CBP N2 – Chirurgie – Radiothérapie

Résultats de la chirurgie vs radiothérapie après traitement d’induction chez les patients avec atteinte N2: revue systématique et méta analyse d’essais randomisés.

Mc ELNAY P. J. et al. Thorax2015-708764-768.

http://thorax.bmj.com/content/70/8/764.abstract

Pour évaluer les résultats sur la survie chez les patients avec atteinte N2 entre un traitement standard par radiochimiothérapie et un traitement tri modal incluant chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie, la recherche bibliographique a identifié 805 publications dont 519 et 281 ont été exclus du fait de l’absence de randomisation ou absence de comparaison entre chirurgie et radiothérapie ou pas d’inclusion de l’atteinte N2. Au final, 6 essais ayant inclus 868 patients ont été pris en compte.

Dans 4 essais, les patients ont reçu une chimiothérapie d’induction et dans 2 essais une radiochimiothérapie d’induction. Le HR comparant les patients randomisés pour une chirurgie, après chimiothérapie a été de 1.01, tandis que pour les patients randomisés pour une chirurgie, après radiochimiothérapie a été de 0.87. Le HR global de tous les essais a été de 0.92. Au total, la chirurgie, doit être envisagée comme partie d’un traitement multimodal pour les patients souffrant de cancer bronchopulmonaire résécable avec atteinte ganglionnaire médiastinale ipsilatérale. Dans les essais où les patients ont eu une chirurgie, comme élément d’un traitement tri modal, la survie globale a été meilleure qu’après la radiochimiothérapie seul 

(Commentaire)

C. Krespine 

Pleurésie – Thoracocentèse – Mortalité

Mortalité chez les patients souffrant de pleurésie ayant eu une thoracentèse.

DeBIASI E. M. et al. Eur Respir J  2015  46  2  495-502.

http://erj.ersjournals.com/content/46/2/495.abstract

 Cette étude prospective a évalué la mortalité de 308 patients ayant eu une thoracocentèse dont 247 thoracocentèses unilatérales et 61 bilatérales.

Les pleurésies malignes ont eu les taux de mortalité les plus élevés à 30 jours (37%) et à un an (77%). Il y a eu une mortalité substantielle à 30 jours et un an par pleurésie due à de multiples étiologies bénignes (respectivement 29% et 55%), à une insuffisance cardiaque congestive (respectivement 22% et 53%) et une insuffisance rénale (respectivement 14% et 57%). Les patients avec pleurésie bilatérale vs unilatérale avaient un risque plus élevé de mort à 30 jours et 1 an respectivement 17% vs 47% (HR: 2.58) et 36% vs 69% (HR: 2.32).

Au total, les patients ayant eu une thoracocentèse pour pleurésie ont une mortalité élevée à court et long terme. Les patients avec pleurésie maligne ont eu la mortalité la plus élevée suivie par les multiples étiologies bénignes, l’insuffisance cardiaque congestive et l’insuffisance rénale. La pleurésie bilatérale est associée de façon distincte à une mortalité élevée.

(Commentaire:

C. Krespine.

Taux sérique 25(OH)D – Fonction pulmonaire

Taux sérique de 25- Hydroxy vitamine D et fonction pulmonaire chez les adultes: L’étude HUNT.

LAROSE T. I. et al. Eur Respir J2015- 46355-363.

http://erj.ersjournals.com/content/46/2/355.abstract

La relation entre le taux sérique de la 25-hydroxyvitamine D (25-OH D), le tabagisme et les modifications de la fonction pulmonaire a été recherché dans des études transversales (n= 1 220 patients) et de suivi (n= 869 patients) à partir d’échantillons aléatoires d’adultes.

40% des adultes avaient des taux sériques de 25-OH D

Au total, il n’y a pas eu d’association entre les taux sériques de 25-OH D et la fonction pulmonaire ou les modifications de la fonction pulmonaire chez les non-fumeurs tandis que des associations significatives ont été observées chez les fumeurs persistants. 

(Commentaire: 

C. Krespine

Les tests rapides pour identifier les résistances aux antituberculeux donnent des résultats exacts

Des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université de Californie, à San Diego, ont examiné l’exactitude de trois nouveaux tests de diagnostic plus rapides des formes de tuberculose résistantes aux médicaments. L’étude a été publiée dans la revue «PLOS One». Les auteurs estiment que les résultats sont prometteurs.

