Bronchectasies – Traitement – Chirurgie

Traitement chirurgical actuel des bronchectasies: résultats chirurgicaux et facteurs de prédiction chez 86 patients.

Balci A.E. et al. Ann Thorac Surg    2014    97        1          211      217

            Les indications chirurgicales et les résultats ont été étudiés chez 86 patients souffrant de bronchectasies âgés de 37.8+/-14.5 ans entre 2000 et 2013.

            Les symptômes duraient depuis 43.4+/-36.9 mois. Les bronchectasies étaient sacculaires chez 66 patients (76.7%) et variqueuses chez 20 patients (23.3%). Les anomalies étaient limitées à une seule région pulmonaire chez 53 patients (61.6%) et 54 (62.8%) présentaient un trouble ventilatoire de type obstructif ou mixte. L’échec du traitement médical était l’indication la plus courante pour la résection pulmonaire. Les 86 patients ont bénéficié de 98 opérations. Dix ont eu des thoracotomies étagées (lobectomie controlatérale: 7 patients – segmentectomie controlatérale: 3 patients). La résection complète de tous les territoires avec bronchectasies a été obtenue chez 78 patients (90.7%). Les complications sont apparues chez 14 patients (14.6%). Le taux de mortalité a été de 1.1% (n=1 patient). Après traitement chirurgical 71 sur 89 patients (82.5%) ont été sans symptôme (excellent) et 15 (17.5%) ont eu une réduction des symptômes pré opératoires.

            Les 53 patients avec déficits localisés de perfusion ont bénéficié d’une résection complète et ont eu des résultats post opératoires libres de symptôme (excellent). Une résection complète a prédit de façon indépendante des résultats post opératoires sans symptôme. Un VEMS<60% vr, une résection incomplète et une antibiothérapie pré opératoire a prédit de façon indépendante des complications post opératoires.

            Il est conclu que les bronchectasies peuvent être améliorées par la chirurgie. Chez les patients correctement sélectionnés, la résection pulmonaire peut être effectuée avec des taux de morbidité et mortalité acceptables et peut conduire à des améliorations significatives de longue durée.

(Commentaire:

C. Krespine.

Arrêter de fumer et ne pas rechuter : la recommandation 2014 de la HAS

 

Le tabac demeure un fléau inégalé de santé publique qui tue un fumeur régulier sur deux et fait perdre 20 à 25 ans d’espérance de vie. C’est la première cause de mortalité évitable en France. Les professionnels de santé – au premier rang desquels les médecins généralistes – doivent devenir de véritables partenaires anti-tabac des fumeurs qui veulent arrêter. Ils doivent engager une démarche active auprès de leur patient fumeur quel que soit le motif de consultation. La HAS fait le point sur les méthodes d’arrêt efficaces ainsi que sur la cigarette électronique. Considérant que les professionnels de santé sont insuffisamment informés et formés, la HAS propose des outils pratiques pour les aider à suivre et accompagner leurs patients.

Les dernières recommandations sur le sevrage tabagique dataient de 2003. La HAS publie aujourd’hui ses nouvelles recommandations de bonne pratique adaptées à chaque étape traversée par le fumeur : des premières intentions d’arrêt du tabac jusqu’au maintien de l’abstinence.

Le facteur clé de réussite : l’accompagnement par son médecin traitant

97% des fumeurs qui essaient d’arrêter sans aucune aide échouent. L’accompagnement par le médecin traitant doit être au centre de la démarche d’arrêt du fumeur. La HAS recommande aux médecins généralistes de dépister le statut tabagique de chaque patient et surtout de conseiller systématiquement l’arrêt du tabac de manière concrète et précise. Interlocuteur privilégié des patients, le médecin généraliste est le professionnel clé pour concrétiser leur souhait d’arrêter de fumer, accompagner et soutenir les fumeurs et empêcher les rechutes. Ce suivi doit faire l’objet de consultations dédiées permettant de délivrer un soutien psychologique, des conseils personnalisés et un suivi médical, conditions d’une plus grande réussite.

Les traitements efficaces pour arrêter de fumer

L’accompagnement par le médecin traitant peut être complété par des traitements à base de nicotine (patchs, gommes, comprimés à sucer, inhalateurs, sprays buccaux). Ces traitements, dont l’efficacité a été réévaluée dans le cadre de cette recommandation, sont les traitements de première intention et seront prescrits et adaptés après évaluation de la dépendance au tabac du fumeur. Les médicaments varénicline et bupropion ont leur place dans la prise en charge de l’arrêt du tabac et sont à prescrire en seconde intention.

