Peut-être une nouvelle piste pour combattre l’addiction au tabac

La prévention du tabagisme et/ou son arrêt demeurent les pistes les plus rationnelles pour éviter un grand nombre de maladies (cancers, emphysème pulmonaire, maladies cardiovasculaires etc.) conduisant à des morts prématurées. Si la volonté du malade de cesser de fumer est primordiale, il reste que ce dernier peut être accompagné par le corps médical car l’addiction à la nicotine provoque dépendances psychologique et physique. Les médications proposées contre l’addiction tabagique ont une efficacité limitée – tels l’antidépresseur bupropion ou l’agoniste nicotinique varénicline – puisque dans 75 % des cas, les anciens fumeurs rechutent dans les 6 mois. La nicotine, comme toutes les autres drogues qui impliquent une dépendance, augmente la libération de dopamine. Celle-ci participe à la motricité, l’attention, la motivation, l’apprentissage, la mémorisation. Elle agit sur les circuits de la récompense ou circuits du plaisir qui impliquent de nombreuses structures du cerveau dont le noyau accumbens, l’amygdale et l’hippocampe.

La voie des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase

Récemment, il a été suggéré que les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (IAChE) utilisés pour traiter les déficits cognitifs associés à la maladie d’Alzheimer pourraient être efficaces dans la lutte contre les addictions, et, en particulier, la dépendance à la nicotine. Ces IAChE – dans la mesure où ils peuvent traverser la barrière hémato-méningée – augmentent la concentration extracellulaire d’acétylcholine dans le cerveau et la transmission cholinergique car ils inhibent l’action catabolique de l’acétylcholinestérase.

Une équipe américaine* a élaboré une étude pour évaluer l’efficacité potentielle des IAChE chez des fumeurs dépendants à la nicotine et pour déterminer si le passage à des essais cliniques de grande ampleur se justifiait. Afin de traduire les résultats précliniques en recherche clinique cette équipe a réalisé une étude randomisée des effets de la galantamine versus placébo sur le comportement de fumeurs volontaires sains et examiné les effets secondaires de la molécule.

Des résultats encourageants

Cette étude montre, pour la première fois, qu’un traitement répété par  galantamine pendant quinze jours sur 33 volontaires fumant en moyenne quinze cigarettes par jour, d’âge moyen 43 ans dont 40 % de femmes et 60 % d’Afro-américains, réduit significativement l’appétence pour la consommation de cigarettes. Le mode d’action de la molécule n’est pas uniquement lié à son effet IAChE, car elle agit également en modulateur allostérique des récepteurs nicotiniques dont le rôle est critique dans la dépendance à la nicotine. Les effets secondaires observés sont surtout des nausées et seraient indépendants des effets subjectifs concernant la diminution de satisfaction lors de la prise de tabac. De plus, les problèmes cognitifs ou de concentration rencontrés lors de l’arrêt du tabagisme, étant un facteur important de rechute, l’efficacité des IAChE dans les déficits cognitifs pourrait réduire durablement l’addiction tabagique. Ces résultats, encore préliminaires, sont encourageants et justifient amplement d’approfondir les recherches, avec une vaste cohorte et à long terme, sur les IAChE dans l’addiction à la nicotine mais, peut-être aussi, à d’autres drogues.

Publié sur Jim.fr du 17/04/2016. Commentaire du Dr Catherine Albertini, pharmacienne, PhD.

Références

Ashare RL et coll. Repeated administration of an acetylcholinesterase inhibitor attenuates nicotine taking in rats and smoking behavior in human smokers. Transl Psychiatry 2016; 6, e713; doi:10.1038/tp.2015.209.

Enfants – Sifflements – eNO

NO expiré comme outil diagnostique des sifflements chez l’enfant d’âge préscolaire: une étude sur la fiabilité diagnostique.

BOUWMAN SAYO L. et al. Respir Med 2016113,15-21

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0954611116300269

Pour essayer de déterminer la fiabilité de la fraction expirée du NO (FENO) dans l’identification des sifflements chez l’enfant d’âge préscolaire, une étude transversale a été effectuée chez des enfants âgés de 3 à 5 ans à partir de la méthode d’une respiration unique et par le questionnaire ATS-DLD-78-C.

Il a été inclus 243 enfants sans sifflements, 118 avec des sifflements non récidivants et 62 avec des sifflements récidivants. Les FENO moyens et l’intervalle de confiance à 95% ont été respectivement de 5.4, 7.5 et 11.2. La sensibilité, la spécificité et les valeurs négatives et prédictives au seuil de 6 parties par billions (ppb) ont été respectivement de 65.5%, 84.3%, 75.6% et 76.7% avec une aire sous la courbe (AUC) = 0.77. À 10ppb, les meilleurs points seuils pour différencier les sifflements récidivants des non récidivants ont été respectivement de 56.4%, 81.3%,61.4% et 78%, avec un AUC = 0.69. La probabilité post test de chaque points seuils du FENO  a augmenté de 33% pour le diagnostic de sifflements et 20% pour le diagnostic de sifflements récidivants quand l’examen clinique a été associé.

