Reconnaitre un syndrome de Raynaud primitif d’un secondaire

Le phénomène de Raynaud (PR) peut être la première manifestation d’une sclérodermie systémique (Ssc). Il peut également être présent bien avant l’apparition de la maladie.
Il a été suggéré à plusieurs reprises que le score « Enhanced Liver Fibrosis (ELF), qui combine 3 marqueurs enzymatiques de fibrose, l’acide hyaluronique, la partie N terminale du pro collagène de type III et l’inhibiteur tissulaire de la métalloprotéase de type I (AH, PIINP, TIMP-1) pouvait être utilisé comme marqueur de la fibrose chez les malades atteints de sclérodermie.

Dans ce travail italien, les auteurs ont tenté de déterminer si ce test pourrait permettre la distinction entre PR secondaire (PRs) et PR primitif (PRp).
Cent neuf malades du département de rhumatologie de l’institut Gaetano Pini à Milan et souffrant d’un phénomène de Raynaud ont été inclus dans l’analyse entre février 2011 et mai 2012. Tous ont eu une évaluation clinique, une capillaroscopie, des tests sanguins immunologiques (AAN, anti DNA, anti ECT [Autoanticorps anti-antigènes nucléaires solubles]) et l’établissement d’un score ELF.

Les malades ont été classés en Prp, PR secondaire à une sclérodermie probable (capillaroscopie, ou AAN positifs avec ou sans anti ECT mais sans symptômes évocateurs de sclérodermie, sclérodermie débutante (SSC d)
Il y avait en analyse de variance (ANOVA), une différence dans le résultat moyen du test ELF entre les malades atteints d’un Raynaud primitif et ceux ayant une sclérodermie cutanée avérée diffuse (7,85 ; 7,4 à 8,4 vs 8,54 ; 8 à 9,7, p < 0,001 ).
En analyses post hoc et après ajustement pour l’âge, il n’y avait pas de différence significative pour le test ELF entre les malades atteints d’un PRp et ceux atteints d’une SSCd.
L’analyse de l’aire sous la courbe montrait une faible capacité de distinction du test ELF entre le RPp et le RP associé à une sclérodermie récente (AUC=0,641, intervalle de confiance à 95 % 0,466 à 0,815).

Les auteurs concluent que le test ELF ne permet pas de distinguer un syndrome de Raynaud primitif d’un secondaire. Ils rappellent que dans les premiers stades de sclérodermie, c’est la vasculopathie qui prédomine et non la fibrose. Ceci pouvant expliquer cela.

D’après Jim.fr (31/07/2014) , commentaire du Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références
Ingegnoli F et coll. : Fibrosis biomarkers in isolated Raynaud’s phenomenon: too little, too soon?                                                                                                                                           Ann Rheum Dis., 2014; 73: 940-1. doi: 10.1136/annrheumdis.

SAOS – PPC – Complications – AVC

Rôle des apnées du sommeil et de la PPC sur l’incidence des AVC ou des coronaropathies chez la femme.

Campos-Rodriguez F. et al. Am J Respir Crit Care Med    2014    189 12 1544    1550

http://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1164/rccm.201311-2012OC#.U7FXCL5OLGI

            Une étude prospective observationnelle conduite en Espagne entre 1998 et 2007 a recherché si le SAOS augmentait l’incidence de survenue d’AVC ou coronaropathie chez la femme, et le rôle de la PPC sur cette association sur un total de 967 femmes (médiane de suivi : 6.8 ans – entre 5.2 et 8.2 ans). Les femmes avec un IAH10/h étaient diagnostiquées comme ayant un SAOS et classées comme traitées (observance de la PPC>4h/nuit) ou non traitées (observance de la PPC<4h/nuit ou PPC non prescrite).

            Le groupe SAOS non traité a montré une plus grande incidence de survenue du binôme que le groupe contrôle (2.19 vs 0.54/100 personnes/an). Par rapport au groupe contrôle, les HRs totalement ajustés sur l’incidence de survenue du binôme ont été de 2.76 pour le groupe non traité et 0.91 pour le groupe traité par PPC. Quand le type d’accident cardiovasculaire a été évalué séparément, le SAOS non traité a montré une plus forte association avec la survenue d’AVC (HR ajusté : 6.44) qu’avec la survenue de coronaropathie (HR ajusté : 1.77).