Quelle place pour la cigarette électronique ?

La cigarette électronique n’est pas recommandée à ce jour comme outil d’aide à l’arrêt du tabac, car son efficacité et son innocuité n’ont pas été suffisamment évaluées à ce jour. La HAS considère en revanche que, du fait de sa toxicité beaucoup moins forte qu’une cigarette, son utilisation chez un fumeur qui a commencé à vapoter et qui veut s’arrêter de fumer ne doit pas être découragée. La HAS recommande au fumeur d’en parler avec son médecin traitant qui lui proposera une stratégie personnalisée et adaptée pour arrêter de fumer.

 

Des outils pour faire de chaque professionnel de santé un acteur du sevrage tabagique

Actuellement peu formés et informés sur les spécificités du sevrage tabagique, la HAS met à disposition des médecins, sages-femmes et de tout professionnel de santé en contact avec des fumeurs, des outils pratiques et opérationnels (questionnaires, algorithmes, échelles d’évaluation, fiches pratiques, etc.). Ces outils doivent leur permettre de devenir des partenaires incontournables de chaque fumeur et de réussir les 4 étapes clé vers le sevrage : dépister la consommation de tabac de leurs patients, évaluer la dépendance et la motivation à l’arrêt, accompagner l’arrêt de manière efficace et proposer le meilleur suivi pour prévenir les rechutes.

 

Voir lien :http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1719643/fr/arreter-de-fumer-et-ne-pas-rechuter-la-recommandation-2014-de-la-has

Troubles respiratoires du sommeil – conséquences sociales

Conséquences sociales des troubles respiratoires du sommeil (TRS) chez les patients et leurs conjoints: une étude nationale contre placebo;

Jennum P. et al. Eur Respir J 2014    43        1          134      144

http://erj.ersjournals.com/content/43/1/134.abstract

            Le coût total du SAOS et du syndrome Obésité-Hypoventilation (SOH) et leur traitement ont été évalués chez 30 278 SAOS et 1 562 SOH.

            Les patients SAOS et SOH et leurs conjoints avaient des taux plus élevés de contacts liés à la santé, de prise de médicaments, de chômage et de faibles revenus. Les gains excédentaires annuels directs de santé et les manques à gagner nets (coûts indirects) étaient respectivement de 2 174€ et 7 981€ avant le diagnostic et 3 988€ et 12 022€ après le diagnostic respectivement pour le SAOS et le SOH. Chez les conjoints, l’excès moyen annuel comparable des coûts en lien avec la santé était respectivement pour le SAOS et le SOH de 1 965€ et 2 862€ avant le diagnostic et 2 307€ et 3 079€ après le diagnostic. Les conséquences socio-économiques étaient présentes 12 ans avant le diagnostic initial et augmentaient avec l’évolution de la maladie.

            Au total, les troubles respiratoires du sommeil ont des conséquences socio-économiques majeures pour les patients et leurs conjoints des années avant et après le diagnostic.

(Commentaire: quand on est au chômage, on dort mal…et quand on dort mal, on se retrouve au chômage….le cercle infernal)

C. Krespine

Un pseudo-Cushing dans le SAOS ?

 

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est associé à un risque accru d’hypertension artérielle, de diabète, d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque  congestive et d’accident vasculaire cérébral. Le mécanisme sous jacent à ces atteintes multiples est attribué aux épisodes d’hypoxémie répétées pouvant entraîner des anomalies telles que l’activation de processus inflammatoires, du système sympathique périphérique mais aussi de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (AHHS). Toutefois sur ce dernier point, les données restent contradictoires, certaines études retrouvant une augmentation des taux de cortisol sérique à jeun (pseudo-Cushing) en association avec le SAOS, tandis que d’autres ne constatent pas de différence avec les sujets sains. Il faut par ailleurs rappeler que des syndromes de pseudo-Cushing s’observent dans certains cas d’alcoolisme et de  dépression majeure mais aussi d’obésités sévères…

Cette étude menée chez 20 patients japonais obèses atteints d’un diabète de type 2 et d’un SAOS modéré ou sévère, l’index d’apnées et d’hypopnées (IAH) étant ≥ 15 /heure a tenté d’évaluer l’effet de la présence du SAOS sur les résultats des tests de dépistage d’un pseudo-Cushing. Tous les malades ont donc fait l’objet d’un test de freination à la dexaméthasone (0,5 mg) qui s’est avéré positif dans 5 cas. Ce test a été réalisé sur une nuit et couplé à un test à la desmopressine pour éliminer une authentique maladie de Cushing à un stade infraclinique. Une CPAP (ventilation en pression positive continue)  a été instaurée et poursuivie à moyen terme chez 3 des 5 patients, ce qui a abouti à normaliser la réponse à la dexaméthasone dans les 3 cas.