En conclusion, le FENO peut représenter une méthode faible et sûre pour discriminer la présence et le type de sifflements chez les enfants d’âge préscolaire avec 92% d’acceptation dans cette population étudiée.

(Commentaire : Ah les mathématiques !!!)

C. Krespine

Faut-il éviter les β-agonistes dans les cas de B.P.C.O. modérées

On se préoccupe de l’innocuité des β-agonistes pour les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO). Les β-agonistes peuvent soulager les symptômes et améliorer le courant aérien dans les cas d’asthme et de BPCO, mais un usage régulier entraîne une tolérance considérable. Dans les études portant sur les BPCO, on a observé que l’utilisation régulière des β-agonistes fasait doubler le nombre de décès de causes respiratoires par rapport à un placebo, tandis que les agents anticho-linergiques réduisaient de 70% les décès de même cause. Il faudrait revoir les guides de pratique clinique et faire en sorte pour qu’ils recommandent d’utiliser les anti-cholinergiques comme bronchodilatateurs de première intention chez les patients atteints de BPCO et d’éviter le recours aux β-agonistes.

Les β-agonistes pour les pneumopathies obstructives

Les β-agonistes suscitent la controverse depuis leur apparition il y a plus de 50 ans1. Durant les années 1960, on a largement utilisé les β-agonistes à brève action pour la prise en charge de l’asthme et des BPCO, sans s’appuyer sur de solides données scientifiques sur leur efficacité et leur sécurité à long terme. On a introduit sur le marché, au cours des années 1990, le β-agoniste salmétérol à effet prolongé, malgré des données prou-vant qu’il pourrait être associé à un plus grand risque de décès de causes respiratoires que les agents à brève action2. Après que la Food and Drug Administration des États-Unis eut reçu des signalements, à la suite de la mise en marché du salmétérol, de plusieurs décès associés à cet agent, on a procédé à l’étude intitulée Salmeterol Multicenter Asthma Research Trial; selon les conclusions de l’étude, les exacerbations de l’asthme dangereuses pour la vie augmentaient du double avec le salmétérol et les décès dus à l’asthme étaient quatre fois plus nombreux par rapport au placebo3. Certains ont récemment questionné le bien-fondé de laisser sur le marché les β-agonistes à effet prolongé4.

Les -βagonistes compliquent le contrôle des pneumopathies obstructives en raison d’un mécanisme de rétroaction négative, qui est une réaction d’adaptation du système β-adrénergique5. La stimulation se traduit par un découplement et une internalisation des récepteurs, suivis d’une baisse de la densité du récepteur et de son expression génétique, qu’on désigne sous le nom d’action de frénation5. Cette tolérance aux β-agonistes pourrait expliquer les résultats d’études, qui vont à l’encontre de l’intuition, démontrant des effets respiratoires indésirables.

Les effets cardiovasculaires

Les β-bloquants réduisent la morbidité et la mortalité chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires et qui présentent d’autres facteurs de risque. Les β-agonistes produisent des effets physiologiques contraires à ceux des β-bloquants et on pourrait s’attendre à ce qu’ils aient des effets cardiovasculaires néfastes. Des études cas-témoins mettent en évidence un lien entre l’utilisation des β-agonistes et un risque accru d’infarctus du myocarde, de défaillance cardiaque, d’arrêt cardiaque et de mort cardiaque subite, avec des rapports de cotes variant de 1,3 à 3,46 .

Une méta-analyse regroupait les résultats de 33 études contrôlées randomisées contre placebo auprès de patients atteints de pneumopathies obstructives et a révélé qu’une seule dose de β-agoniste augmentait le rythme cardiaque de 9 battements à la minute et réduisait la concentration de potassium de 0,4 mmol/l par rapport au placebo7. Dans des études d’une durée variant de 3 jours à 1 an, le traitement aux β-agonistes augmentait le risque d’incidents cardiovasculaires de plus du double en comparaison du placebo. Au nombre des effets indésirables figuraient la tachycardie sinusale et ventriculaire, la syncope, la fibrillation auriculaire, la déficience cardiaque, l’infarctus du myocarde, l’arrêt cardiaque et la mort subite.

