La graisse viscérale serait plus impliquée dans la sévérité du SAOS que l’obésité elle-même

 

Mariani S et coll. Association of epicardial fat thickness with the severity of obstructive sleep apnea in obese patients. Int J Cardiol. 2012 ; publication avancée en ligne du 22 juin. Doi : 10.1016/j.icard.2012.06.011.

 

 

La corrélation entre la sévérité du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) et l’indice de masse corporelle (IMC) est controversée. Bien que «l’excès de graisse» soit reconnu comme un facteur favorisant la survenue de ce syndrome, il reste à préciser si, chez le patient obèse, la distribution de la graisse ne joue pas un rôle plus important que l’IMC lui-même. L’épaisseur de la graisse épicardique (EGE) étant considérée comme un indicateur de l’adiposité viscérale plutôt que de l’obésité générale, une équipe italienne a décidé d’examiner ce paramètre chez des patients obèses victimes d’un SAOS.

Leur étude a donc inclus 115 sujets obèses (56 hommes), âgés en moyenne de 53,64 ± 9,49 ans. Leur IMC était ≥ 30 kg/m2 et le tour de taille > à 90 cm chez les femmes et 100 cm pour les hommes. Tous ont bénéficié d’un enregistrement polysomnographique (EPS) qui a confirmé le SAOS (≥ 5 apnées/hypopnées par heure de sommeil nocturne) : il était qualifié de léger chez 50 patients, modéré chez 33 et sévère pour 32. Il n’y avait pas de différence significative pour l’âge, la taille, le poids, les résultats du bilan lipidique, l’IMC et le tour de taille entre les patients de ces trois groupes de gravité du SAOS.

La composition corporelle a été évaluée par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA). L’EEG a été appréciée par échocardiographie haute résolution. Par ailleurs le diamètre télédiastolique du ventricule droit (DTDVD) a été mesuré ainsi que l’épaisseur intima média carotidienne.
Une corrélation positive a pu être établie en analyse univariée entre la sévérité du SAOS et les variables suivantes : EGE (r=0,536, p<0,001), DTDVD (r=0,480, p<0,001, EIMc (r=0,345, p<0,001), rapport de la masse graisseuse du tronc et des jambes (r=0,330, p<0,001). Cependant, une analyse par régression linéaire multiple a montré que l’EEG était le facteur le plus significativement corrélé, de manière indépendante, à la sévérité du SAOS (R2=0,376 ; p=0,022).

En bref, cette étude transversale ouverte sans groupe témoin, suggère  néanmoins que chez les patients obèses, la sévérité d’un éventuel SAOS peut être associée à une augmentation de l’épaisseur de la graisse épicardique indépendamment des marqueurs classiques de l’obésité. 

Source Jim.fr par le Dr Philippe Tellier

Chiffres de survie du cancer : des statistiques à prendre avec précaution !

   D’après un nouveau rapport, fruit de la collaboration du réseau des registres des cancers Francim, du service de biostatistique des Hospices Civils de Lyon, de l’Institut de Veille sanitaire (InVS) et de l’Institut national du cancer (INCa), la survie des personnes atteintes de cancer en France s’est améliorée au cours des dernières années pour la plupart des cancers [1].

Mais, si les données de survie semblent sans ambigüité pour certains types de cancers, elles doivent être interprétées avec beaucoup plus de précautions pour d’autres.

Effets paradoxaux du dépistage et de l’amélioration des techniques diagnostiques

Dans le cas de la leucémie myéloïde chronique, sans surprise, la survie nette (survie que l’on observerait si la seule cause de décès des patients atteints de cancer était le cancer) à 5 ans est passée de 48% à 75% entre 1989-1991 et 2001-2004. Cette évolution très favorable est due, incontestablement, au progrès thérapeutique majeur qu’a été l’arrivée de l’inhibiteur de la tyrosine kinase Glivec® dans cette pathologie.

En revanche, pour certains types de cancers, les résultats sont trompeurs. Le développement du dépistage et l’amélioration des techniques de diagnostic, notamment, ont parfois des effets paradoxaux.

La survie nette du cancer du col de l’utérus à 5 ans semble, par exemple, avoir légèrement diminué entre les premiers cas diagnostiqués entre 1989-91 et les derniers cas diagnostiqués entre 2001-2004 (68% à 64%). Mais cette tendance est le résultat « positif » du dépistage par frottis. En effet, le dépistage permet de repérer des lésions précancéreuses et à un stade non invasif et de les traiter avant qu’elles ne deviennent cancéreuses ou invasives. Les cancers diagnostiqués comportent donc, dans les années 2000, une proportion plus importante de cancers de mauvais pronostic, d’où la diminution apparente de la survie au cours de l’étude. Rappelons que le dépistage du cancer du col utérin a entrainé une baisse importante de l’incidence et de la mortalité pour ce cancer.

En parallèle, l’évolution des techniques diagnostiques et le dépistage ont permis dans certains cas, d’augmenter le temps de survie non pas en reculant la date du décès mais en avançant la date du diagnostic.

« En enrichissant la population suivie de porteurs de tumeurs de petite taille ou de tumeurs à évolution lente, qui n’auraient peut-être pas été détectées du vivant des sujets en l’absence de dépistage, on fait apparaître une amélioration artificielle de la survie, qui en l’absence de la connaissance du stade, ne peut être distinguée d’une amélioration réelle associée aux progrès thérapeutiques », souligne l’épidémiologiste Jacques Estève (CHU Lyon, France) en introduction du rapport.