Dans cette étude, des expectorations provenant de 1128patients de centres de soins pour tuberculeux, en Inde, République de Moldavie et Afrique du Sud, ont été analysées par trois tests de dépistage rapide des formes de tuberculose résistantes aux médicaments. Deux tests faisaient appel à des techniques moléculaires pour identifier des mutations génétiques dans l’ADN de l’agent pathogène, qui conduisent à une résistance aux antibiotiques. Le troisième test était une version à faible coût et facile d’emploi de la technique de culture bactérienne standard, dont l’utilisation est particulièrement adaptée aux centres de soins des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

Les résultats ont été comparés avec ceux de la technique standard pour dépister les résistances contre sept antituberculeux parmi les plus importants. Les résultats ont montré que les trois tests rapides ont permis d’identifier avec exactitude les résistances contre les antibiotiques oraux de première et deuxième intentions (isoniazide, rifampicine, moxifloxacine et ofloxacine). Les tests n’étaient pas tout à fait aussi exacts, mais néanmoins très performants, pour dépister la résistance aux antibiotiques injectables (amikacine et capréomycine), habituellement utilisés pour traiter les formes multirésistantes de tuberculose. Seul le test de détection de l’antibiorésistance à la kanamycine a présenté des performances inférieures aux attentes.

Les chercheurs ont également évalué le délai nécessaire avant l’obtention des résultats. Avec les techniques moléculaires, les résultats étaient disponibles en 1,1jour, avec la méthode de culture bactérienne standard simplifiée, le délai était de 14,3jours, et avec le test de référence standard, il a fallu 24,7jours pour obtenir les résultats, ont déclaré les chercheurs.

«L’étude montre que le dépistage de la tuberculose, qui prenait autrefois deux à trois mois, peut maintenant s’effectuer en une journée seulement», explique le co-auteur, Richard Garfein. Cela signifie que les patients peuvent être traités plus tôt par les médicaments adaptés, en leur épargnant l’effet toxique des médicaments inefficaces, ce qui, par voie de conséquence, permet aussi de réaliser des économies, une considération importante compte tenu du nombre élevé de cas dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

Chaque cigarette vous coûte 12,6 minutes de vie !

16th World Conference on Lung Cancer

12,6 minutes par cigarette ou 4 heures par paquet. C’est la réduction moyenne de l’espérance de vie que provoque le tabagisme, calculée dans une intéressante étude présenté à la 16ème World Conference of Lung Cancer. Ce chiffre pourrait être porté à la connaissance des fumeurs qui hésitent à interrompre leur intoxication. Il est vrai que, bien que l’information ne manque pas sur les méfaits du tabac, les fumeurs ont souvent tendance à sous-estimer leurs propres risques. Les auteurs de l’étude vont jusqu’à suggérer qu’un fumeur averti précisément de cette réduction de son espérance de vie et, qui continue de fumer malgré tout, pourrait être considéré comme suicidaire… Il n’est pas certain toutefois que ce point de vue soit partagé par tous les intervenants de la lutte anti-tabac.

Chaque cigarette vous coûte 12,6 minutes de vie !

16th World Conference on Lung Cancer

12,6 minutes par cigarette ou 4 heures par paquet. C’est la réduction moyenne de l’espérance de vie que provoque le tabagisme, calculée dans une intéressante étude présenté à la 16ème World Conference of Lung Cancer. Ce chiffre pourrait être porté à la connaissance des fumeurs qui hésitent à interrompre leur intoxication. Il est vrai que, bien que l’information ne manque pas sur les méfaits du tabac, les fumeurs ont souvent tendance à sous-estimer leurs propres risques. Les auteurs de l’étude vont jusqu’à suggérer qu’un fumeur averti précisément de cette réduction de son espérance de vie et, qui continue de fumer malgré tout, pourrait être considéré comme suicidaire… Il n’est pas certain toutefois que ce point de vue soit partagé par tous les intervenants de la lutte anti-tabac.

 

L’asthme et la cure thermale

Les indications thermales, affections respiratoires chroniques dont l’asthme, représentent 8,2 % de la cause de fréquentation totale annuelle des curistes. Les recherches réalisées depuis fort longtemps par les différents instituts ont pu mettre principalement en évidence des effets immunostimulants et anti-inflammatoires in vitro et in vivo, ce qui expliquerait les bons résultats obtenus.