Les effets respiratoires

On considère généralement que les β-agonistes et les anticholinergiques sont des choix équivalents de traitement pour les BPCO. De nombreuses études sur ces agents se sont concentrées sur les résultats à court terme, comme le courant aérien ou les symptômes. Il a été démontré que les anti-cholinergiques ont une efficacité égale ou supérieure à celle des β-agonistes dans l’amélioration des paramètres de la fonction pulmonaire8. Par ailleurs, des enquêtes indiquent que les ordonnances de β-agonistes sont de 2 à 10 fois plus nombreuses que celles d’anticholinergiques9. Il a été démontré que les anticholinergiques réduisaient les exacerbations graves des BPCO de 40%(P < ,001), l’hospitalisation de 30% (P = ,001) et les décès de causes respiratoires de 70% (P = ,02) en comparaison du placebo, sans augmenter la tolérance à leurs effets avec le temps10; le développement d’une tolérance aux effets des β-agonistes est considérable dans les cas de BPCO11.

Deux méta-analyses9,10 combinaient les résultats d’études contrôlées randomisées contre placebo sur les β-agonistes ou les anticholinergiques pour les BPCO publiés jusqu’en décembre 2005. Elles faisaient valoir que le recours aux β-agonistes augmentaient le risque de décès de causes respiratoires de plus du double en comparaison du placebo sans avoir d’effet considérable sur l’hospitalisation ou la mortalité totale. Environ 50% des participants prenaient aussi des corticostéroïdes par inhalation. Quand on les comparait directement à d’autres traitements, les β-agonistes causaient 2 fois plus d’hospitalisations dues à une BPCO et un taux de mortalité totale 5 fois plus grand en comparaison des anticholinergiques et un taux de mortalité totale deux fois plus élevé par rapport aux corticostéroïdes par inhalation9,10. L’ajout de β-agonistes aux anticholinergiques ou aux corticostéroïdes inhalés n’avait d’effet favorable sur aucun des résultats cliniques à long terme9 .

Conflits d’intérêts

Pourquoi n’a-t-il pas été plus évident aux yeux des cliniciens que les β-agonistes ont de tels effets indésirables sur les personnes atteintes de pneumopathies obstructives? Des conflits d’intérêts peuvent se produire lorsque des compagnies de produits pharmaceutiques commanditent des études, comme on l’a observé avec d’autres médicaments. Une synthèse critique des études sur les β-agonistes révèle que 75% des études financées par l’industrie mais seulement 10% de celles sans appui de l’industrie signalaient que les β-agonistes étaient bénéfiques12. La valeur P mesurant l’interaction était <,00001, ce qui veut dire une très forte association entre le financement par les sociétés de produits pharmaceutiques et les rapports de résultats positifs. La plupart des études d’une durée de plus de trois mois étaient parrainées par l’industrie. Il est essentiel d’évaluer les résultats cliniques tangibles, comme les hospitalisations ou les décès.

Conclusion

Chez les patients atteints de BPCO, les β-agonistes sont associés à 2 fois plus de décès de causes respiratoires par rapport au placebo, à un taux 5 fois plus grand de mortalité totale en comparaison des bronchodilatateurs anticholinergiques et à plus du double d’événements cardiovasculaires indésirables par rapport au placebo. Compte tenu de données scientifiques recueillies sur les effets indésirables graves des β-agonistes pour l’asthme et les BPCO (Tableau 13,7,9,10), je n’utilise aucun β-agoniste dans ma pratique clinique. Les β-agonistes devraient être évités chez les patients atteints de BPCO. Les agents anticholinergiques devraient être les bron-chodilatateurs de première intention.

Tableau 1

Résultats cliniques associés à l’utilisation des β-agonistes chez les patients atteints de pneumopathies obstructives

RÉSULTATS CLINIQUES COMPARAISON RISQUE RELATIF (INTERVALLE DE CONFIANCE À 95%)
Événements cardiovasculaires chez les patients atteints de pneumopathies obstructives7 β-agonistes contre placebo 2,5 (1,6–4,0)
Décès de causes respiratoires chez les patients asthmatiques3 β-agonistes contre placebo 4,4 (1,3–15,3)
Décès de causes respiratoires chez les patients atteints de BPCO10 β-agonistes contre placebo 2,5 (1,1–5,5)
Mortalité totale chez les patients atteints de BPCO9 β-agonistes contre anticholinergiques 5,0 (1,1–22,5)

BPCO—bronchopneumopathie chronique obstructive

Résultats cliniques associés à l’utilisation des β-agonistes chez les patients atteints de pneumopathies obstructives

Notes

CONCLUSIONS FINALES

  • Les anticholinergiques ont une efficacité égale ou supérieure aux β-agonistes pour améliorer les paramètres de la fonction pulmonaire sans créer de tolérance avec le temps; une tolérance considérable se développe avec un usage régulier des β-agonistes.
  • Une utilisation régulière des β-agonistes fait doubler le nombre de décès de causes respiratoires en comparaison du placebo tandis que les agents anti-cholinergiques réduisent de 70% le nombre de décès de même cause.
  • Les anticholinergiques devraient être les bronchodilatateurs de première intention chez les patients atteints de bronchopneumopathies chroniques obstructives. On devrait éviter d’utiliser les β-agonistes.