            En conclusion, chez la femme, le SAOS non traité est associé à une incidence augmentée de complications cardiovasculaires sérieuses particulièrement AVC. Un traitement adapté par PPC semble en réduire ce risque.

(Commentaire :

C. Krespine

Thyroïdectomies totales pour goitre plongeant : quel risque de paralysie récurrentielle ?

altLes auteurs ont repris les TT réalisées entre 1999 et 2008 dans 5La paralysie récurrentielle (PR), rare au cours des thyroïdectomies totales (TT) pour goitres cervicaux, l’est moins quand il y a dissection médiastinale, à laquelle obligent les goitres plongeants (GP) ou thoraciques. L’incidence de ces derniers dépend de la définition retenue, impliquant toute extension thyroïdienne au-dessous du défilé thoracique, ou seulement les GP dont  > 50 % du volume est médiastinal. Les GP, par leur croissance progressive, empiètent sur les structures voisines, compriment les gros vaisseaux, et dégénèrent plus souvent que les goitres cervicaux, imposant donc leur exérèse chirurgicale, par voie cervicale ou extra-cervicale. centres italiens spécialisés, en excluant les chirurgies itératives ou extensives (laryngectomie associée), les cancers anaplasiques, et les curages lymphatiques. Les 14 993 patients concernés ont tous eu un scanner thoracique et un bilan préopératoire biologique et ORL (examen des cordes vocales). En retenant la définition la plus restrictive (50 % du volume glandulaire sous la clavicule), ils ont dénombré 793 GP.

Trois groupes ont été distingués : A (14 200 goitres cervicaux), B (743 GP traités par cervicotomie) et C (50 GP traités par sternotomie). Dans tous les cas, la coagulation, tant uni que bipolaire, a été proscrite pour éviter les effets d’arc sur le récurrent, et, en cas de section reconnue du nerf, sa réparation immédiate par anastomose transnévrilemmateuse, a été tentée immédiatement. Un examen ORL a été pratiqué systématiquement lors de l’extubation, et en cas de dysphonie, dyspnée ou dysphagie ultérieures. Une PR résistante au traitement médical ou phoniatrique au-delà de 6 mois a été considérée comme permanente (PRP).

L’âge augmentait significativement du groupe A aux groupes B et C (68, 63 et 55 ans), ainsi que le pourcentage d’hommes : A (32 %) B (36 %) et C (48 %). Les 12 réparations nerveuses ont été essentiellement le fait du groupe B (5 cas). La durée opératoire a été majorée dans le groupe C par rapport au groupe A (194 vs 87 minutes), comme les durées de drainage (121 vs 38 heures) et de séjour (3 vs 5 jours).

Quant à la paralysie récurrentielle permanente unilatérale, elle a touché respectivement 1, 3 et 4 % des patients des groupes A, B et C, et la PRP bilatérale, 2 malades (un dans le groupe A : 0,007 % et un autre dans le groupe B : 0,1 %), obligeant à réaliser 2 trachéotomies définitives.
 
Le risque de paralysie récurrentielle permanente unilatérale est multiplié par 3,3 et celui d’une paralysie permanente bilatérale par 18 en cas de goitre plongeant.

D’après Jim.fr , commenté par le Dr Jean-Fred Warlin

Références
Testini M et coll. : Recurrent laryngeal nerve palsy and substernal goiter. An Italian multicenter study. Journal of visceral surgery 2014 ; 151 : 183-189.

Chirurgie – Résection – HTAP – Impact

Impact de l’HTAP sur la morbidité et la mortalité après résection pulmonaire majeure.

Weia B. et al. Eur J Cardiothorac Surg        2014    45        6          1028    1033

http://ejcts.oxfordjournals.org/content/45/6/1028.abstract

            L’impact de l’HTAP sur la morbidité et la mortalité après lobectomie pulmonaire a été évalué chez 19 patients souffrant d’HTAP par rapport à 279 patients sans HTAP, tous ayant une lobectomie en traitement d’un cancer et une échocardiographie transthoracique dans l’année avant l’intervention.

