L’activité des inhibiteurs de checkpoint immunitaires sur les métastases cérébrales des CBNPC

L’activité cérébrale des inhibiteurs de checkpoint immunitaires (IO) et leur tolérance sont mal connues car la plupart des essais cliniques ont exclu ces patients. Néanmoins, un grand nombre de ces patients gardent un état général qui pourrait leur permettre de recevoir ces molécules.
L’efficacité incertaine reste contrebalancée par une toxicité potentielle qui pourrait entrainer une majoration des symptômes par aggravation de l’œdème périlésionnel.
L’étude rétrospective rapportée par Gauvin et al. a concerné  43 patients avec métastases cérébrales, traités par IO dans deux centres français entre mai 2015 et août 2016. Parmi ces patients, 37% étaient considérés comme ayant des métastases actives (les auteurs les ayant définies comme étant d’apparition récente (5%), ou grossissant (32%)). L’œdème cérébral était présent dans 33% des cas.
Au total, 34 patients avaient des métastases préalablement irradiées. Trente patients avaient une réponse évaluable sur ce site. A noter toutefois que 7 patients sont décédés avant d’être évalués. L’ge médian était de 59,5 ans (+/- 8,4 ans) et 76% étaient des hommes.
L’adénocarcinome représentait la grande majorité des types histologique de cette série (82%).
Le taux de réponse intracérébrale était proche de celui de la maladie « extracérébrale » (respectivement 9% et 11%). Le taux de contrôle cérébral était de 51% contre 47% pour la maladie extracérébrale (p=0.43).
Aucun patient ayant progressé au niveau cérébral n’a présenté de réponse extracérébrale, mais à l’inverse, un patient en progression extracérébrale était considéré comme ayant une réponse complète cérébrale. Les médianes de PFS globale ou cérébrale restent faibles, à respectivement 2,8 et 3,9 mois.
En termes de tolérance, les évènements neurologiques sont survenus chez 5 patients (3 avaient des métastases actives, 1 de l’œdème périlésionnel). Sous traitement, 4 de ces patients étaient seulement contrôlés, le dernier a progressé.

Il s’agit d’une petite série issue de deux centres seulement, mais c’est une série de « vraie vie » qui finalement est assez rassurante. Elle retrouve quasiment la même PFS que dans les essais d’enregistrement de phase III.
Les taux de réponses cérébrales constatés sont toutefois du même ordre que ceux que l’on peut espérer avec la chimiothérapie. On note également que les taux de réponse intra et extracérébrale sont quasi identiques, laissant penser que le nivolumab possède une activité comparable sur les différents sites.
Les effets secondaires sont considérés comme acceptables, 5 patients ayant présenté des effets neurologiques. Toutefois, parmi eux, aucune réponse n’est constatée, un patient ayant même une progression (chez ce dernier, les symptômes neurologiques pourraient même être plus liés à la progression qu’à une toxicité du nivolumab).
Des essais prospectifs sont en cours en monothérapie ou même en combinaison, pour évaluer les IO dans cette population spécifique de patients.

Cpmmentaire  Par le Dr Bertrand Mennecier (Hôpital Civil – Strasbourg). Publié sur Cancéro.net le 23 Février 2018

Article originale en langue anglaise à l’adresse – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29413052