Dans le cas du cancer de la prostate, par exemple, dans les années 1980, les cancers étaient détectés à des stades avancés, puis avec l’amélioration des techniques diagnostiques au cours des années 80-90 le diagnostic est devenu plus précoce et ce phénomène s’est encore amplifié avec l’apparition du dosage du PSA. Résultat : l’incidence des cancers de la prostate a quadruplé entre la fin des années 80 et 2005 mais, dans l’ensemble, beaucoup des cancers détectés dans les années 2000 sont peu agressifs et d’évolution assez lente. Ce phénomène explique une très grande partie de l’amélioration de la survie nette à 5 ans de 20% entre le début et la fin de l’étude (évolution de la survie nette à 5 ans : 70% en 1990 et 90% en 2002).

Ce phénomène explique probablement aussi, en partie, les améliorations de survies nettes à 5 ans observées dans le cancer du sein (81% en 1990 à 89% en 2002), et dans le cancer de la thyroïde avec une évolution de 86% à 94%,

« Nous faisons face à un nouveau défi car le dépistage et l’amélioration des techniques de diagnostic ont changé le paysage du cancer. Il faut que le système de soins arrive à traiter ces patients moins sévères de façon moins agressive, en limitant les sur-traitements et sans leur faire perdre de chance », a souligné Pascale Grosclaude (Présidente du réseau Francim), lors de sa présentation des résultats.

Des classifications plus strictes qui abaissent artificiellement la survie

Autre biais statistique : les changements de classification et de définition au cours du temps.

A titre d’exemple, la définition des syndromes myodysplasiques s’est affinée et un certain nombre de cas de bon pronostic ont été exclus de la définition. La survie semble donc avoir diminué, à tort (57% à 37 % au cours de l’étude). Le même phénomène est observé avec les cancers de la vessie (baisse de la survie nette à 5 ans de 56% à 49%). La survie diminue en apparence alors que les cancers superficiels de la vessie ne sont plus considérés comme des cancers et que les pathologies comptabilisées en fin d’étude sont plus graves que celles prises en compte au début de l’étude.

Survie nette : un meilleur critère statistique ?

L’utilisation du nouveau critère statistique qu’est la survie nette a un intérêt épidémiologique indéniable car, en éliminant les autres causes de décès, elle permet les comparaisons entre différents pays ou entre différentes périodes. Cependant, elle ne doit pas être utilisée pour un pronostic individuel, rappellent les auteurs du rapport : « En effet, sa méthode d’estimation fait l’hypothèse que le cancer serait la seule cause de décès possible, ce qui ne correspond pas à la réalité d’un individu ».

L’ensemble de ces remarques sur l’interprétation des données de survie « n’invalident évidemment pas les études de survie mais montrent que les occasions d’erreur d’interprétation sont nombreuses », souligne Jacques Estève. Une solution ? « Le remède consiste en une analyse commune des données d’incidence, de mortalité et de survie et en l’assurance qu’une comparaison à stade égal est crédible. Il est, en particulier, indispensable de vérifier que le stade a été déterminé avec les mêmes outils diagnostics dans les populations comparées. Ceci est possible pour les comparaisons de populations contemporaines mais beaucoup plus difficile voire impossible pour des comparaisons « historiques » », souligne l’épidémiologiste.

Rappel de l’étude

L’étude a été réalisée à partir des données des registres des cancers du réseau Francim (France-cancer-incidence et mortalité). Elle a inclus environ 427 000 personnes d’au moins 15 ans diagnostiquées pour un cancer entre 1989 et 2004. La survie à 1, 3, 5 et 10 ans est rapportée pour 47 localisations de cancer, selon le sexe et la période de diagnostic. Les patients ont été suivis jusqu’au 31 décembre 2007.

Pour cette étude, une nouvelle méthode d’estimation de la survie nette (survie que l’on observerait si la seule cause de décès possible était le cancer étudié) a été utilisée. « Elle fournit des estimations non biaisées de survie, plus proches de la réalité que les méthodes classiques. Cette nouvelle méthode, validée par la communauté internationale, constitue dorénavant la référence dans le domaine et la France est le premier pays à l’utiliser », note le rapport.

 

De Medscape France, par Aude Lecrubier 12 février 2013

En 2015, le cancer du poumon pourrait tuer plus d’Européennes que le cancer du sein

D’ici 2015, le cancer du poumon pourrait devenir la première cause de mortalité par cancer des européennes, devant le cancer du sein, d’après une étude publiée dans Annals of Oncology [1]. Une situation déjà observée au Royaume-Uni et en Pologne en 2013, notent les chercheurs.

L’étude, menée par des équipes italienne et suisse a eu pour objectif d’estimer les taux de mortalité par cancer pour les 27 pays de l’Union Européenne et plus spécifiquement pour 6 pays : la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni pour les cancers pris dans leur ensemble mais aussi pour le cancer de l’estomac, de l’intestin, du pancréas, du poumon, de la prostate, du sein, de l’utérus et les leucémies. Il s’agit de la troisième année consécutive de publication de ces estimations.

L’étude prédit que près d’1,3 millions de personnes (737 747 hommes et 576 489 femmes) devraient décéder d’un cancer dans les 27 pays de l’Union Européenne en 2013.