            Les patients avec HTAP avaient un moindre VEMS, un test de diffusion du CO abaissé et une plus grande incidence de régurgitation tricuspidienne et mitrale par rapport à ceux sans HTAP. Cependant, les 2 groupes étaient par ailleurs identiques. La pression systolique moyenne du ventricule droit du groupe HTAP a été de 47mmHG. La mortalité périopératoire (0.0% vs 2.9%) et les complications postopératoires (57.9% vs 47.7%) n’étaient pas significativement différentes entre les patients avec et sans HTAP. La présence d’HTAP n’a pas été un prédicteur de résultats adverses en analyse uni comme multivariée.

            Il est conclu que la lobectomie peut être effectuée sans danger chez les patients sélectionnés souffrant d’HTAP avec des taux de complications comparables à ceux dont ont souffert les patients sans HTAP.

(Commentaires:

C. Krespine

Chirurgie – Résection – HTAP – Impact

Impact de l’HTAP sur la morbidité et la mortalité après résection pulmonaire majeure.

Weia B. et al. Eur J Cardiothorac Surg        2014    45        6          1028    1033

http://ejcts.oxfordjournals.org/content/45/6/1028.abstract

            L’impact de l’HTAP sur la morbidité et la mortalité après lobectomie pulmonaire a été évalué chez 19 patients souffrant d’HTAP par rapport à 279 patients sans HTAP, tous ayant une lobectomie en traitement d’un cancer et une échocardiographie transthoracique dans l’année avant l’intervention.

            Les patients avec HTAP avaient un moindre VEMS, un test de diffusion du CO abaissé et une plus grande incidence de régurgitation tricuspidienne et mitrale par rapport à ceux sans HTAP. Cependant, les 2 groupes étaient par ailleurs identiques. La pression systolique moyenne du ventricule droit du groupe HTAP a été de 47mmHG. La mortalité périopératoire (0.0% vs 2.9%) et les complications postopératoires (57.9% vs 47.7%) n’étaient pas significativement différentes entre les patients avec et sans HTAP. La présence d’HTAP n’a pas été un prédicteur de résultats adverses en analyse uni comme multivariée.

            Il est conclu que la lobectomie peut être effectuée sans danger chez les patients sélectionnés souffrant d’HTAP avec des taux de complications comparables à ceux dont ont souffert les patients sans HTAP.

(Commentaires:

C. Krespine

Tuberculose : l’OMS veut l’éradiquer dans 33 pays industrialisés d’ici 2050

Éliminer complètement la tuberculose des 33 pays où elle n’est pas très fréquente aujourd’hui, c’est l’objectif que s’est fixé l’Organisation mondiale de la santé. Plusieurs pays     ( y compris la Cisjordanie et la bande de Gaza ) sont concernés par cet ambitieux programme qui promeut le dépistage et le traitement, en particulier auprès des groupes de personnes les plus vulnérables pour cette infection respiratoire contagieuse.
La tuberculose, un fléau mondial
Près d’un tiers de la population mondiale est contaminé par le bacille de la tuberculose, mais seule une petite proportion des personnes infectées tomberont effectivement malades de la tuberculose dite « active« . En 2012, 8,6 millions de personnes ont souffert de tuberculose active dans le monde et 1,3 millions en sont mortes. Cependant, le nombre de nouveaux cas est en diminution et le taux de mortalité a baissé de 45 % depuis 1990.

En 2012, près de 60 % des cas de tuberculose sont survenus en Asie du Sud-Est, mais le nombre le plus élevé de nouveaux cas a été observé en Afrique subsaharienne. Dans ces deux régions, 22 pays rassemblent 80 % des personnes tuberculeuses dans le monde.
 
Une liste de pays où la tuberculose est peu fréquente mais encore présente
L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a recensé 33 pays dits industrialisés où le nombre de cas de tuberculose est inférieur à 100 par million d’habitants. Alors qu’on peut prévenir et guérir la tuberculose, 155 000 personnes contractent encore la maladie et 10 000 en meurent chaque année dans ces 33 pays, précise l’Organisation. Des millions de personnes y sont porteuses du bacille tuberculeux et risquent de tomber malades. La plupart des pays européens sont sur cette liste, dont la France.
 
Éliminer la tuberculose dans ces pays à faible taux d’infection
L’OMS et la European Respiratory Society (ERS) viennent donc de présenter un plan d’action pour éliminer la tuberculose dans les 33 pays de cette liste. L’objectif est de faire passer le nombre de cas de tuberculose à moins de 1 par million d’habitants à l’horizon 2050, avec un premier palier à dix cas par million d’habitants d’ici 2035.