Intérêts concurrents

Dre Salpeter a été consultée dans des causes devant les tribunaux portant sur l’utilisation des ß-agonistes et était rémunérée à l’heure.

Références

1. Taylor DR, Sears M, Cockcroft DW. The beta-agonist controversy. Med Clin North Am. 1996;80:719–48. [PubMed]
2. Castle W, Fuller R, Hall J, Palmer J. Serevent nationwide surveillance study: comparison of salmeterol with salbutamol in asthmatic patients who require regular bronchodilator treatment. BMJ. 1993;306:1034–7. [Article PMC gratuit] [PubMed]
3. Nelson HS, Weiss ST, Bleecker ER, Yancey SW, Dorinsky PM. The Salmeterol Multicenter Asthma Research Trial: a comparison of usual pharmacotherapy for asthma or usual pharmacotherapy plus salmeterol. Chest. 2006;129:15–26. [PubMed]
4. United States Food and Drug Administration Advisory Committee. Serevent, Advair, Foradil withdrawals to be considered by Advisory Committee. Rockville, Md: US Food and Drug Administration; 2005.
5. Johnson M. The beta-adrenoceptor. Am J Respir Crit Care Med. 1998;158(5 Pt 3):S146–53. [PubMed]
6. Salpeter SR. Cardiovascular safety of beta(2)-adrenoceptor agonist use in patients with obstructive airway disease: a systematic review. Drugs Aging. 2004;21(6):405–14. [PubMed]
7. Salpeter SR, Ormiston TM, Salpeter EE. Cardiovascular effects of beta-agonists in patients with asthma and COPD: a meta-analysis. Chest. 2004;125:2309–21. [PubMed]
8. Sin DD, McAlister FA, Man SF, Anthonisen NR. Contemporary management of chronic obstructive pulmonary disease: scientific review. JAMA. 2003;290:2301–12. [PubMed]
9. Salpeter SR, Buckley NS. Systematic review of clinical outcomes in chronic obstructive pulmonary disease: beta-agonist use compared with anticholinergics and inhaled corticosteroids. Clin Rev Allergy Immunol. 2006;31:219–30. [PubMed]
10. Salpeter SR, Buckley NS, Salpeter EE. Meta-analysis: anticholinergics, but not beta-agonists, reduce severe exacerbations and respiratory mortality in COPD. J Gen Intern Med. 2006;21:1011–9. [Article PMC gratuit] [PubMed]
11. Donohue JF, Menjoge S, Kesten S. Tolerance to bronchodilating effects of salmeterol in COPD. Respir Med. 2003;97:1014–20. [PubMed]
12. Salpeter SR, Ormiston TM, Salpeter EE. Meta-analysis: respiratory tolerance to regular beta2-agonist use in patients with asthma. Ann Intern Med. 2004;140(10):802–13. [PubMed]

Publié sur Can Fam Physician. 2007 Aug; 53(8): 1294–1297. , auteur Shelley R. Salpeter, MD FACP
www.univardis.fr/external/exit/?r=http%253A%252F%252Fwww.ncbi.nlm.nih.gov%252Fpubmed%252F26964827&display_iframe=1&exit_strategy=0&new_window=1

Efficacité de la radiothérapie néoadjuvante dans le traitement du cancer du poumon non à petites cel

L’ajout de la radiothérapie néoadjuvante à la chimiothérapie d’induction et la chirurgie n’est pas bénéfique dans les cas de cancer du poumon non à petites cellules de stade IIIA/N2

Contexte 

Parmi les options standards de traitement du cancer du poumon non à petites cellules de stade IIIA/N2 figurent la chimiothérapie néoadjuvante et la chirurgie. Nous avons réalisé un essai randomisé afin de déterminer si l’ajout de la radiothérapie néoadjuvante améliore les résultats.

