Un nouveau score tomodensitométrique pour le diagnostic de pneumopathie d’hypersensibilité

Dans une étude récente, ML Salisbury et al. ont développé et validé un nouveau score tomodensitométrique (TDM) pour le diagnostic de pneumopathie d’hypersensibilité (PHS), à partir d’une cohorte de dérivation et d’une cohorte de validation comportant respectivement 356 et 414 patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) (1). Parmi les patients inclus, 187 (121 dans la cohorte de dérivation et 66 dans celle de validation) étaient atteints d’une PHS selon des critères diagnostiques non radiologiques, incluant une lymphocytose alvéolaire supérieure à 20 % au lavage bronchoalvéolaire, des anomalies histologiques compatibles avec une PHS sur la biopsie pulmonaire chirurgicale ou les biopsies transbronchiques (granulomes lâches non nécrosants, cellules géantes, infiltrat inflammatoire mononucléaire interstitiel ou péribronchiolaire) et une exposition compatible. Une analyse multivariée en régression logistique ajustée sur l’âge, le sexe et le statut tabagique a montré que la présence au scanner de zones d’atténuation en mosaïque ou de piégeage aérien plus étendues que les réticulations était fortement prédictive de l’existence d’une PHS (OR = 6,20 ; IC95 : 3,53-10,90 ; p < 0,0001), de même que celle d’une distribution axiale diffuse des lésions (OR = 2,33 ; IC95 : 1,31-4,16 ; p = 0,004). En attribuant un score de 2 points à la présence du premier critère TDM et de 1 point à celle du second, il a été montré qu’un score total de 3 avait une excellente spécificité pour le diagnostic de PHS (90 % dans la cohorte de dérivation et 96 % dans la cohorte de validation).

Quelles implications pour la pratique ?

Le diagnostic de FPI nécessite l’exclusion des autres formes de PID, notamment d’une PHS liée à des antigènes inhalés (protéines aviaires, moisissures, substances chimiques, etc.) (2-5). Le diagnostic différentiel avec les formes de PHS chroniques fibrosantes peut être particulièrement délicat, du fait de présentations radiologiques quelquefois comparables et de difficultés à mettre en évidence l’existence d’une exposition antigénique environnementale (2, 4-7). Cela a, par exemple, été illustré dans une étude réalisée chez des patients ayant reçu un diagnostic initial de FPI et pour lesquels une réévaluation comportant une enquête environnementale approfondie a conduit, chez 43 % d’entre eux, à une requalification du diagnostic de FPI en forme chronique de PHS (4). Dans ce contexte, la validation d’un score radiologique simple tel que celui développé par l’équipe de ML Salisbury, coté de façon dichotomique sur la base de 2 critères aisément identifiables, peut très certainement contribuer à faciliter le diagnostic de PHS (1). Reste à savoir si ce score ou les 2 critères qui le composent seront à l’avenir pris en compte dans les réflexions menées en vue de l’élaboration pour les PHS chroniques de critères diagnostiques internationaux (5-7).

Références

1. Salisbury ML et al. Development and validation of a radiological diagnosis model for hypersensitivity pneumonitis. Eur Respir J 2018;5
2. Cottin V et al. Recommandations pratiques pour le diagnostic et la prise en charge de la fibrose pulmonaire idiopathique – Actualisation 2017. Version longue. Rev Mal Respir 2017;34:900-68.
3. Raghu G et al. Diagnosis of idiopathic pulmonary fibrosis: an official ATS/ERS/JRS/ALAT clinical practice guideline. Am J Respir Crit Care Med 2018;198:e44-65.
4. Morell F et al. Chronic hypersensitivity pneumonitis in patients diagnosed with idiopathic pulmonary fibrosis: a prospective case-cohort study. Lancet Respir Med 2013;1:685-94.
5. Cottin V et al. Presentation, diagnosis and clinical course of the spectrum of progressive-fibrosing interstitial lung diseases. Eur Respir Rev 2018;27. pii: 180076.
6. Salisbury ML et al. Diagnosis and treatment of fibrotic hypersensitivity pneumonia. Where we stand and where we need to go. Am J Respir Crit Care Med 2017;196:690-9.
7. Morisset J et al. Identification of diagnostic criteria for chronic hypersensitivity pneumonitis. An international modified Delphi survey. Am J Respir Crit Care Med 2018;197:1036-44.

Article Paru dans la lettre du Pneumologue du 23 Juin 20119
Auteurs
Pr Vincent COTTIN  :  Médecin Pneumologie Coordonnateur du Centre national de référence des maladies pulmonaires rares (de l’adulte), Hôpital Louis Pradel, Hospices civils de Lyon  , France