Quel est la part de l’embolie pulmonaire dans les poussées de BPCO ?

 

 

 

 

Choi KJ et coll. : Prevalence and Predictors of Pulmonary Embolism in Korean Patients with Exacerbation of Chronic Obstructive Pulmonary Disease. Respiration 2012 : publication avancée en ligne le 15 février

                      

La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) sévit dans la plupart des pays du monde. La preuve en est : une étude de cohorte prospective réalisée en Corée, dans laquelle a été incluse une centaine de patients hospitalisés en raison d’une poussée évolutive de leur maladie. Dans l’urgence, il importe de rechercher le facteur déclenchant qui est souvent une infection, parfois une embolie pulmonaire (EP). Le but de l’étude est justement de préciser ces données et les variables prédictives d’une éventuelle maladie veineuse thrombo-embolique au sein de cette population asiatique. Dans tous les cas, un angioscanner pulmonaire et un écho-doppler des membres inférieurs ont été pratiqués au cours de l’hospitalisation.

Comme on pouvait y s’attendre, la principale cause (n=84 ; 82 %) des poussées évolutives a été la surinfection des voies aériennes inférieures. L’EP est ainsi largement distancée avec une prévalence globale de l’ordre de 5 % (n=5). Huit patients (8 %) avait une MVTE et six (6 %) une thrombose veineuse profonde, proximale dans 4 cas.

Une analyse multivariée a permis d’identifier deux variables prédictive du risque d’EP au cours de ces poussées évolutives : 1) absence de signes d’infection respiratoire ; 2) élévation des taux plasmatiques des D-dimères (>= 500 mug/l). Les odds ratios (ORs) correspondant à ces deux variables ont été respectivement évalués à 31,0 (p=0,02) et à 25,0 (p=0,03).
Ainsi, la prévalence de l’EP en tant que facteur déclenchant les exacerbations de la BPCO est estimée à 5 % au sein de ce groupe de malades coréens. Il faut tout de même souligner les difficultés rencontrées dans le diagnostic positif de la MVTE face à une BPCO. L’absence de signes d’infection respiratoire et l’élévation des taux de D-dimères seraient les variables les plus prédictives d’une EP ou d’une MVTE dans ce contexte.