Méthodes 

Nous avons recruté des patients auprès de 23 centres en Suisse, en Allemagne et en Serbie. Les patients admissibles avaient un cancer du poumon non à petites cellules de stade IIIA/N2, démontré par des tests pathologiques, et ont été randomisés en groupes de traitement selon une proportion de 1:1. Ceux du groupe de chimioradiothérapie ont reçu 3 cycles de chimiothérapie néoadjuvante (100 mg/m² de cisplatine et 85 mg/m² de docétaxel) suivis d’une radiothérapie à raison de 44 Gy répartis en 22 fractions sur une durée de 3 semaines, tandis que ceux du groupe témoin ont reçu une chimiothérapie néoadjuvante seule. Tous les patients devaient subir une intervention chirurgicale. La randomisation était stratifiée par centre, masse médiastinale (moins de 5 cm contre 5 cm ou plus) et perte de poids (5 % ou plus contre moins de 5 % au cours des 6 derniers mois). Le critère d’évaluation principal était la survie sans événement. Les analyses ont été effectuées sur la population en intention de traiter. Cet essai est enregistré sur le site ClinicalTrials.gov, sous la référence NCT00030771.

Résultats 

De 2001 à 2012, 232 patients ont été recrutés, dont 117 ont été répartis dans le groupe de radiochimiothérapie et 115 dans le groupe de chimiothérapie. La durée médiane de survie sans événement était similaire dans les deux groupes : 12,8 mois (IC à 95 % : 9,7–22,9) dans le groupe de radiochimiothérapie et 11,6 mois (8,4–15,2) dans le groupe de chimiothérapie (p = 0,67). La durée médiane de survie globale était de 37,1 mois (IC à 95 % : 22,6–50) avec radiothérapie, contre 26,2 mois (19,9–52,1) dans le groupe témoin. Des effets toxiques liés à la chimiothérapie ont été signalés chez la plupart des patients, mais 91 % des patients ont accompli trois cycles de chimiothérapie. Un cas de dysphagie de grade 3 induite par la radiothérapie a été observé chez sept (7 %) patients. Trois patients sont décédés dans le groupe témoin dans les 30 jours suivant l’intervention chirurgicale.

Interprétation 

L’ajout de la radiothérapie n’a apporté aucun bénéfice supplémentaire à la chimiothérapie d’induction suivie d’une intervention chirurgicale. Nous proposons qu’une modalité de traitement local définitif associée à une chimiothérapie néoadjuvante est adaptée pour traiter le cancer du poumon non à petites cellules de stade IIIA/N2 résécable. L’étude a été financée par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) en Suisse, la Ligue suisse contre le cancer et Sanofi.

Les vertus anticancéreuses de l’Aspirine confirmées

Prendre régulièrement de l’aspirine sur de longues périodes réduirait nettement le risque de cancer colorectal, montre l’analyse de deux vastes études publiées dans le Journal of the American Medical Association, Oncology, qui confirment les vertus anticancéreuses de la molécule. « Nous pouvons désormais recommander à un grand nombre de personnes d’envisager de prendre de l’aspirine pour réduire leur risque de cancer colorectal », affirme le Dr Andrew Chan, chef de l’unité d’épidémiologie clinique à l’hôpital général du Massachusetts (MGH), un des principaux auteurs de l’étude.

« Les résultats de nos travaux signifient que l’aspirine peut prévenir un nombre significatif de cancers colorectaux, en plus de ceux pouvant être évités grâce au dépistage. Elle peut en empêcher encore davantage parmi des populations ne bénéficiant pas de coloscopie », souligne-t-il. Toutefois, a précisé le Dr Chan « à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de faire une recommandation générale de l’usage de l’aspirine pour la prévention de toutes les formes de cancers »Â .

De nombreuses études ont déjà montré que le fait de prendre régulièrement de l’aspirine est un moyen de prévenir le cancer du colon, mais ses effets pour réduire le risque de l’ensemble des cancers ne sont pas encore clairement établis, relèvent également ces chercheurs qui font état d’une réduction absolue de seulement 3% pour toutes formes de tumeurs.

Pour arriver à ces conclusions, ils ont analysé les données médicales de près de 136.000 participants, hommes et femmes, portant sur une période de 32 ans. Les résultats suggèrent que ceux qui disent absorber régulièrement de l’aspirine, à savoir une dose standard (300 mg) ou faible (80 mg), au moins deux fois par semaine, réduisent de 19% leur risque de cancer colorectal et de 15% celui de toutes les formes de tumeurs gastro-intestinales par rapport à ceux n’en prenant pas de manière régulière. Cependant, l’usage régulier de l’aspirine n’a apparemment pas montré spécifiquement de réduction du risque de cancer du sein, de la prostate ou du poumon, selon cette étude.

Les effets protecteurs de cet anti-inflammatoire se feraient sentir après cinq ans d’usage continu de doses allant de la moitié à un comprimé et demi une fois par semaine, ou d’une faible dose prise quotidiennement.