Bien que le nombre de cas de cancers ait augmenté depuis 2009 (année pour laquelle l’OMS a des données de mortalité pour la plupart des pays européens), les chercheurs rapportent que la proportion de personnes décédées d’un cancer a décliné de 6% chez les hommes et de 4% chez les femmes depuis 2009.

Cette donnée corrobore la récente publication des données de survie nette à 1, 3, 5 et 10 ans des personnes atteintes de cancer en France qui montre une amélioration de la survie au cours du temps pour la majorité des cancers diagnostiqués entre 1989 et 2004 et suivis jusqu’à la fin de l’année 2007 [2].

Augmentation de la mortalité par cancer du poumon chez les femmes depuis 2009

Aussi, si la mortalité par cancer décline dans l’ensemble, la mortalité par cancer du poumon chez les femmes continue d’augmenter dans tous les pays (+7% depuis 2009), alors que celle associée au cancer du sein est en baisse. En 2013, le nombre de décès estimés est de 88 836 (14,6 pour 100 000 femmes) pour le cancer du sein et de de 82 640 (14 pour 100 000 femmes) pour le cancer du poumon.

« Si ces tendances opposées se poursuivent pour le cancer du poumon et le cancer du sein, alors, en 2015, le cancer du poumon deviendra la première cause de mortalité par cancer chez les européennes. C’est déjà le cas au Royaume-Uni et en Pologne, les deux pays avec les taux de mortalité par cancer du poumon les plus élevés : 21,2 et 17,5 pour 100 000 femmes, respectivement », a indiqué l’un des auteurs de l’étude, le Pr Carlo La Vecchia (directeur du département d’épidémiologie, institut Mario Negri et professeur à la faculté de médecine de Milan, Italie).

D’après l’épidémiologiste italien, l’augmentation du taux de mortalité par cancer du poumon au Royaume-Uni est le reflet de l’augmentation du tabagisme chez les jeunes femmes à la fin des années 60 et au début des années 70 pour des raisons socio-culturelles. En revanche, il précise qu’aujourd’hui, les jeunes femmes, au Royaume-Uni et ailleurs en Europe, sont moins nombreuses à fumer et que par conséquent, la mortalité par cancer du poumon pourrait amorcer une baisse autour de 15 pour 100 000 femmes après 2020.

En parallèle, les décès par cancer du sein ont décliné régulièrement depuis 2009 en Europe (-7%). « Ceci est la conséquence des avancées importantes et nombreuses sur le plan thérapeutique, mais aussi du dépistage et du diagnostic précoce de la maladie, » a expliqué le Pr La Vecchia.

Concernant, les hommes, l’étude précise que bien que le cancer du poumon reste la première cause de mortalité par cancer, avec près de 187 000 décès prédits pour 2013 (37,2 pour 100 000 hommes), le taux de mortalité associé à ce type de cancer a baissé de 6% depuis 2009.

Lutter contre le tabagisme sert aussi à prévenir le cancer du pancréas

Continuer à lutter contre le tabagisme est une priorité pour espérer un déclin de la mortalité par cancer du poumon chez les hommes comme chez les femmes. Et, il en va de même pour d’autres cancers, et notamment le cancer du pancréas, qui est le seul pour lequel les prévisions de mortalité sont stables voire à la hausse pour les deux sexes en 2013 par rapport à 2009.

Le nombre de décès associés au cancer du pancréas est estimé à 40 069 (8 pour 100 000) chez les hommes et à 40 197 décès (5,5 pour 100 000) chez les femmes en 2013. Ces taux de mortalité sont très légèrement supérieurs à ceux enregistrés en 2009 (7,9 pour 100 000 hommes et 5,4 pour 100 000 femmes). Les français détiennent le triste record européen de 8,7 décès pour 100 000 hommes.

« La meilleure façon de prévenir le cancer du pancréas est d’éviter de fumer et de ne pas être en surpoids afin de ne pas avoir un sur-risque de diabète. Cela pourrait prévenir près d’un tiers des cancers du pancréas dans l’Union Européenne. Aucun autre facteur de risque majeur n’est connu, et rien de nouveau ne semble pouvoir influencer les taux de mortalité nationaux en ce qui concerne le diagnostic ou le traitement, » a souligné le Pr La Vecchia.
« Le message clé de cette étude pour les Etats membres européens est la lutte contre le tabagisme, particulièrement chez les hommes et les femmes dans la force de l’âge qui sont les générations les plus exposées au tabagisme. Si les gens pouvaient être aidés et encouragés à arrêter de fumer ou à ne pas commencer à fumer, des centaines de milliers de décès par cancer pourraient être évités chaque année en Europe.

Les autres mesures qui pourraient contribuer à prévenir la mortalité par cancer sont le contrôle de la surcharge pondérale et de l’abus d’alcool, mais aussi l’optimisation du diagnostic et du traitement des cancers. La plupart de ces mesures sont applicables dans les états membres. En particulier, le retard sur le plan du diagnostic et de la prise en charge est difficile à justifier en Europe centrale et en Europe de l’Est, surtout au regard des récents progrès de pays comme le Brésil ou l’Argentine, qui ont désormais des produits intérieurs bruts similaires à beaucoup de pays d’Europe centrale, » a commenté le Pr Fabio Levi (chef du département d’épidémiologie, Institut de médecine sociale et préventive, CHU Vaudois et Université de Lausanne, Suisse).