Pour y parvenir, l’OMS et la ERS invite les pays concernés à d’abord concentrer leurs efforts sur les populations les plus vulnérables : personnes démunies ou sans abri, migrants et membres de minorités ethniques, toxicomanes et détenus, personnes immunodéprimées (personnes vivant avec le VIH/sida, souffrant de malnutrition ou de diabète, fumeurs et gros buveurs). Dans les 33 pays concernés, ce sont ces groupes de personnes qui sont le plus fréquemment touchés par la forme active de la tuberculose.
 
Des interventions essentielles pour une éradication de la tuberculose
Pour parvenir à l’éradication de la tuberculose, le plan d’action de l’OMS met en avant l’efficacité de certaines interventions essentielles :

  • prendre en compte les groupes les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre, en particulier des populations migrantes ;
  • dépister la tuberculose dans les groupes à haut risque et fournir un traitement adéquat ;
  • optimiser la prévention et la prise en charge de la tuberculose multirésistante aux traitements antibiotiques ;
  • assurer une surveillance continue et procéder au suivi et à l’évaluation des programmes ;
  • investir dans la recherche et dans de nouveaux outils ;
  • soutenir la lutte contre la tuberculose à l’échelle mondiale ;
  • assurer un financement et une tutelle garantissant une planification et des services de grande qualité.

Renforcer la lutte dans les pays où la tuberculose est fréquente
La mondialisation et l’intensification des mouvements de population favorisent la propagation de la tuberculose d’un pays à un autre. Pour éliminer la maladie dans les 33 pays où la tuberculose est peu fréquente, l’OMS rappelle qu’il est nécessaire de considérablement étendre les services de prévention et de prise en charge de la tuberculose dans les pays où se trouvent la vaste majorité des personnes qui souffrent de tuberculose. Ainsi, les personnes migrantes qui partent travailler dans les 33 pays de la liste auront une probabilité plus faible de développer un cas de tuberculose active dans leur pays d’adoption.
 
La liste des 33 pays concernés par ce plan d’actions :
Allemagne, Australie, Autriche, Bahamas, Belgique, Canada, Chypre, Cisjordanie et Bande de Gaza, Costa Rica, Cuba, Danemark, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamaïque, Jordanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Puerto Rico, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse.

Commentaire : Pour l’Algérie et les pays maghrébins, …….il faudrait encore patienter

 

Sarcoïdose – Traitement – Génétique

Association du polymorphisme du TNF-alpha G-308A avec la réponse aux inhibiteurs du TNF dans la sarcoïdose.

Wijnen P.A. et al.      Eur Respir J    2014    42        6          1730    1739

http://erj.ersjournals.com/content/43/6/1730.abstract

            L’association entre la présence d’un polymorphisme du TNF-alpha –G308A et la réponse aux inhibiteurs du TNF chez les patients souffrant de sarcoïdose réfractaire a été évaluée chez 111 patients qui ont débuté un traitement par inhibiteur du TNF dont 76 par Infliximab et 35 par Adalimumab et qui ont été suivi pendant au moins un an.

            Les trois quart des patients ont bien répondu (n=83 – 74.8%). Parmi les patients sans variant de l’allèle A, 93.6% (73/78) se sont améliorés, tandis que 30.3% (10/33) porteurs du variant de l’allèle A ont répondu favorablement aux inhibiteurs du TNF. Pour les patients avec le phénotype GG, la probabilité d’une amélioration par rapport au maintien d’une stabilisation ou d’une détérioration a été 3 fois plus élevée (RR: 3.09).

            Au total, les patients souffrant de sarcoïdose sans un allèle variant du TNF-alpha –G308A (phénotype GG) ont une réponse 3 fois plus élevée au traitement par inhibiteurs du TNF. De futures recherches sont nécessaires pour évaluer la valeur du génotypage TNF-alpha –G308A en vue d’adapter le traitement par inhibiteur du TNF.

(Commentaire:

C. Krespine

C’est la rhinite allergique qui est à risque pour la conduite automobile plus que son traitement !

Le retentissement du rhume des foins sur la vie quotidienne n’est plus à démontrer. De nombreuses études ont prouvé qu’il était à l’origine d’une baisse de la productivité, de la qualité de vie et du fonctionnement cognitif.