En extrapolant leurs résultats, les chercheurs américains ont calculé que la prise régulière d’aspirine pourrait éviter jusqu’à 30.000 cancers gastro-intestinaux par an aux Etats-Unis, ainsi que 7.500 tumeurs colorectales parmi les plus de 50 ans qui ont des coloscopies et 9.800 de ces cancers chez les quelque 30 millions de personnes ne bénéficiant pas de ces dépistages. Si les résultats de cette étude observationnelle sont probants, ils ne peuvent pas être aussi solides que ceux d’un essai randomisé, concèdent cependant les chercheurs.

Les vertus supposées de l’aspirine pour diminuer le risque de cancer ont été évoquées il y a déjà plusieurs années. Mais entre temps, certains études étaient venues relativiser cet effet.

Source : Legeneraliste.fr

Nouvelles données rassurantes sur la Varénicline et le bupropion

La varénicline et le bupropion ne semblent associés à aucun surrisque d’événements neuropsychiatriques, selon une large étude randomisée parue le 22 avril dans le Lancet. Alors que ces médicaments d’aide au sevrage avaient été suspectés de favoriser la survenue de troubles psychiatriques et d’augmenter le risque de convulsion (pour le bupropion), l’essai mené par R. M Anthenelli et al. est plutôt rassurant.

Initié sur requête de la FDA, cet essai a inclus plus de 8000 fumeurs de 18 à 75 ans désirant arrêter de fumer. La moitié de ces patients souffraient (ou avaient des antécédents) d’affections psychiatriques stabilisées à type de troubles de l’humeur, anxiété, psychose ou personnalité borderline et 25% prenaient des médicaments psychotropes. Ces sujets ont été randomisés pour recevoir soit un placebo soit du bupropion soit de la varénicline soit un patch nicotinique pendant 12 semaines, puis ont été suivis pendant 12 semaines supplémentaires.

Au cours de cette période, les auteurs n’ont observé aucune augmentation significative des événements neuropsychiatriques, que les patients aient bénéficié d’une aide au sevrage ou non. Pour les patients ayant déjà présenté des troubles neuropsychiatriques, les auteurs rapportent en revanche une augmentation du risque d’effets secondaires de ce type pendant le sevrage mais sans différence entre les traitements (6,5% sous varénicline; 6,7% sous bupropion; 5,2% timbre de nicotine; 4,9% pour le placebo).

Côté efficacité, l’avantage semble aller à varénicline. Ainsi, à 24 semaines, 21,8% des personnes sous varénicline étaient encore abstinentes contre 16,2% pour le bupropion; 15,7% avec les patchs à la nicotine et 9,4% sous le placebo, avec des taux d’abstinence légèrement moindres pour les fumeurs ayant des troubles psychiatriques .


«Notre étude fournit une preuve supplémentaire de l’innocuité de ces médicaments chez les fumeurs souffrant de troubles psychiatriques, qui ont l’un des taux de tabagisme les plus élevés, analyse le Pr Anthenelli. Nous montrons aussi, pour la première fois, que l’efficacité des médicaments est similaire pour les fumeurs avec ou sans troubles psychiatriques. La petite augmentation de l’incidence des effets neuropsychiatriques indésirables chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques stables quel que soit le traitement doit être mis en balance avec les risques sanitaires importants connus du tabagisme». Les auteurs du Lancet appelle toutefois à la prudence pour les sujets souffrant d’affections psychiatriques non stabilisées et estiment que les résultats de leur étude ne peuvent être extrapolés à ces patients.Au cours de ces derniers mois une métaanalyse du BMJ et une étude rétrospective publiée dans le Lancet Respiratory avaient déjà apporté des éléments rassurants quant aux éventuels effets secondaires psychiatriques (risque suicidaire notamment ) et cardiovasculaires de la varénicline.

A la fin de l’année, le Comité technique de Pharmacovigilance de l’ANSM avait par ailleurs proposé d’arrêter la surveillance renforcée de ce médicament,le suivi national de pharmacovigilance ne montrant pas de signal supplémentaire après 8 ans de commercialisation en France.

Alors que les dernières recommandations de la HAS sur le sevrage tabagique ne préconisent la varénicline et le bupropion qu’en seconde intention, ces données semblent plaider pour une utilisation plus large de ces médicaments.

Source : Le généraliste.fr

Nouvelles données rassurantes sur la Varénicline et le bupropion

La varénicline et le bupropion ne semblent associés à aucun surrisque d’événements neuropsychiatriques, selon une large étude randomisée parue le 22 avril dans le Lancet. Alors que ces médicaments d’aide au sevrage avaient été suspectés de favoriser la survenue de troubles psychiatriques et d’augmenter le risque de convulsion (pour le bupropion), l’essai mené par R. M Anthenelli et al. est plutôt rassurant.