De Medscape France par Aude Lecrubier : 13 Juillet 2013

Cancers du poumon de la femme : une participation hormonale probable

En France, l’incidence et la mortalité par cancer du poumon chez la femme ne font que croitre depuis plusieurs décennies. D’ici 2015, le cancer du poumon pourrait devenir la première cause de mortalité par cancer des européennes, devant le cancer du sein, selon une étude récente publiée dans les Annals of Oncology [1].

« Cette évolution, conséquence de l’augmentation du tabagisme féminin, est comparable dans la plupart des pays occidentaux », a commenté le Pr Virginie Westeel (Service de Pneumologie, CHRU Hôpital Jean-Minjoz, Besançon, France) lors d’une présentation consacrée aux spécificités des cancers du poumon de la femme au congrès EuroCancer 2013 [2].

« Cette évolution croissante est une bonne raison de s’intéresser aux particularités des cancers du poumon chez la femme », a souligné l’oratrice.

Le poids du tabagisme passif

Première différence notable : les facteurs de risque de cancer du poumon varient en fonction du sexe [3] : « Les femmes sont moins souvent des fumeuses actives et plus souvent soumises à un tabagisme passif. » Aussi, à tabagisme égal, le risque de développer un cancer du poumon est supérieur chez la femme. En outre, elles sont moins souvent confrontées à une exposition environnementale professionnelle que leurs homologues masculins.

Une présentation anatomoclinique et biologique spécifique

La présentation anatomoclinique du cancer du poumon diffère, elle aussi, de celle de l’homme par : un âge plus jeune, des symptômes moindres au diagnostic, plus de stades précoces, plus d’adénocarcinomes, une meilleure réponse aux traitements et un meilleur pronostic indépendamment du statut EGFR.

Les caractéristiques biologiques moléculaires des tumeurs chez la femme sont également un peu différentes avec plus de mutations activatrices d’EGFR, de mutations sur le gène de la GSTM, de mutations P53, et de mutations de KRas. Des facteurs de susceptibilité génétiques associés au sexe ont également été rapportés.

Une participation hormonale 

Il existe des arguments épidémiologiques en faveur de facteurs de risques hormonaux du cancer bronchopulmonaire. Une étude de plusieurs registres européens a montré que les femmes qui ont eu un cancer bronchopulmonaire sont plus à risque de développer un cancer du sein ou de l’ovaire [4]. « C’est surtout vrai chez les femmes les plus jeunes, celles qui ont moins de 56 ans, ce qui appuie la thèse d’un risque hormonal », précise l’oratrice.

Concernant le traitement hormonal substitutif (THM), les études sont discordantes. Mais, une méta-analyse de deux essais randomisés semble indiquer que le THM oestroprogestatif est associé à une augmentation du cancer du poumon [5].

« En revanche, il y a actuellement quelques données qui suggèrent que les THM à base d’oestrogènes seuls sont moins à risque que les THM oestroprogestatifs », note le Pr Westeel.

Un rationnel biologique 

Des arguments biologiques corroborent l’hypothèse d’une participation hormonale à l’oncogenèse bronchopulmonaire.

« Nous avons mis en évidence des récepteurs aux oestrogènes dans les cancers bronchopulmonaires comme dans le cancer du sein. Dans le cancer du poumon, il semble que les récepteurs importants sont ceux de type bêta », indique le Pr Westeel.

Des études sur des lignées cellulaires de cancers du poumon ont, de plus, montré que l’introduction d’un anti-œstrogène indiqué dans le cancer du sein, le fluvestran (Faslodex®, AstraZeneca), permet de diminuer la prolifération cellulaire dans le cancer du poumon [6].

Le rôle du récepteur aux oestrogènes (RE) dans la prolifération cellulaire est bien démontré in vitro, mais les résultats contradictoires d’études réalisées in vivo témoignent du caractère encore méconnu de cette voie d’activation.

Associer des traitements hormonaux aux inhibiteurs de TKI EGFR ?

D’autres études sur des lignées cellulaires d’adénocarcinome ont mis en évidence une interaction entre les voies du récepteur aux oestrogènes et celles des récepteurs du facteur épidermique de croissance EGFR, dont la dérégulation est impliquée dans le cancer du poumon.

In vivo, une étude sur 22 patientes ménopausées (dont 3 cas de mutation activatrice de l’EGFR) traitées par un inhibiteur de la tyrosine kinase de l’EGFR, le gefitinib (Iressa®, AstraZeneca) et par du fulvestrant en 1ère, 2ème ou 3ème ligne a rapporté un taux de réponse de 15 % et un taux de survie à 1 an de 41 % [7].

« Ce qui n’est pas négligeable puisque dans cette étude, un tiers des patientes sont en troisième ligne de traitement », souligne l’oratrice.

La survie médiane des patientes dont l’expression tumorale du RE bêta atteignait au moins 60 % était de 65,5 semaines contre 21 semaines chez les autres.

« En parallèle, des études sur des lignées cellulaires [8] suggèrent qu’il existe un effet synergique lorsque l’anti-œstrogène est associé à un l’inhibiteur de la tyrosine kinase de l’EGFR », ajoute Virginie Westeel.