Cependant, si l’efficacité globale, après une ou plusieurs cures, n’est plus à prouver, en particulier grâce à des études médico-économiques, la preuve scientifique de l’efficacité réelle de la cure thermale dans l’asthme reste encore à démontrer. L’éducation thérapeutique, bien développée dans la plupart des stations thermales, reste un atout supplémentaire de réussite.

Que vient faire la crénothérapie, médecine reconnue curative et préventive, dans un schéma thérapeutique bien rodé, bien codifié et accepté internationalement. Quel peut être son intérêt ? Quel peut être le service médical rendu ?

Les différentes eaux thermo-minérales utilisées dans l’asthme

L’utilisation des sources en France est soumise à une législation qui comporte une procédure d’autorisation d’exploitation et une protection du gisement thermal et de la qualité des produits thermaux. Tous ces contrôles techniques, physicochimiques et bactériologiques au niveau du captage, du stockage, de la distribution et des postes de soins ont été renforcés par le décret du 19 juin 2000. Trente-neuf stations thermales réparties sur tout l’hexagone sont agréées dans l’orientation «voies respiratoires » en raison des propriétés de leurs eaux. Les stations des Alpes et des Pyrénées, mais surtout celles du Massif central ont l’indication «asthme».

• Dans les stations des Alpes et des Pyrénées, l’action fluidifiante et eutrophique des eaux sulfurées, sodiques ou calciques et leurs propriétés antiseptiques sont bien connues.

• Dans le Massif central, les eaux sont chloro-bicarbonatées sodiques, d’origine profonde, avec dégagement de gaz carbonique. Leur minéralisation particulière, comportant de l’arsenic et de la silice, semble leur conférer une action spécifique dans le traitement des affections allergiques.

Les procédés utilisés et les progrès de la technologie thermale

La crénothérapie ou cure thermale respiratoire est dite de contact, fondée en grande partie sur l’aérosolthérapie. Les connaissances acquises sur la distribution granulométrique des différents aérosols, la déposition et l’impaction des particules inhalées au niveau des cavités du rhinopharynx et de l’arbre bronchique ont permis d’améliorer les générateurs d’aérosols et ainsi d’optimiser les traitements. Pénétration, diffusion et fixation au niveau des muqueuses des substances présumées actives ont été étudiées, de même que la concentration sanguine et la fixation tissulaire qui sont fonction du mode d’administration

 Les pratiques thermales ont pour but la mise en contact et la pénétration des principes actifs de l’eau thermale au niveau de la muqueuse après s’être assuré de la bonne perméabilité des voies aériennes supérieures. Les procédés utilisés en médecine thermale sont des techniques de détersion-lavage et des techniques inhalatoires, individuelles ou collectives. Avec les services de la Cnamts (Caisse nationale de l ’Assurance maladie des travailleurs salariés), la nomenclature en 25 codes, appliquée depuis 1997, définit chaque soin thermal « en précisant sa durée minimale, la qualification du personnel qui l’applique, le matériel utilisé et les orientations thérapeutiques dans lesquelles il est employé ».

Quels résultats pour les cures thermales ?

La mise en évidence des propriétés spécifiques des eaux, de leur mode d’action a permis d’en préciser les indications, les contre-indications ou les non-indications. Les eaux minérales, qu’elles soient sulfurées ou chloro-bicarbonatées, ont donné lieu à de nombreux travaux de recherche expérimentale tant chez l’animal que chez l’homme, en particulier sur les mécanismes d’action du produit thermal, sous l’impulsion des instituts de recherche régionaux, associés à des équipes hospitalo-universitaires et pluridisciplinaires.

L’hypothèse d’un mode d’action en faveur d’une meilleure oxygénation des tissus et d’une amélioration des défenses immunitaires est privilégiée. Des propriétés antiradicalaires ont été mises en évidence sur culture de cellules humaines pour les eaux thermales de La Bourboule. Le dosage du NO buccal et nasal, avant et après la cure, avec comparaison témoin, a conforté l’action anti-inflammatoire de ces eaux thermales.