Initié sur requête de la FDA, cet essai a inclus plus de 8000 fumeurs de 18 à 75 ans désirant arrêter de fumer. La moitié de ces patients souffraient (ou avaient des antécédents) d’affections psychiatriques stabilisées à type de troubles de l’humeur, anxiété, psychose ou personnalité borderline et 25% prenaient des médicaments psychotropes. Ces sujets ont été randomisés pour recevoir soit un placebo soit du bupropion soit de la varénicline soit un patch nicotinique pendant 12 semaines, puis ont été suivis pendant 12 semaines supplémentaires.

Au cours  de cette période, les auteurs n’ont observé aucune augmentation significative des événements neuropsychiatriques, que les patients aient bénéficié d’une aide au sevrage ou non. Pour les patients ayant déjà présenté des troubles neuropsychiatriques, les auteurs rapportent en revanche une augmentation du risque d’effets secondaires de ce type pendant le sevrage mais sans différence entre les traitements (6,5% sous varénicline; 6,7% sous bupropion; 5,2% timbre de nicotine; 4,9% pour le placebo).

Côté efficacité, l’avantage semble aller à varénicline. Ainsi, à 24 semaines, 21,8% des personnes sous varénicline étaient encore abstinentes contre 16,2% pour le bupropion; 15,7% avec les patchs à la nicotine et 9,4% sous le placebo, avec des taux d’abstinence légèrement moindres pour les fumeurs ayant des troubles psychiatriques .


«Notre étude fournit une preuve supplémentaire de l’innocuité de ces médicaments chez les fumeurs souffrant de troubles psychiatriques, qui ont l’un des taux de tabagisme les plus élevés, analyse le Pr Anthenelli. Nous montrons aussi, pour la première fois, que l’efficacité des médicaments est similaire pour les fumeurs avec ou sans troubles psychiatriques. La petite augmentation de l’incidence des effets neuropsychiatriques indésirables chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques stables quel que soit le traitement doit être mis en balance avec les risques sanitaires importants connus du tabagisme ». Les auteurs du Lancet appelle toutefois à la prudence pour les sujets souffrant d’affections psychiatriques non stabilisées et estiment que les résultats de leur étude ne peuvent être extrapolés à ces patients. 

Au cours de ces derniers mois une métaanalyse du BMJ et une étude rétrospective publiée dans le Lancet Respiratory  avaient déjà apporté des éléments rassurants quant aux éventuels effets secondaires psychiatriques (risque suicidaire notamment ) et cardiovasculaires de la varénicline.

A la fin de l’année, le Comité technique de Pharmacovigilance de l’ANSM avait par ailleurs proposé d’arrêter la surveillance renforcée de ce médicament,   le suivi national de pharmacovigilance ne montrant pas de signal supplémentaire après 8 ans de commercialisation en France.

Alors que les dernières recommandations de la HAS sur le sevrage tabagique ne préconisent la varénicline et le bupropion qu’en seconde intention, ces données semblent plaider pour une utilisation plus large de ces médicaments. 

TRS – ADOLESCENT – ÉPIDÉMIOLOGIE

Troubles respiratoires du sommeil (TRS) chez les adolescents et les adultes les plus jeunes: une étude basée sur une population représentative.

Brockmann P. E. et al.Chest 2016:149/4,981-990

http://journal.publications.chestnet.org/article.aspx?articleID=2469208

La prévalence et la contribution potentielle des TRS chez les adolescents et les adultes les plus jeunes ont été étudiées chez 2147 personnes (âge moyen : 27.2 +/- 7.2 ans, dont 899 hommes soit 42%. Le ronflement habituel a été fortement prévalent dans une moyenne de 53.8 hommes et 38.3 femmes. Le ronflement, les apnées confirmées et la somnolence diurne augmentaient de façon continue avec l’âge, avec un score du questionnaire des TRS anormal détecté chez 2.5%. La durée du sommeil rapportée a été de 7.61+/- 1.67 heures au cours des jours de semaine et 8.27+/-2.11 heures au cours des jours de weekend. La fréquence du ronflement a été significativement plus élevée chez les hommes que les femmes dans presque tous les groupes d’âge et un modèle de régression ajusté a identifié le sexe féminin et l’IMC comme des facteurs de risque indépendants du ronflement.

Il est conclu que le risque de TRS est hautement prévalent chez les adultes les plus jeunes même chez les femmes et il augmente avec l’âge et l’IMC. La forte prévalence et la faible prise de conscience justifie un dépistage actif et un traitement des TRS dans cette population.

(Commentaire):

C. Krespine

L’asthme serait il un frein à la fertilité ?