« Il existe chez la femme des particularités biologiques qui commencent juste à être explorées et qui plaident pour une prise en charge différente du cancer du poumon. La voie la plus avancée est celle des traitements hormonaux, en particulier associés aux inhibiteurs de la tyrosine kinase de l’EGFR. De nouveaux travaux sont nécessaires pour tenter d’y voir plus clair », conclut le Pr Westeel.

L’Intergroupe francophone de cancérologie thoracique (IFCT) conduit actuellement une étude, l’étude LADIE, dont l’objectif est d’évaluer l’efficacité de l’association anti-œstrogène et inhibiteur de la tyrosine kinase de l’EGFR dans le traitement des adénocarcinomes chez la femme ménopausée avec EGFR muté ou sauvage.

De Medscape France par Aude Lecrubier : 12 Juillet 2013

Références

  1. Malvezzi M., Bertuccio P., Levi F., La Vecchia C., Negri E. European cancer mortality predictions for the year 2013. Annals of Oncology.
  2. Westeel V. Les cancers du poumon de la femme. EuroCancer. 25 juin 2013.
  3. Mazières J, Rouquette I, Brouchet L. Cancer bronchique de la femme et de la femme enceinte :vers une origine hormonale ? Rev Mal Respir 2007 ; 24 : 983-97.
  4. Chuang Sc, Br J Cancer 2010
  5. Greiser CM, Maturitas 2010
  6. Stabile LP, Cancer research 2002
  7. Traynor AM, Schiller JH, Stabile LP. Pilot study of gefitinib and fulvestrant in the treatment of post-menopausal women with advanced non-small cell lung cancer. Lung Cancer 2009 ; 64 : 51-9.
  8. Xu, Biomed Pharmacother 2012

Des carcasses de bœufs tuberculeux exportés de Grande-Bretagne vers l’Europe, en toute légalité

Paris, lundi 8 juillet 2013 – Des carcasses de bœufs contaminés par la tuberculose  sont chaque année exportées par le Royaume Uni vers la France, les Pays Bas et la Belgique.  Les cantines scolaires et les restaurants hospitaliers en sont les principaux destinataires, une partie étant transformée en nourriture pour animaux. Cette information révélée par le Sunday Times dans son édition du 7 juillet a de quoi  surprendre voire alimenter les inquiétudes les plus folles.

Risque de transmission, ou pas ? 

Après avoir reçu l’agrément d’une agence vétérinaire publique britannique, ce sont 28 000  carcasses qui traversent tranquillement le Channel, sans étiquetage particulier alors qu’elles sont infectées par Mycobacterium bovis. « No problem, rassure  le Department for Environnment Food & Rural Affairs (DEFRA)  le risque de transmission à l’homme s’il est possible reste faible,  à ce jour il n’y a aucun cas connu d’une tuberculose contractée par un être humain après qu’il ait consommé de la viande infectée.»  Mais s’il n’y a aucun risque pour la santé humaine pourquoi des enseignes telles que Tesco , Mc Donalds ou Burger King en Angleterre ont refusé d’acheter cette viande « malade » ?

En effet, il existe bien une souche bovine (Mycobacterium  bovis) responsable de la tuberculose bovine, qui peut être transmise à l’homme dans certaines conditions mais  rappelons que plus de 99 % des cas de tuberculoses chez l’homme sont dus à la souche humaine de la maladie (Mycobacterium tuberculosis) transmise quant à elle par voie aérienne et non par l’alimentation.

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) explique via son site que le risque de transmission au consommateur est  maîtrisé dans notre pays  par les mesures de sécurité sanitaires des aliments mises en œuvre sous le contrôle de l’Etat. Par exemple,  pour la viande, c’est l’inspection systématique de salubrité des carcasses des espèces sensibles mises sur le marché qui permet de détecter les lésions  et d’écarter la viande qui présente un risque  pour la santé publique. Or,  ces 28000 carcasses anglaises incriminées entrent dans l’hexagone sans étiquetage et leurs futurs consommateurs sont en droit de savoir  à quoi ils s’exposent, ou pas ? A l’heure où nous postons ces lignes l’Anses n’a donné aucun avis , le  ministère de l’Agriculture formulé aucun commentaire. Seul, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne s’est exprimé  en ces termes,  toujours dans le Sunday Times : « Cette pratique est surréaliste. Elle  devrait être immédiatement arrêtée. Il est bizarre qu’une agence publique soit impliquée là-dedans. Comme pour le scandale de la viande de cheval, le principe de précaution devrait s’appliquer lorsqu’il s’agit d’alimentation et de santé. »

Heureusement, en ces périodes de vacances, les cantines scolaires sont fermées mais pas les hôpitaux où l’on peut espérer, que  selon les recommandations de l’Anses, la viande doit être  cuite à cœur à une température suffisante pour tuer les bactéries qui sont sensibles à la chaleur humide à 121°.

Des carcasses de bœufs tuberculeux exportés de Grande-Bretagne vers l’Europe, en toute légalité

Paris, lundi 8 juillet 2013 – Des carcasses de bœufs contaminés par la tuberculose  sont chaque année exportées par le Royaume Uni vers la France, les Pays Bas et la Belgique.  Les cantines scolaires et les restaurants hospitaliers en sont les principaux destinataires, une partie étant transformée en nourriture pour animaux. Cette information révélée par le Sunday Times dans son édition du 7 juillet a de quoi  surprendre voire alimenter les inquiétudes les plus folles.