La cortisolémie post-dexaméthasone mesurée avant la VPPC n’a été corrélée qu’à la cortisolémie à jeun  (r=0,764, p<0,0001). En revanche, aucune corrélation significative n’a pu être établie avec les paramètres suivants : IAH, indice de masse corporelle, tour de taille, HbA1c, glycémie à jeun et test d’insulinorésistance.

Cette petite étude ouverte souligne la rareté relative du syndrome de pseudo-Cushing chez les patients atteints d’un SAOS, associé en l’occurrence à un diabète de type 2. Elle suggère en outre que l’activation de l’AAHS peut-être induite par les accès hypoxémiques nocturnes peut être contrôlée par la CPAP. Il convient de confirmer cette notion sur une plus grande échelle et de préciser sa signification clinique autant que sa répercussion sur le pronostic du SAOS. La faiblesse de l’effectif et le caractère non contrôlé de l’étude valent à ces résultats d’être considérés comme préliminaires, ce qui ne leur enlève pas tout intérêt.

D’après Jim.fr commenté par le Dr Philippe Tellier Références                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Tamada D et coll. : Obstructive sleep apnea syndrome causes a pseudo-Cushing’s state in Japanese obese patients with type 2 diabetes mellitus. Endocr J. 2013; 60: 1289-94.

Pourquoi y a-t-il augmentation de la lactatémie dans l’asthme grave ?

Il a été rapporté précédemment une augmentation de la lactatémie chez les patients souffrant d’asthme grave. Les causes probables de cette hyperlactatémie sont controversées : pour certains, il s’agit d’un effet secondaire du traitement, tandis que d’autres attribuent la production accrue de lactate à l’augmentation du travail respiratoire.

Pour avancer dans cette discussion, des investigateurs ont réalisé une sous-analyse d’un essai prospectif, randomisé  évaluant un nouveau béta-adrénergique intraveineux dans les exacerbations aiguës d’asthme. Les objectifs étaient d’examiner l’incidence et les causes possibles d’une hyperlactatémie dans ce contexte.

L’essai randomisé prévoyait un dosage initial (h0) et à une heure et quart du début du nouveau traitement (h1,25) des concentrations de lactate sérique, de bicarbonate et de salbutamol dans le plasma. Le score de dyspnée (échelle de Borg) et les données spirométriques (Volume Expiré Maximum à la première seconde [VEMS]) étaient mesurés au départ puis toutes les heures pendant 3 h. Tous les sujets avaient reçu un traitement « classique » avant le début de l’essai, comprenant des nébulisations de salbutamol (de 5 à 15 mg), d’ipratropium (de 0,5 à 1 mg) et une corticothérapie par voie orale (équivalent à 50 mg de prednisone ou plus).

Seuls les sujets du groupe placebo ont été retenus pour la sous-analyse. Ainsi, sur les 175 sujets inclus dans l’essai randomisé, 84 composent  le groupe placebo et 65 ont des données complètes et sont finalement étudiés.

La dose moyenne de salbutamol administrée  à h0 est de 12,3 ± 5,3 mg. La lactatémie moyenne initiale (h0) est  de 18,5 mg/dl et de 26,5 mg /dl à h1,25 (élévation significative avec un p < 0, 001). Au total, 45 patients (69,2 %) présentent une hyperlactatémie. Le taux de bicarbonate de référence (h0) est en moyenne de 22,6 mEq /l et de 21,9 mEq /l  à h1,25 (diminution non significative, p=0,11 ).  La concentration plasmatique de salbutamol est corrélée significativement avec la concentration de lactate (coefficient de corrélation [de 0,45, p<0,001) et cette association significative se maintient après ajustement selon la gravité de la crise d’asthme (de 0,41, p=0,001). En comparant les 2 sous-groupes avec et sans augmentation du taux de lactate, il apparaît que l’hyperlactatémie n'augmente pas le risque d'hospitalisation ou de rechute (p = 0,26 entre les 2 groupes) et n’est pas associé à un VEMS inférieur aux valeurs prédites à 3 h (p=0,54).