On peut concevoir que certaines maladies chroniques puissent avoir un impact, directement ou du fait du traitement institué,sur les fonctions reproductrices. Par exemple, dans le cas de l’asthme, plusieurs études ont montré un lien avec l’âge de la ménarche,celui de la ménopause ou le nombre de grossesses. Ces connaissances restent limitées et dépendent d’enquêtes basées sur des questionnaires. Une équipe norvégienne vient de publier une étude de cohorte observationnelle et prospective sur le degré de fertilité de femmes avec ou sans asthme. L’objectif est de déterminer si le délai avant la survenue d’une grossesse, le nombre de traitements de fertilité et le nombre de grossesses réussies diffèrent de manière significative parmi des femmes avec une infertilité inexpliquée, asthmatiques ou non.

Deux cent quarante-cinq femmes souffrant d’infertilité inexpliquée (d’âge moyen 35,8 ans) ont été sélectionnées. Parmi elles, 96 sont également asthmatiques. L’ensemble des participantes a été suivi pour un minimum de 12 mois après l’inclusion (ou jusqu’à une grossesse réussie).

De plus grandes difficultés à débuter et mener une grossesse à terme

La probabilité de devenir enceinte est plus faible chez les femmes souffrant d’asthme par rapport à celles sans asthme : le temps total médian jusqu’à la grossesse chez les femmes non asthmatiques est de 32,3 mois contre 55,6 mois chez les femmes asthmatiques. Ceci représente un hazard ratio de 0,50 (intervalle de confiance à 95 % de 0,34 à 0,74) p < 0,001. Ce résultat reste significatif après ajustement pour l'âge, l'indice de masse corporelle, les antécédents de tabagisme, l'âge de la ménarche, la qualité du sperme et le nombre de cycles de traitement pour la fertilité reçus (hazard ratio de 0,52 ; p = 0,003). Les femmes asthmatiques ont ainsi moins de grossesses réussies pendant le traitement de la stérilité : 39,6 % par rapport à 60,4 % chez les non asthmatiques (p = 0,002).

L’augmentation de l’âge influe négativement sur le délai de survenue de la grossesse sur l’ensemble du groupe, mais en particulier chez les femmes asthmatiques (interaction entre l’âge et l’asthme sur le temps de la grossesse, p = 0,001). Les auteurs n’ont pas retrouvé de différences entre les femmes asthmatiques avec et sans traitement inhalé pour l’asthme ou selon les classes thérapeutiques utilisées (corticoïdes inhalés ou bronchodilatateurs ou combinaison des 2).

En conclusion, l’asthme a un effet négatif sur la fertilité féminine et sur les chances de concevoir. Cet effet augmente avec l’âge et ne semble pas affecté par le traitement de l’asthme. Dans une perspective d’avenir, il semble important d’explorer la relation de cause à effet entre l’asthme et l’hypofertilité féminine.

Publié sur Jim.fr du 21/04/2016, commentaire du Dr Béatrice Jourdain
Références
Gade E et coll. : Fertility outcomes in asthma: a clinical study of 245 women with unexplained infertility. Eur Respir J., 2016; 47: 1144–1151

Enfants – Sifflements – eNO

NO expiré comme outil diagnostique des sifflements chez l’enfant d’âge préscolaire: une étude sur la fiabilité diagnostique.

BOUWMAN SAYÄO L. et al. Respir Med2016,113/415-21

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0954611116300269

Pour essayer de déterminer la fiabilité de la fraction expirée du NO (FENO) dans l’identification des sifflements chez l’enfant d’âge préscolaire, une étude transversale a été effectuée chez des enfants âgés de 3 à 5 ans à partir de la méthode d’une respiration unique et par le questionnaire ATS-DLD-78-C.

Il a été inclus 243 enfants sans sifflements, 118 avec des sifflements non récidivants et 62 avec des sifflements récidivants. Les FENO moyens et l’intervalle de confiance à 95% ont été respectivement de 5.4, 7.5 et 11.2. La sensibilité, la spécificité et les valeurs négatives et prédictives au seuil de 6 parties par billions (ppb) ont été respectivement de 65.5%, 84.3%, 75.6% et 76.7% avec une aire sous la courbe (AUC) = 0.77. 10ppb, les meilleurs points seuils pour différencier les sifflements récidivants des non récidivants ont été respectivement de 56.4%, 81.3%,61.4% et 78%, avec un AUC = 0.69. La probabilité post test de chaque points seuils du FENOa augmenté de 33% pour le diagnostic de sifflements et 20% pour le diagnostic de sifflements récidivants quand l’examen clinique a été associé.

En conclusion, le FENO peut représenter une méthode faible et sûre pour discriminer la présence et le type de sifflements chez les enfants d’âge préscolaire avec 92% d’acceptation dans cette population étudiée.


(Commentaire : Ah les mathématiques !!!)

 

C. Krespine