Risque de transmission, ou pas ? 

Après avoir reçu l’agrément d’une agence vétérinaire publique britannique, ce sont 28 000  carcasses qui traversent tranquillement le Channel, sans étiquetage particulier alors qu’elles sont infectées par Mycobacterium bovis. « No problem, rassure  le Department for Environnment Food & Rural Affairs (DEFRA)  le risque de transmission à l’homme s’il est possible reste faible,  à ce jour il n’y a aucun cas connu d’une tuberculose contractée par un être humain après qu’il ait consommé de la viande infectée.»  Mais s’il n’y a aucun risque pour la santé humaine pourquoi des enseignes telles que Tesco , Mc Donalds ou Burger King en Angleterre ont refusé d’acheter cette viande « malade » ?

En effet, il existe bien une souche bovine (Mycobacterium  bovis) responsable de la tuberculose bovine, qui peut être transmise à l’homme dans certaines conditions mais  rappelons que plus de 99 % des cas de tuberculoses chez l’homme sont dus à la souche humaine de la maladie (Mycobacterium tuberculosis) transmise quant à elle par voie aérienne et non par l’alimentation.

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) explique via son site que le risque de transmission au consommateur est  maîtrisé dans notre pays  par les mesures de sécurité sanitaires des aliments mises en œuvre sous le contrôle de l’Etat. Par exemple,  pour la viande, c’est l’inspection systématique de salubrité des carcasses des espèces sensibles mises sur le marché qui permet de détecter les lésions  et d’écarter la viande qui présente un risque  pour la santé publique. Or,  ces 28000 carcasses anglaises incriminées entrent dans l’hexagone sans étiquetage et leurs futurs consommateurs sont en droit de savoir  à quoi ils s’exposent, ou pas ? A l’heure où nous postons ces lignes l’Anses n’a donné aucun avis , le  ministère de l’Agriculture formulé aucun commentaire. Seul, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne s’est exprimé  en ces termes,  toujours dans le Sunday Times : « Cette pratique est surréaliste. Elle  devrait être immédiatement arrêtée. Il est bizarre qu’une agence publique soit impliquée là-dedans. Comme pour le scandale de la viande de cheval, le principe de précaution devrait s’appliquer lorsqu’il s’agit d’alimentation et de santé. »

Heureusement, en ces périodes de vacances, les cantines scolaires sont fermées mais pas les hôpitaux où l’on peut espérer, que  selon les recommandations de l’Anses, la viande doit être  cuite à cœur à une température suffisante pour tuer les bactéries qui sont sensibles à la chaleur humide à 121°.

les professionnels partagés sur l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics

Paris, le mardi 9 juillet 2013 – S’il paraît difficile de déterminer si la cigarette électronique pourrait être considérée comme un dispositif de sevrage efficace, il semble de plus en plus acquis qu’elle nuit gravement à la lutte contre le tabagisme ! Il semble en effet que ce produit focalise aujourd’hui une grande partie des actions des pouvoirs publics concernant le tabac, alors qu’il ne représente sans doute pas, de l’avis de tous, le principal fléau. On a ainsi pu constater lors de la dernière journée mondiale sans tabac, le 31 mai, que nombre d’annonces du ministre de la Santé avaient en priorité concerné la cigarette électronique.  Des propositions ont notamment été formulées en vue de son interdiction dans les lieux publics.

Les vapoteurs jouent-ils avec le feu ?

La France n’est pas la première à s’interroger sur la pertinence de bannir le vapotage là où fumer est proscrit. Le récent rapport de l’Office français du tabagisme (OFT) dédié à celle que l’on appelle parfois l’e-cigarette rappelle qu’en Europe, trois pays, la Belgique, le Luxembourg et Malte empêchent son utilisation dans les lieux où il est interdit de fumer. Difficile de déterminer si les « vapoteurs » prennent ombrage de telles restrictions. Les études menées sur le sujet sont très contradictoires. L’enquête International Tobacco Control (ITC) menée auprès de 6 000 personnes dans plusieurs pays, évoquée par l’OFT assure ainsi que le motif d’utilisation de l’e-cigarette le plus fréquemment cité concerne la possibilité d’en jouir là où la cigarette est interdite (84 %). Mais au contraire, dans un sondage conduit par l’Office français du tabagisme auprès de 1 000 personnes dont 58 vapoteurs, ils n’étaient que trois à évoquer cette même raison.

Arguments à la volée en faveur de l’interdiction

Au-delà de la difficile détermination du poids du contournement de l’interdit pour expliquer le recours à l’e-cigarette, le rapport de l’OFT reconnaissait qu’une interdiction de vapoter dans les lieux publics soulevait différentes questions, notamment parce qu’il est difficile d’alléguer des enjeux de santé public prégnants.

En s’appuyant sur les exemples étrangers et sur ceux des compagnies aériennes où vapoter est impossible, le rapport observait néanmoins que de telles interdictions « clairement annoncées sont bien acceptées ». A l’égard des compagnies aériennes, il soulignait ainsi que « l’interdiction (…) n’est pas prise au nom de la santé et de la qualité de l’air, mais pour des raisons de sécurité et pour prévenir l’incitation à la violation de l’interdiction de fumer des cigarettes réelles, la simulation de l’acte de fumer pouvant être incitative et compliquer la tâche des agents de contrôle ». Ainsi, on le voit, les experts de l’OFT paraissent considérer l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics, au nom de son caractère incitatif, non seulement souhaitable mais faisable.