En résumé, la concentration de salbutamol plasmatique est corrélée de façon significative avec la concentration de lactate sérique, même après ajustement pour sévérité de l’asthme. En revanche, l’hyperlactatémie ne semble pas être liée à l’altération de la fonction pulmonaire. En d’autres termes, l’augmentation du taux de lactate chez les patients traités pour une crise d’asthme s’explique plus vraisemblablement par le traitement béta-adrénergique que par la gravité de la pathologie.

Jim.fr commenté par le Dr Béatrice Jourdain

Références                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Lewis L et coll. : Albuterol Administration Is Commonly Associated With Increases in Serum Lactate in Patients With Asthma Treated for Acute Exacerbation of Asthma. Chest 2014; 145: 53–59.

Les troubles respiratoires liés au sommeil ont un impact délétère pour l’insuffisant cardiaque

Après une hospitalisation pour insuffisance cardiaque aiguë, il est important de stratifierles patients à haut risque de morbidité et de mortalité, avant leur sortie de l’hôpital.

Bien que la prévalence des troubles respiratoires liés au sommeil soit élevée chez les patients qui ont une insuffisance cardiaque chronique, peu d’études ont évalué leur impact chez ceux qui ont une dysfonction ventriculaire gauche et ont été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque aiguë.

Pourtant, ce groupe de malades est exposé à une plus grande fréquence de ré-hospitalisation dans les 6 mois.

Or en pratique, il n’est pas toujours aisé de pouvoir disposer d’une polysomnographie systématique chez tous ces patients. C’est ce qui a conduit Ohmura et coll. à déterminer, chez eux, la prévalence des troubles respiratoires liés au sommeil appréciée par la mesure de l’oxymétrie nocturne mesurée au doigt et de la corréler à la survenue des événements cliniques.

L’étude a porté sur 100 patients consécutifs qui avaient une dysfonction ventriculaire gauche et avaient été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque aiguë.

Avant leur sortie de l’hôpital, une mesure de l’oxymétrie nocturne a recherché  des troubles respiratoires liés au sommeil définis par un indice de désaturation en oxygène ≥ 5 évènements/heure avec une diminution de la saturation ≥ 4 %.

Au total, 41 patients (41 %) (âge moyen : 64 ± 11 ans ; femmes : 17 %) ont présenté des troubles respiratoires liés au sommeil. Avec un suivi moyen de 14,2 mois (14 à 36), il a été dénombré 33 évènements (33 %) dont 20 (49 %) et 13 (22 %) sont survenus respectivement chez des patients avec et sans troubles respiratoires liés au sommeil.

La survenue de ces troubles n’est pas sans conséquence ; en effet, quand ils sont fréquents, les épisodes d’hypoxie intermittente détectés par la mesure au doigt de l’oxymétrie nocturne activent le système nerveux sympathique ce qui peut induire une dysfonction endothéliale et augmenter la post-charge cardiaque.

En analyse de régression proportionnelle de risques multivariée de Cox, la présence de troubles respiratoires liés au sommeil s’est avérée être un facteur significativement prédictif, indépendant, de ré-hospitalisations et de décès (hazard ratio 2,93 ; p=0,006).

En conclusion, chez les patients qui ont une dysfonction ventriculaire gauche après une hospitalisation pour insuffisance cardiaque aiguë, la présence de troubles respiratoires liés au sommeil, déterminée par la mesure au doigt de l’oxymétrie nocturne, évaluée avant la sortie du patient, est fréquente ; elle est un facteur prédictif indépendant, de la survenue du critère associant ré-hospitalisations et décès.

Jim.fr commenté par le Dr Robert Haïat                                                                                                                                                                                                                                          Références                                                                                                                                                                                                                                                                               Ohmura T et coll. : Impact of Predischarge Nocturnal Pulse Oximetry (Sleep-Disordered Breathing) on Postdischarge Clinical Outcomes in Hospitalized Patients With Left Ventricular Systolic Dysfunction After Acute Decompensated Heart Failure. Am J Cardiol., 2014; 113: 697-700.

Pneumopathies interstitielles diffuses au CPLF 2014 : nouveautés et progrès

Rendez-vous annuel de l’ensemble des pneumologues francophones, le Congrès de pneumologie de langue française (CPLF) qui s’est tenu à Marseille du 31 janvier au 2 février 2014 a été riche en nouveautés et en progrès dans le domaine des pneumopathies interstitielles diffuses (PID).