Plusieurs essais thérapeutiques contrôlés n’ont pas abouti en raison de problèmes éthiques, financiers, de difficultés méthodologiques, le nombre de patients se révélant insuffisant pour une interprétation statistique significative. Les enquêtes épidémiologiques et les études médicoéconomiques se heurtent toujours à de grandes difficultés de mise en place et de crédits. Rappelons, cependant, que l’étude menée par la Cnam (Caisse nationale de l’Assurance maladie) a confirmé le bénéfice obtenu chez l’enfant par la crénothérapie des voies respiratoires, avec des résultats jugés bons et très bons à 70%.

La cure thermale et ses soins

La prescription des soins des voies respiratoires, au nombre de 6 séances par jour, est personnalisée, adaptée en fonction de l’âge, modulée dans la durée et surtout expliquée aux patients. De la réalisation correcte des soins dans l’établissement thermal dépendra en grande partie la réussite du traitement.

 • Certains soins visant à désobstruer les fosses nasales, nettoyer le pharynx et améliorer l’aération tubo-tympanique font appel à des techniques qui nécessitent la participation active du patient et contribuent à une meilleure hygiène de vie (figures 1 et 2).

Le bain nasal, qui se fait à l’aide d’une pipette en verre ou en plastique d’un volume d’environ 10ml, l’irrigation nasale sous pression contrôlée, le gargarisme, la douche nasale gazeuse, les aérosols soniques, manosoniques permettent chez l’enfant, comme chez l’adulte d’ailleurs, un apprentissage des règles d’hygiène simples mais efficaces: l’abandon des tics et des habitudes de reniflement, l’apprentissage d’un mouchage correct, des techniques d’autoinsufflation (combinaison de la manoeuvre de Valsalva).

• À cette action mécanique s’ajoute une action pharmacologique. Les techniques de pulvérisations nasales et pharyngées, les humages, les aérosols, les inhalations chaudes collectives, les «brouillards» sont aussi des outils pour une prise de conscience par le patient de la relation corps-santé, d’où l’importance d’un personnel thermal soignant bien formé.

Quels sont les bénéfices que l’on peut attendre d’une cure thermale ?

Quelle est son utilité ?

Les résultats constatés habituellement sont une amélioration de l’état de santé du patient à court et à moyen terme, avec un espacement et une diminution des crises en durée et en intensité, une réduction du nombre des hospitalisations et des consultations d’urgence, une meilleure observance du traitement prescrit et une réduction des dépenses de santé.

Une amélioration de la qualité de vie aussi, due à une meilleure connaissance de la maladie asthmatique: qualité de vie qui se traduira par une meilleure insertion familiale, scolaire ou professionnelle. Le suivi médical au retour de la cure, sa reconduction l’année suivante renforceront les résultats acquis.

L’éducation thérapeutique du patient

Dans ce parcours de soins, dans cette démarche thérapeutique, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) inscrite dans les nouvelles orientations de la politique de santé, a sa légitimité et toute sa place. L’examen clinique, la mesure du souffle sont l’occasion de rappeler et d’expliquer des principes d’hygiène simple comme savoir «moucher, tousser, cracher, respirer» et utiliser correctement un aérosol. La consultation va permettre également d’évaluer la connaissance du patient sur sa maladie et son traitement, de vérifier la bonne observance du traitement de fond prescrit, de mieux connaître l’environnement familial, les facteurs de risque, le retentissement de la maladie sur les activités scolaires et sportives, et d’établir un diagnostic éducatif.

Les ateliers, les modalités et les activités éducatives sont plurielles mais les objectifs sont identiques : dispenser une pédagogie interactive et adaptée à chaque patient quel que soit son âge, à distance du suivi médical strict, en mettant à sa disposition des outils et moyens pour mieux appréhender la maladie asthmatique, les répercussions sur la vie de tous les jours et les mesures de prévention à mettre en œuvre pour devenir acteur de sa santé.

Conclusion

L’intérêt de la crénothérapie en pathologie respiratoire tient essentiellement à la qualité des eaux thermo-minérales, à leur spécificité et aux techniques thermales. Situées généralement en moyenne montagne, les stations bénéficient d’un bon ensoleillement, d’une humidité faible et d’une moindre pollution atmosphérique. La cure thermale, prescrite au bon endroit, au bon moment, à bon escient et suivie correctement permet de modifier le terrain, de stimuler et renforcer les défenses immunitaires. Les facteurs climatiques et environnementaux et l’éducation thérapeutique interviennent également dans la réussite d’une cure thermale. En effet, si le séjour en cure thermale implique l’éloignement du milieu habituel et du contexte familial, il favorise les échanges, l ’ information et la prise en charge personnelle. Le choix de la station thermale nécessite pour le praticien une bonne connaissance des stations, particulièrement quand i l s’agit de l’enfant ou de la personne âgée. Il devra tenir compte de l’intrication possible de facteurs allergiques et infectieux de l a pathologie dominante, de l a situation géographique, de l’équipement thermal, des structures et des infrastructures d’accueil.