Cas d’école

Un sentiment qui est partagé par une courte majorité de professionnels de santé qui ont été 51 % à se déclarer favorables à l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics dans un sondage conduit notre site du 16 juin au 7 juillet auquel ont répondu 607 lecteurs. Sensibles à la notion d’exemplarité, les professionnels de santé semblent donc, à une courte majorité, se ranger derrière la position du ministre de la Santé et de nombreux experts, quand bien même le danger direct pour la santé publique est quasiment inexistant. Ces praticiens auront sans doute également observé que si la distinction entre e-cigarette et cigarette réelle pourrait être faite dans les lieux de convivialité, elle paraît plus difficile à admettre dans les écoles, les hôpitaux ou encore justement les avions ! Or, plutôt que d’opérer une différenciation entre des catégories de lieux publics, préfèrent-ils se prononcer pour une absence totale de vapotage.

         Sondage réalisé du 16 juin au 7 Juillet réalisé auprès de 607 professionnels de la santé :

        Seriez vous favorable pour l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics ?

  1.                   Oui   51 %
  2.                   Non  47 %
  3.                   NSP  2 %

L’interdiction de vapoter dans les lieux publics : contre productive !

Mais on le voit, les résultats sont très partagés et 47 % des professionnels de santé ne sont guère convaincus par une telle mesure. Outre un effet nul sur la lutte contre le tabagisme (qui est rappelons le seul véritable objectif !), ils sont sans doute réticents à conforter une disposition qui peut apparaître à certains égards « liberticide » en l’absence de dangers réels confirmés. Peut-être certains partagent-ils par ailleurs l’analyse proposée en filigrane par le professeur de santé publique de l’Université de Genève, Jean-François Etter qui a décidé de ne pas signer le rapport de l’OFT. Il suggère en effet que la diffusion de la cigarette électronique pourrait inciter d’autres fumeurs à tenter cette expérience… et à réduire ainsi leurs risques ! On compte également probablement parmi les opposants à une telle interdiction, des lecteurs attentifs et pragmatiques qui auront retenu les arguments du juriste Charles Haroche observant (exemple des poppers à l’appui) qu’il paraissait fort possible que le Conseil d’Etat n’entérine pas un texte réduisant les libertés sur le principal argument de vouloir rejeter le « mauvais exemple ». Enfin parmi les opposants à une interdiction de vapoter dans les lieux publics, se trouvent sans doute des observateurs qui au-delà de l’e-cigarette savent qu’il sera difficile dans l’avenir d’interdire tous les dispositifs simulant l’acte de fumer. Si l’on peut en effet subodorer une toxicité (même faible) des vapeurs de propylène glycol ou de glycérol, l’argument sera nul et non avenu le jour où seront disponibles des e-cigarette sans fumée. Le rapport de l’OFT le reconnaît lui-même qui note que l’arrivée de tels produits « posera le problème de leur interdiction ou de leur autorisation dans les locaux où l’on ne peut ni fumer, ni vapoter. Le produit deviendrait un inhalateur de nicotine débarrassé un peu plus de toute ressemblance avec la cigarette de tabac ».

Jim.fr 9/7/2013

L’Astme péri-mentruel , une forme clinique différente

 Rao C et coll. : Characteristics of Perimenstrual Asthma and Its Relation to Asthma Severity and Control Data From the Severe Asthma Research Program. CHEST, 2013;143: 984-992.

A l’âge adulte, l’asthme se rencontre un peu plus fréquemment chez les femmes et est parfois conditionné par les variations hormonales. L’asthme péri-menstruel ou l’aggravation des symptômes de l’asthme pendant les règles est ainsi signalé chez 30 % des femmes asthmatiques au cours d’études portant sur de faibles effectifs, mais cet asthme reste mal caractérisé.

Une étude a voulu identifier les facteurs cliniques et démographiques associés à l’asthme péri-menstruel (asthme PM) et évaluer sa sévérité. Un questionnaire de dépistage a été adressé à des femmes recrutées dans le cadre d’un programme de recherche sur l’asthme pour le National Heart, Lung, and Blood Institute. Sur les 756 femmes incluses, les très jeunes (moins de 12 ans, 47 sujets) et les plus âgés (plus de 50 ans, n=146) ont été exclues. Sur les 563 restantes, 80 (14 %) ne pouvaient pas préciser si leur asthme s’aggravait ou non pendant leurs règles. Finalement, 483 femmes asthmatiques ont participé à cette étude.

Selon l’auto-questionnaire, 92 (17 %) d’entre elles rapportent un asthme PM. Ce type d’asthme est associé à un indice de masse corporelle plus élevé, à un reflux gastro-œsophagien plus fréquent et au plan fonctionnel, à une capacité vitale forcée plus faible. Cinquante-deux pour cent du groupe asthme PM satisfont à la définition de l’asthme sévère contre 30 % dans le groupe asthme non-PM. Dans les analyses multivariées, l’intolérance à l’aspirine et une capacité vitale forcée inférieure aux valeurs prédites sont associées à l’asthme PM. Après correction des facteurs confondants éventuels et en fonction de la sévérité de l’asthme, l’asthme PM reste corrélé à un moins bon contrôle de la maladie, avec plus de symptômes d’asthme et de venues aux urgences.