L’élaboration et la publication de recommandations sur la prise en charge pratique de la fibrose pulmonaire idiopathique (en accès libre sur le site de la Revue des maladies respiratoires et celui de la Société de pneumologie de langue française), principal événement récent, ont fait l’objet d’une présentation détaillée lors d’une session qui leur était entièrement consacrée en début de congrès. Ces recommandations ont été l’occasion d’une synthèse sur la prise en charge médicamenteuse de la maladie (pour laquelle seule la pirfénidone a obtenu une autorisation de mise sur le marché), mais également sur d’autres aspects thérapeutiques souvent moins discutés (la réhabilitation, le traitement symptomatique, la prise en charge des comorbidités et complications) ainsi que sur les modalités actuelles du diagnostic. Comme souvent, le travail de synthèse et l’effort de rédaction et de présentation qui l’accompagne permettent aussi de prendre la mesure de l’ampleur du chemin qui reste à parcourir.

Le dynamisme des équipes françaises s’est illustré dans une riche session de présentations affichées et discutées − dans un nouveau format favorisant l’interactivité − et de plusieurs présentations synthétiques. Une sélection de ces présentations est résumée dans ce flash-infos. On en retiendra, par exemple, l’intérêt croissant, au cours de la fibrose pulmonaire idiopathique, pour le reflux gastro-œosophagien (et les hernies hiatales), dont il est probable qu’il peut aggraver la maladie pulmonaire ou déclencher des épisodes d’exacerbation aiguë ; la fréquence et la gravité du cancer bronchopulmonaire au cours du syndrome emphysème-fibrose et les difficultés majeures de sa prise en charge ; les difficultés diagnostiques que peuvent poser les formes chroniques de pneumopathie d’hypersensibilité ou les PID associées à des formes frustes de connectivites ; et les efforts à poursuivre pour mieux organiser le parcours de soins des patients et la coordination entre les différents acteurs de la prise en charge.

Les PID ne se limitent pas à la fibrose pulmonaire idiopathique. La classification des PID idiopathiques vient de faire l’objet d’une révision. La lymphangioléiomyomatose dispose maintenant d’un registre français (registre.lam@gmail.com) visant l’exhaustivité. La prise en charge des connectivites avec PID progresse, avec une meilleure connaissance du pronostic, et l’identification de nouveaux auto-anticorps dans un cadre de recherche. Last but not least, le site www.pneumotox.com, dont l’apport pour les pneumologues vient d’être évalué, est devenu un outil quotidien indispensable au pneumologue pour les PID d’origine médicamenteuse.

Après ce brillant début d’année, rendez-vous est donné le 18 mai 2014 au congrès de l’American Thoracic Society à San Diego pour la présentation, lors d’une session historique, des résultats des études actuelles de phase III sur la fibrose pulmonaire idiopathique par la N-acétylcystéine (essai PANTHER), le nintédanib (essais INPULSIS™ 1 et 2) et la pirfénidone (essai ASCEND).

Par Vincent COTTIN
Centre national de référence des maladies pulmonaires rares, Lyon                                        Dans la lettre du pneumologue

Pleurésie purulente – Drainage – Moment optimal

Moment optimal du drainage thoracoscopique et de la décortication pour pleurésie purulente.

Chung J.H. et al.        Ann Thorac Surg        2014    97        1          224      229.

http://www.annalsthoracicsurgery.org/article/S0003-4975(13)01909-7/abstractHaut du formulaire

            Pour évaluer l’efficacité du drainage et de la décortication précoce par chirurgie thoracique vidéo-assistée (CTVA), les observations de 128 patients souffrant de pleurésie purulente qui ont bénéficié d’une CTVA et d’une décortication chirurgicale ont été revues. Les patients traités par CTVA ont été divisés en 3 groupes basés sur l’intervalle de temps entre les symptômes et le moment de l’opération (Groupe 1: <2 semaines – Groupe 2: entre 2 et 4 semaines – groupe 3: ³ 4 semaines). De plus, 8 décortications chirurgicales chez les patients dont la durée des symptômes a été supérieure à 4 semaines ont été comparées aux 3 groupes.

