L’apport du dosage de la CRP quand le diagnostic de pneumopathie est incertain?

Van Vugt SS et coll. : Use of serum C reactive protein and procalcitonin concentrations in addition to symptoms and signs to predict pneumonia in patients presenting to primary care with acute cough: diagnostic study. BMJ 2013;346:f2450doi: 10.1136/bmj.f2450

 

Il est parfois difficile en médecine générale d’affirmer rapidement un diagnostic de pneumopathie. La radiographie n’est pas toujours accessible dans un bref délai. Le diagnostic rapide est pourtant crucial. Le traitement et le suivi des pneumopathies diffèrent en effet totalement de ceux des bronchites aiguës, pour lesquels l’abstention peut être la règle. L’historique de la maladie et la clinique permettent, avant l’examen radiologique, de classer les patients en faible, moyen et haut risque de pneumopathie. Certains ont proposé d’y ajouter les marqueurs de l’inflammation, C Reactive Protein (CRP) et procalcitonine, qui peuvent être obtenus plus rapidement que la radiographie.

Cette approche n’est toutefois pas validée.

Le British Medical Journal publie cependant les résultats d’une étude évaluant l’apport du dosage de ces marqueurs sur la précision du diagnostic de pneumopathie en consultation de médecine générale. Au total 3 106 patients ont été inclus, consultantpour une toux d’apparition brutale. Il s’agissait d’une pneumopathie pour 140 d’entre eux (5 %).L’absence de rhinorrhée et la présence d’un essoufflement, la découverte de crépitants et d’une diminution du murmure vésiculaire à l’auscultation, une tachycardie (> 100/mn) et de la fièvre (≥ 37,8°) constituent l’association la plus évocatrice d’un diagnostic de pneumopathie. Ces signes cliniques n’ont toutefois qu’une précision diagnostique modérée. Ainsi, parmi les 1 156 patients classés comme à bas risque de pneumonie selon l’examen clinique, 2 % avaient en réalité une pneumopathie. Parmi les 132 patients classés en risque élevé, la prévalence était de 31 %.

L’association de la CRP (au seuil de >30 mg/l) améliore quelque peu la justesse du diagnostic, permettant de reclassifier 28 % des patients. Mais il s’agit principalement de ceuxdont l’examen clinique n’est pas concluant et classés comme à risque intermédiaire. Y adjoindre le dosage de la procalcitonine n’apporte rien de plus.

Dr Roseline Péluchon