Ces résultats suggèrent que l’asthme péri-menstruel constitue une forme d’asthme phénotypiquement différente, plus sévère et plus difficile à contrôler. D’autres études
devraient permettre d’améliorer notre compréhension de la physiopathologie particulière de cette forme clinique, en se concentrant sur le rôle des hormones et des prostanglandines.

L’Astme péri-mentruel , une forme clinique différente

 Rao C et coll. : Characteristics of Perimenstrual Asthma and Its Relation to Asthma Severity and Control Data From the Severe Asthma Research Program. CHEST, 2013;143: 984-992.

A l’âge adulte, l’asthme se rencontre un peu plus fréquemment chez les femmes et est parfois conditionné par les variations hormonales. L’asthme péri-menstruel ou l’aggravation des symptômes de l’asthme pendant les règles est ainsi signalé chez 30 % des femmes asthmatiques au cours d’études portant sur de faibles effectifs, mais cet asthme reste mal caractérisé.

Une étude a voulu identifier les facteurs cliniques et démographiques associés à l’asthme péri-menstruel (asthme PM) et évaluer sa sévérité. Un questionnaire de dépistage a été adressé à des femmes recrutées dans le cadre d’un programme de recherche sur l’asthme pour le National Heart, Lung, and Blood Institute. Sur les 756 femmes incluses, les très jeunes (moins de 12 ans, 47 sujets) et les plus âgés (plus de 50 ans, n=146) ont été exclues. Sur les 563 restantes, 80 (14 %) ne pouvaient pas préciser si leur asthme s’aggravait ou non pendant leurs règles. Finalement, 483 femmes asthmatiques ont participé à cette étude.

Selon l’auto-questionnaire, 92 (17 %) d’entre elles rapportent un asthme PM. Ce type d’asthme est associé à un indice de masse corporelle plus élevé, à un reflux gastro-œsophagien plus fréquent et au plan fonctionnel, à une capacité vitale forcée plus faible. Cinquante-deux pour cent du groupe asthme PM satisfont à la définition de l’asthme sévère contre 30 % dans le groupe asthme non-PM. Dans les analyses multivariées, l’intolérance à l’aspirine et une capacité vitale forcée inférieure aux valeurs prédites sont associées à l’asthme PM. Après correction des facteurs confondants éventuels et en fonction de la sévérité de l’asthme, l’asthme PM reste corrélé à un moins bon contrôle de la maladie, avec plus de symptômes d’asthme et de venues aux urgences.

Ces résultats suggèrent que l’asthme péri-menstruel constitue une forme d’asthme phénotypiquement différente, plus sévère et plus difficile à contrôler. D’autres études
devraient permettre d’améliorer notre compréhension de la physiopathologie particulière de cette forme clinique, en se concentrant sur le rôle des hormones et des prostanglandines.

L’Astme péri-mentruel , une forme clinique différente

 Rao C et coll. : Characteristics of Perimenstrual Asthma and Its Relation to Asthma Severity and Control Data From the Severe Asthma Research Program. CHEST, 2013;143: 984-992.

A l’âge adulte, l’asthme se rencontre un peu plus fréquemment chez les femmes et est parfois conditionné par les variations hormonales. L’asthme péri-menstruel ou l’aggravation des symptômes de l’asthme pendant les règles est ainsi signalé chez 30 % des femmes asthmatiques au cours d’études portant sur de faibles effectifs, mais cet asthme reste mal caractérisé.

Une étude a voulu identifier les facteurs cliniques et démographiques associés à l’asthme péri-menstruel (asthme PM) et évaluer sa sévérité. Un questionnaire de dépistage a été adressé à des femmes recrutées dans le cadre d’un programme de recherche sur l’asthme pour le National Heart, Lung, and Blood Institute. Sur les 756 femmes incluses, les très jeunes (moins de 12 ans, 47 sujets) et les plus âgés (plus de 50 ans, n=146) ont été exclues. Sur les 563 restantes, 80 (14 %) ne pouvaient pas préciser si leur asthme s’aggravait ou non pendant leurs règles. Finalement, 483 femmes asthmatiques ont participé à cette étude.

Selon l’auto-questionnaire, 92 (17 %) d’entre elles rapportent un asthme PM. Ce type d’asthme est associé à un indice de masse corporelle plus élevé, à un reflux gastro-œsophagien plus fréquent et au plan fonctionnel, à une capacité vitale forcée plus faible. Cinquante-deux pour cent du groupe asthme PM satisfont à la définition de l’asthme sévère contre 30 % dans le groupe asthme non-PM. Dans les analyses multivariées, l’intolérance à l’aspirine et une capacité vitale forcée inférieure aux valeurs prédites sont associées à l’asthme PM. Après correction des facteurs confondants éventuels et en fonction de la sévérité de l’asthme, l’asthme PM reste corrélé à un moins bon contrôle de la maladie, avec plus de symptômes d’asthme et de venues aux urgences.

Ces résultats suggèrent que l’asthme péri-menstruel constitue une forme d’asthme phénotypiquement différente, plus sévère et plus difficile à contrôler. D’autres études
devraient permettre d’améliorer notre compréhension de la physiopathologie particulière de cette forme clinique, en se concentrant sur le rôle des hormones et des prostanglandines.