmatiques au cours d’études portant sur de faibles effectifs, mais cet asthme reste mal caractérisé.

Une étude a voulu identifier les facteurs cliniques et démographiques associés à l’asthme péri-menstruel (asthme PM) et évaluer sa sévérité. Un questionnaire de dépistage a été adressé à des femmes recrutées dans le cadre d’un programme de recherche sur l’asthme pour le National Heart, Lung, and Blood Institute. Sur les 756 femmes incluses, les très jeunes (moins de 12 ans, 47 sujets) et les plus âgés (plus de 50 ans, n=146) ont été exclues. Sur les 563 restantes, 80 (14 %) ne pouvaient pas préciser si leur asthme s’aggravait ou non pendant leurs règles. Finalement, 483 femmes asthmatiques ont participé à cette étude.

Selon l’auto-questionnaire, 92 (17 %) d’entre elles rapportent un asthme PM. Ce type d’asthme est associé à un indice de masse corporelle plus élevé, à un reflux gastro-œsophagien plus fréquent et au plan fonctionnel, à une capacité vitale forcée plus faible. Cinquante-deux pour cent du groupe asthme PM satisfont à la définition de l’asthme sévère contre 30 % dans le groupe asthme non-PM. Dans les analyses multivariées, l’intolérance à l’aspirine et une capacité vitale forcée inférieure aux valeurs prédites sont associées à l’asthme PM. Après correction des facteurs confondants éventuels et en fonction de la sévérité de l’asthme, l’asthme PM reste corrélé à un moins bon contrôle de la maladie, avec plus de symptômes d’asthme et de venues aux urgences.

Ces résultats suggèrent que l’asthme péri-menstruel constitue une forme d’asthme phénotypiquement différente, plus sévère et plus difficile à contrôler. D’autres études
devraient permettre d’améliorer notre compréhension de la physiopathologie particulière de cette forme clinique, en se concentrant sur le rôle des hormones et des prostanglandines.