Un nouveau travail s’est fixé comme objectif d’étudier les effets de la rhinite allergique pollinique sur la conduite automobile avant, puis après traitement chez 19 patients (âgés de 22 à 45 ans).

Le caractère allergique de la rhinite a été prouvé par la positivité de prick-tests cutanés et/ou la présence d’IgE spécifiques mais aussi la prise d’un traitement antiallergique lors de la saison pollinique précédente et un score symptomatique significatif.

Les patients étaient tous des conducteurs expérimentés (plus de 5 000 km/an) ayant leur permis de conduire depuis au moins 2 ans.

L’étude randomisée croisée en double aveugle à 4 bras a été menée en dehors de la saison pollinique à l’aide de tests de provocation nasale avec placebo et allergènes et avec traitement ou non (cétirizine orale ou furoate de fluticasone en spray nasal).

Les patients ont été surveillés pendant une heure après le test de provocation avant de passer un test de conduite sur route d’une durée d’une heure. Le stress de la conduite a été augmenté durant les 15 dernières minutes par une tâche supplémentaire de mémoire verbale.

L’instruction donnée aux chauffeurs était de maintenir le véhicule dans une position latérale avec une vitesse constante de 95 kh/h.

La performance des chauffeurs a été évaluée sur la déviation standard de position latérale (DSPL) enregistrée par une caméra sur le toit du véhicule.

L’altération de la conduite par la rhinite allergique s’est avérée significative avec une augmentation de 2,07 cm de la DSPL par rapport au test de provocation avec placebo, ce qui est similaire à l’effet d’une alcoolémie de 0,03 %.

L’effet était augmenté, de façon individuelle, chez certains patients et aurait été majoré encore plus en cas d’association avec une prise modérée d’alcool.

L’addition d’une tâche de mémoire augmentait la DSPL à 2,35 cm.

Le traitement, avec l’antihistaminique ou le corticoïde nasal, s’est avéré réduire les effets de la rhinite allergique sur la conduite à des taux non significatifs, sauf pour la cétirizine, mais uniquement lors de la tâche de mémoire additionnelle.

D’après Jim.fr , commenté par le Dr Geneviève Démonet

Références

Vuurman EFPM et coll. : Allergic rhinitis is a risk factor for traffic safety. Allergy 2014, 69 (7) : 906-912.

Interdire la cigarette électronique : sage précaution ou alerte disproportionnée ?

Sept sociétés savantes de différents pays réunies en Forum des sociétés respiratoires internationales (FIRS) ont lancé le 9 juillet une alerte appelant les gouvernements à interdire la cigarette électronique contenant de la nicotine ou à clarifier son statut.

En savoir plus pour statuer

Le FIRS rappelle que l’innocuité à long terme de l’e-cigarette n’a été prouvée ni pour le vapoteur ni pour son entourage. Il n’exclut pas la possibilité d’effets néfastes d’une exposition passive à ses émanations. Cependant, il admet que le vapotage apporte un certain bénéfice individuel pour les fumeurs comme aide au sevrage tabagique. Il estime par contre que ses effets sociaux – accroissement de l’acceptabilité de la consommation de nicotine, incitation des jeunes – sont à mettre dans la balance. Le Dr Den Schraufnagel, président de l’ATS (American thoracic society) insiste sur « le rôle addictif majeur de la nicotine que ces dispositifs administrent »
Dans l’état actuel des connaissances, l’American thoracic society (ATS), l’Asociación Latino-americana del Thorax (ALAT), l’American college of chest physicians (ACCP), l’Asian Pacific society of respirology (APSR), l’European respiratory society (ERS), l’International union against tuberculosis and lung disease (The Union) et la Pan African thoracic society (PATS), préconisent soit l’interdiction soit la restriction de son usage. Comme d’autres, ces sociétés envisagent le statut de médicament pour l’e-cigarette ou demandent qu’elles soient soumises à la même réglementation que les produits du tabac.

Crainte de perte de contrôle

Cet appel pourra sembler disproportionné à certains qui y verront une crainte de perdre le contrôle. 

Depuis que le marché de la cigarette électronique est en plein essor (chiffre d’affaires passé de 114 millions d’euros en 2012 à 275 millions en 2013) ceux de la cigarette classique et des substituts nicotiniques se consument lentement. 