D’après Jim.fr du 04/09/2015

Pour en savoir plus :

• Fauquert JL, Labbé A. Crénothérapie des affections respiratoires et ORL de l’enfant. Pédiatrie Elsevier Paris 1990 ; 45: 769-774.
• Drutel P. La recherche thermale à La Bourboule. Press Therm Climat 1994; 131: 125-36.
• Constant F, Collin JF, Boulange M. Analyse bibliographique critique de la littérature médicale internationale dans le domaine des recherches thermales. Press Therm Climat 1995; 132(2): 79-85.
• Kolpp-Sarda MN, Perrin P, Bene MC, Jean R, Faure G. Réponse immune muqueuse après cure à Allevard les Bains. Press Therm Climat 1996; 133(4): 262-4.
• Queneau P. Médecine thermale, faits et preuves. Masson, février 2001.
• Fourot-Bauzon M. Étude épidémiologique descriptive chez des enfants présentant une pathologie respiratoire: approche évaluative. Press Therm Climat 2005 ; 142/157-61.
 • IRDES (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé). L’asthme en France en 2006 : prévalence, contrôle et déterminants. Rapport n°549, 2011.
• Les recherches thermales engagées par l’Afreth, l’Association française pour la recherche thermale: www.afreth.org.

BPCO – Comorbidités – Diabète de type 2

Comorbidité entre BPCO et diabète de type 2: une étude de cohorte de jumeaux à l’échelle nationale.

METERAN H. et al. Respir Med      2015    109      8          1026-1030.

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0954611115001857

            Pour examiner la relation entre diabète de type 2 et BPCO chez des jumeaux adultes et dans quelle mesure la comorbidité entre ces 2 maladies est expliquée par des facteurs génétiques ou environnementaux partagés, les données de 13 649 jumeaux âgés de 50 à 71 ans ont été étudiés.

            Le risque de diabète de type 2 a été plus élevé chez les personnes avec un syndrome de bronchite chronique que ceux sans ce syndrome (3.5% vs 2.3%) et chez ceux souffrant de BPCO diagnostiquée vs ceux sans ce diagnostic (6.6% vs 2.3%). Les résultats étaient significatifs après ajustement sur l’âge, le sexe, le tabagisme et l’IMC. Les corrélations entre les effets génétiques sur la bronchite chronique et le diabète de type 2 et entre les effets génétiques sur la BPCO et le diabète de type 2 étaient respectivement  de 0.33 et 0.43. Les corrélations environnementales non partagées entre bronchite chronique et diabète de type 2 étaient de -0.13 et entre BPCO et diabète de type 2 de -0.12.

            Au total, les patients souffrant de bronchite chronique ou BPCO ont une augmentation du risque de diabète de type 2, indépendant du sexe, de l’âge, du tabagisme et de l’IMC. La corrélation génétique entre diabète de type 2 et la bronchite chronique a été de 33% et entre la BPCO et le diabète de type 2 de 43%. Cependant, aucun n’était statistiquement significatif. L’augmentation du risque de diabète de type 2 doit être envisagée dans la prise en charge des patients souffrant de bronchite chronique ou BPCO.

(Commentaire:

C. Krespine.

BPCO – Activités physiques – Fatigue chronique

Activité physique et fatigue chronique dans la BPCO: une étude de population.

ANDERSSON M et al. Respir Med-2015-109-810481057

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0954611115001778

-Les niveaux d’activité physique ont été comparés entre 470 sujets souffrant de BPCO et 659 sujets sans BPCO, la BPCO ayant été définie par un rapport VEMS/CVF < 70%vr, l’activité physique par le questionnaire international sur l’activité physique (IPAQ) et la fatigue par l’évaluation fonctionnelle du traitement de maladie chronique – échelle de fatigue (FACIT-F).