            Les groupes 1 et 2 ont présenté des durées de drainage plus courtes, une hospitalisation postopératoire, une durée de l’intervention chirurgicale et une fuite aérique moins prolongée que le groupe 3. Aucune différence significative n’a été notée entre les groupe 1 et 2 et aucune différence sur la longueur de l’hospitalisation en soins intensifs postopératoires ou sur le nombre de ré interventions et ré opération parmi les 3 groupes. Chez les patients souffrant de pleurésie purulente chronique, le groupe 3 a présenté un temps de drainage plus court que le groupe décortication chirurgicale.

            En conclusion, les patients avec une durée de symptômes de moins de 4 semaines présentent des résultats précoces meilleurs que ceux avec des symptômes de durée supérieure à 4 semaines. Ainsi, la durée des symptômes peut être considérée comme un facteur préopératoire fiable pour décider de la prise en charge chirurgicale de la pleurésie purulente ou des cas impliquant un épanchement pleural cloisonné.

(Commentaire:

C. Krespine

TRS – Retentissements – Vie sociale

Conséquences sociales des troubles respiratoires du sommeil (TRS) chez les patients et leurs conjoints: une étude nationale contre placebo;

Jennum P. et al. Eur Respir J 2014 43 1 134 144

 http://erj.ersjournals.com/content/43/1/134.abstract

Le coût total du SAOS et du syndrome Obésité-Hypoventilation (SOH) ainsi que leurs traitements ont été évalués chez 30 278 SAOS et 1 562 SOH. Les patients SAOS et SOH et leurs conjoints avaient des taux plus élevés de contacts liés à la santé, de prise de médicaments, de chômage et de faibles revenus. Les gains excédentaires annuels directs de santé et les manques à gagner nets (coûts indirects) étaient respectivement de 2 174€ et 7 981€ avant le diagnostic et 3 988€ et 12 022€ après le diagnostic respectivement pour le SAOS et le SOH. Chez les conjoints, l’excès moyen annuel comparable des coûts en lien avec la santé était respectivement pour le SAOS et le SOH de 1 965€ et 2 862€ avant le diagnostic et 2 307€ et 3 079€ après le diagnostic. Les conséquences socio-économiques étaient présentes 12 ans avant le diagnostic initial et augmentaient avec l’évolution de la maladie. Au total, les troubles respiratoires du sommeil ont des conséquences socio-économiques majeures pour les patients et leurs conjoints des années avant et après le diagnostic.

(Commentaire: quand on est au chômage, on dort mal…et quand on dort mal, on se retrouve au chômage….le cercle infernal)

C. Krespine

Tuberculose infection – Tests – Personnels de santé

Test de libération de l’Interféron gamma (IFN-G) et tests cutanés tuberculiniques pour le diagnostic de tuberculose infection latente chez les travailleurs de santé aux USA.

Dorman S.E. et al. Am J Respir Crit Care Med 2014 189 1 77 87

http://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1164/rccm.201302-0365OC

Pour déterminer les niveaux de performance du test de libération de l’IFN-G ( QuantiFERON-TB Gold in tube [QFT- GIT] et T- SPOT.TB [T-SPOT]) versus test cutané tuberculinique (TCT) pour les tests successifs de recherche d’une tuberculose infection latente chez les travailleurs de santé, une étude longitudinale incluant 2 563 travailleurs de santé bénéficiant d’un dépistage de la tuberculose professionnelle a été effectuée dans 4 services de santé où les taux moyens de tuberculose étaient entre 4 et 9/100 000 personnes. Un total de 2 418 travailleurs de santé a complété les tests initiaux qui étaient positifs chez 125 (5.2%) sur les TCT, 118 (4.9%) par QFT- GIT et 144 (6%) par T- SPOT. Un TCT initial positif avec un test de libération de l’IFN- négatif a été associé à une vaccination par BCG (OR: 25.1) vs sans BCG. Le pourcentage de participants avec conversion des tests au cours de la période de l’étude a été de 138/ 2 263 (6.1%) pour le QFT- GIT, 177/ 2 137 (8.3%) pour le T- SPOT et 21/ 2 293 (0.9%) pour le TCT. Des conversions du QFT- GIT et du T- SPOT respectivement 81/106 (76.4%) et 91/118 (77.1%) se sont négativées quand le test a été renouvelé 6 mois plus tard. En conclusion, la plupart des conversions sur le personnel de santé dans les régions de faible incidence de la tuberculose semble être de faux positifs et ces derniers surviennent 6 à 9 fois plus fréquemment avec les tests de libération de l’IFN- qu’avec les TCT. La répétition des tests chez les sujets présentant une conversion est justifiée.

(Commentaire:

C. Krespine