Il faut baisser la corticothérapie inhalée lorsque l’asthme est contrôlé depuis 3 mois !

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Diverses recommandations sur le traitement de l’asthme proposent de réduire la dose de corticoïdes inhalés de 25 à 50 % lorsque le patient est stable depuis 3 mois.

Ces avis d’experts viennent d’être confirmés par une méta-analyse sur le risque d’exacerbation de l’asthme après diminution de la dose thérapeutique.

Les essais contrôlés randomisés publiés en anglais ou non sur le sujet ont été sélectionnés sur MEDLINE, EMBASE, Web of Science et CENTRAL. Il s’agissait d’études sur des patients asthmatiques stables depuis au moins 4 semaines chez qui la dose de corticoïdes était diminuée ou non avec un suivi d’au moins 3 mois.

La recherche a permis d’identifier 2 253 articles parmi lesquels 206 ont été analysés entièrement pour en retenir 6 remplissant les critères d’inclusion : 2 études menées aux Etats-Unis, 1 au Canada et 3 en Europe avec une moyenne de 148 participants par étude.

Le principal motif d’exclusion des études était la chronologie qui ne remplissait pas les critères fixés.

La dose de corticoïde inhalé était diminuée de 50 % dans 4 études, de 76 % dans une autre et de 85 % dans la dernière.

Les définitions retenues pour l’exacerbation concernaient l’utilisation de broncho-dilatateurs d’urgence, de corticoïdes oraux et l’existence de consultations en urgence.

La baisse du débit expiratoire de pointe a été examinée dans 3 études et les critères symptomatiques dans 3 publications.

Le risque relatif d’exacerbation asthmatique chez les patients ayant réduit la dose de corticoïdes inhalés, comparativement à ceux ne l’ayant pas réduite, était de 1,25 (intervalle de confiance à 95 % [IC 95 %] 0,96-1,62 ; P = 0,10; I2 = 0 %) dans les études considérées avec une moyenne de 22 semaines de suivi.

Les patients ayant réduit la dose de corticoïdes inhalés avaient une baisse de la valeur prédite du VEMS de 0,87 % (IC 95 %-1,58 %-3,33 %; P = 0,49, I2 = 58 %) et une baisse moyenne du débit expiratoire de pointe de 9,57 l/min (IC 95 % 1,25-17,90 ; P = 0,02; I2 = 74 %) comparativement à ceux ayant poursuivi une même dose.

Pour mieux évaluer la sévérité des exacerbations dans les études sélectionnées, les admissions aux urgences et les hospitalisations ont été considérées. Des exacerbations sévères n’étaient rapportées que dans 2 des études.

La baisse de la dose du traitement corticoïde inhalé après stabilité de l’asthme n’expose donc pas à la survenue d’exacerbations de la maladie. Ceci conforte les lignes directrices actuelles qui recommandent de diminuer les ICS de 50% après une période de stabilité de l’asthme.

 

Grabenhenrich LB et coll. : The risk of asthma exacerbation after reducing inhaled corticosteroids: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Allergy 2014; 69 : 510-516