-La prévalence d’une faible activité physique a été plus élevée parmi les sujets avec un VEMS<80%  par rapport aux sujets non bpco 22vs14 . les facteurs plus étroitement associés une faible activité physique chez les pataients, des antécédents de cardiopathie et une fatigue cliniquement significative tandis que l'obésite est le seul  facteur significatif parmi les non-bpco.

-Il est conclu que les niveaux d’activité physique sont diminués quand la fonction pulmonaire est diminuée au-dessous de 80%vr et les facteurs associés à une moindre activité physique sont différents parmi les sujets avec ou sans BPCO. Il est proposé que la présence de fatigue et de cardiopathie sont utiles pour évaluer les sujets en vue d’une réhabilitation respiratoire.

(Commentaire

C. Krespine

 

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur le microbiome pulmonaire

Les poumons ont longtemps été considérés comme stériles. On sait aujourd’hui que ce n’est pas le cas et qu’il existe une flore pulmonaire à l’instar du microbiote intestinal. Si les appareils pulmonaire et digestif ont une origine embryologique commune et sont tapissés par une muqueuse, la plupart de leurs caractéristiques sont très différentes. Ainsi, dans le tube digestif, la migration microbienne est unidirectionnelle et se heurte à plusieurs barrières chimiques et physiques comme le pH très acide de l’estomac ou au contraire très basique du duodénum, la difficulté de trouver des nutriments en raison de la densité importante en micro-organismes . S’y ajoute une température constante (37°C) sur toute sa longueur (9 mètres), des taux élevés d’IgA et peu d’oxygène. Au contraire, dans le poumon, la circulation d’air, de mucus et de microbes est bidirectionnelle, sans barrière physique entre le larynx et les alvéoles distales ; il existe un gradient de température entre l’air ambiant et les alvéoles et un environnement riche en oxygène ; la longueur de la muqueuse est de seulement 50 cm et il existe beaucoup d’interactions entre les bactéries et les leucocytes alvéolaires.

Sous la dépendance de l’oropharynx

Il en résulte que le microbiome pulmonaire est plus dynamique et transitoire, différent et moins riche que la flore digestive. Trois facteurs interagissent pour conditionner le microbiome pulmonaire : la migration microbienne dans les voies aériennes, son élimination et le taux de reproduction déterminé par les conditions de croissance locales. Les micro-organismes proviennent de l’air (104-106 bactéries /mm3), de l’aspiration de certains éléments des voies respiratoires supérieures et d’une dispersion le long de la muqueuse respiratoire. C’est surtout l’oropharynx qui contribue au microbiome pulmonaire, alors que, curieusement, la flore nasale semble avoir un rôle très mineur. L’élimination des germes est assurée par les mouvements ciliaires, la toux et les défenses immunitaires de l’hôte.

Comme dans toutes les niches environnementales, la croissance bactérienne est sous la dépendance de la température, de la disponibilité en nutriments, du pH et de la tension en oxygène, ainsi que par l’abondance et l’activation de cellules inflammatoires. Chez le sujet sain, les conditions ne sont pas favorables à une reproduction bactérienne locale, mais ce n’est plus vrai en cas de pathologie pulmonaire. Des niches permettant la croissance de certaines espèces se forment alors et dépassent les capacités d’élimination de ces micro-organismes. L’écologie du microbiome change aussi de façon importante au cours des affections pulmonaires aiguës et chroniques avec une augmentation du nombre d’espères et une modification de la composition qui passe du genre bacteroidetes à celui des protéobactéries contenant beaucoup de bacilles à Gram négatif.

D’un point de vue clinique, une association entre le changement du microbiote pulmonaire et les exacerbations de bronchectasies, ou la mortalité dans la fibrose pulmonaire idiopathique, a été montrée. Il reste encore beaucoup à étudier dans ce domaine, comme de savoir si la modification du microbiote est une cause ou bien un marqueur, s’il est possible d’avoir une action thérapeutique sur ce système et enfin, comment la prédominance d’un seul germe pathogène survient au cours des pneumonies.

D’après Jim.fr du 27/08/2015 ; Commentaire du Dr Patricia Thelliez

Référence
Dickson PR et Huffnagle GB. The Lung Microbiome: New Principles for Respiratory Bacteriology in Health and Disease. PLoS Pathog. 2015, publication avancée le 9 juillet (doi: 10.1371/journal.ppat.1004923. eCollection 2015).