Selon un article du Journal du Net du 8 avril 2014, le nombre des points de vente spécialisés à exploser depuis 2010 (une dizaine alors en France) jusqu’à atteindre plus de 2.500 en 2014 pour plus de 2,5 millions de consommateurs. Ces boutiques génèrent 58% des ventes, les bureaux de tabac 21%, Internet 9%, les pharmacies 5% (en dépit des mises en garde de l’ANSM, estimant que les cigarettes électroniques n’ont pas leur place dans les officines). D’autres circuits, GMS, stations d’essence, se partagent les 7% restants (chiffres 2013).

Le chiffre d’affaires des cigarettes traditionnelles régresse légèrement en valeur (15,3 milliards d’euros en 2013 contre 15,5 en 2012) mais surtout en volume (47,5 milliards d’unités en 2013 pour 51,5 en 2012) selon l’OFDT- Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Pendant le même temps, les ventes des substituts nicotiniques reculent de 11,6 %. L’OFDT constate également que pour la première fois depuis 2009 le nombre de « patients traités » diminue de 10,3 % bien que dépassant les 2,1 millions en 2013. L’Observatoire enregistre un recul de 8,5% des consultations en tabacologie…

Voilà des propositions et des chiffres qui devraient relancer un débat déjà vif, qui intéresse notamment les pharmaciens d’officine, qui dans le cadre d’une assimilation de la cigarette électronique comme un médicament pourrait jouer un rôle de premier plan dans sa distribution.

 

Source Jim.fr, article publié le 20/07/2014

La réhabilitation respiratoire ne doit pas être trop précoce

Les exacerbations de bronchite chronique sont l’une des causes principales d’hospitalisations non programmées et un événement important dans le cours de la pathologie. Le traitement de ces épisodes aigus cible principalement l’amélioration de la fonction respiratoire, laissant un peu de côté l’impact que peuvent avoir la décompensation et un séjour hospitalier prolongé sur la santé globale du patient et sur son risque de réadmission. Pourtant, les effets d’une décompensation aiguë sur les capacités physiques et sur les fonctions des muscles squelettiques peuvent apparaître rapidement.

La réhabilitation respiratoire a fait la preuve de son efficacité dans les pathologies respiratoires chroniques stables. La réhabilitation entreprise à la sortie d’une hospitalisation pour bronchopathie chronique obstructive a montré une réduction du risque de ré-hospitalisation. Il est alors permis de se demander s’il ne serait pas judicieux de l’entreprendre le plus précocément possible après l’accès aigu.

C’est ce qu’a voulu savoir une équipe du Royaume-Uni en réalisant un essai randomisé contrôlé, incluant 389 patients âgés de 45 à 93 ans, hospitalisés depuis moins de 48 heures pour une exacerbation de bronchite chronique. Les patients étaient divisés en deux groupes. Les uns (n = 196) bénéficiaient d’un programme de réhabilitation précoce durant 6 semaines, commencé dans les 48 heures suivant l’hospitalisation. Les autres (n = 193) se voyaient proposer un schéma classique de réhabilitation à commencer dans les 3 mois suivant la sortie de l’hôpital. Le suivi durait 12 mois.

Au cours de ces 12 mois, 6 patients sur 10 ont été ré-hospitalisés au moins 1 fois, sans qu’il n’y ait de différence significative entre les deux groupes (HR [Hazard Ratio] = 1,1 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,86 à 1,43). L’étude confirme bien l’efficacité de la réhabilitation, avec une amélioration des performances physiques, force musculaire, et performances à la marche, et de l’état de santé global des patients. Toutefois, après 1 an de suivi, aucune différence significative sur ces critères n’est notée entre les deux groupes. Il apparaît même plutôt une augmentation de la mortalité dans le groupe réhabilitation précoce (OR [odds ratio] = 1,74 ; IC95 de 1,05 à 2,88) autorisant les auteurs à conclure que l’admission en urgence pour décompensation respiratoire ne soit pas le moment idéal pour entreprendre une réhabilitation.

D’après Jim.fr commenté par le Dr Roseline Péluchon

Références
Greening NJ et coll. : An early rehabilitation intervention to enhance recovery during hospital admission for an exacerbation of chronic respiratory disease : randomised controlled trial. BMJ 2014 ; Publication le 8 juillet 2014.