SAOS : les raisons de la poussée hypertensive matinale

Le réveil est marqué par une activation du système sympathique qui n’est pas sans risque chez les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire. La poussée hypertensive du petit matin n’est ni plus ni moins que la simple différence entre la PA systolique des deux premières heures après le réveil et le niveau tensionnel le plus bas au cours de la journée qui suit. Le concept qui date d’une bonne dizaine d’années a suscité de nombreuses recherches qui ont permis de cerner le risque d’accident cardiovasculaire matinal notamment chez l’hypertendu.

Les mécanismes et les facteurs qui prédisposent au pic hypertensif matinal varient d’un contexte clinique à l’autre. Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est une entité à part, comme le suggèrent les résultats d’une petite étude transversale de type cas-témoins dans laquelle ont été inclus 103 patients chez lesquels ce diagnostic avait été récemment posé. Tous les participants ont bénéficié de diverses explorations dont un enregistrement polysomnographique nocturne et une mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) durant 24 heures. Trois groupes ont été constitués en fonction de certains résultats de cette dernière : (1) absence d’hypertension nocturne ou matinale (les témoins) ; (2) hypertension matinale mais non nocturne ; (3) hypertension à la fois nocturne et matinale.

Une poussée hypertensive matinale a été enregistrée chez 54 participants, soit une prévalence de 52 %, dont 16 dans le groupe 2 et 38 dans le groupe 3. C’est dans ce dernier que l’index d’apnées et d’hypopnées s’est avéré le plus élevé, alors que l’efficacité du sommeil, pour sa part, définie à partir de l’EPS, s’est avérée la plus médiocre. La durée de la phase EEG caractérisée par des ondes alpha lentes a été particulièrement brève, certes, chez ces mauvais dormeurs, mais aussi chez les participants inclus dans le groupe 2.

Cette petite étude purement descriptive montre que la prévalence de la poussée hypertensive matinale est élevée au cours du SAOS, puisqu’elle dépasse 50 %. La qualité du sommeil semble jouer un rôle déterminant dans ce phénomène qui concerne les patients atteints d’une hypertension permanente, mais aussi chez ceux qui ne présentent qu’un pic hypertensif matinal. Des données qui méritent certainement d’être intégrées dans l’évaluation du risque cardiovasculaire élevé associé au SAOS, a fortiori quand les facteurs correspondants incluent une HTA. Sur le plan thérapeutique, l’amélioration de la qualité du sommeil est un objectif majeur qui peut reposer sur la ventilation en pression positive continue dans les formes modérées ou sévères du syndrome.

Source :  Sasaki N et coll. : The Relationship between Morning Hypertension and Sleep Quality in Patients with Obstructive Sleep Apnea Syndrome. Clin Exp Hypertens. 2013. Publication avancée en ligne le 26 mars 2013.

Jim.fr , Dr Philippe Tellier

La fréquentation des piscines avant un an favorise-elle les maladies respiratoires?

Les piscines comportent un risque pour la santé en raison des infections potentielles transmises par l’eau et des irritations des voies respiratoires par les produits chlorés. Chez l’enfant, des études ont montré une augmentation du risque de maladies respiratoires mais les bénéfices tirés de l’activité physique l’emportent sur les risques potentiels. Pour les nourrissons, les bénéfices pour la santé des bébés nageurs sont moins clairs ; les enfants ne pouvant nager avant 4 ans. Les risques infectieux encourus, en particulier otites, infections respiratoires et diarrhées ont été évalués en Allemagne, en Norvège et aux USA avec des résultats variables. Le risque de wheezing chez les enfants de mères atopiques paraît augmenté.

Une étude prospective réalisée en Espagne dans 4 régions différentes apporte de nouveaux éléments de réponse. Les enfants, recrutés pendant la gestation devaient être nés à terme, d’une grossesse unique. Un total de 2 205 nourrissons représentatifs de la population générale a fait l’objet de l’enquête en moyenne au 14ème mois. Les questionnaires pour les parents ont comporté la fréquentation de piscines couvertes ou extérieures, le temps passé, tous les épisodes respiratoires, les otites, l’eczéma, et tous les paramètres qui pouvaient interférer (statut socio-économique, poids de naissance, tabagisme, allaitement maternel, antécédents allergiques et autres).

Parmi les 2 205 nourrissons, 37 % avaient eu des infections respiratoires basses diagnostiquées par un médecin, 37 % un sifflement expiratoire, 16 % une toux durable, 22 % un eczéma et 33 % une otite.

En tout, 50,2 % des nourrissons avaient fréquenté des piscines, 17 % couvertes, 39 % extérieures et 7,5 % les deux (1,5 % données manquantes). Les fréquentations médianes des piscines extérieures et intérieures était respectivement de 5 jours par mois, durant 20 minutes l’été (durée cumulée 7,5 heures/an) et de 4 jours/mois pendant 30 minutes (18 heures/an) sur l’ensemble de l’année. En médiane, la durée de fréquentation pendant la 1ère année était de 12 heures (différence interquartile : 3,5-30).

La fréquentation des piscines variait selon le climat des régions, la saison de naissance et les caractéristiques sociodémographiques, mais n’était pas associée à une augmentation des pneumopathies, sifflements expiratoires, toux persistante, eczéma et otites pendant la première année. En comparaison des enfants ne fréquentant pas la piscine, les risque relatifs de sifflement et de pneumopathies n’étaient pas différents (respectivement odds ratio [OR] = 1,06 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,88 à 1,28 et OR = 1,09 ; IC95 de 0,90 à 1,31). La stratification par type de piscine, durée cumulée et atopie parentale ne modifiait pas ces résultats.

En conclusion, environ 20 % des nourrissons espagnols fréquentent les piscines couvertes et 40 % des piscines extérieures. Aucune association avec les pathologies respiratoires ou allergiques n’a été mise en évidence.

Source :                                                                                                                                                                                                                                                                                           Font-Ribera L et coll.: Swimming pool attendance, respiratory symptoms and infections in the first year of life. Eur J Pediatr 2013 ; 172 : 977-85.                                                                             Jim.fr – Pr JJ Baudon

Pneumonie, Corticoïdes inhalés, Pleurésie

Influence de la prise antérieure des corticoïdes inhalés (CI) sur la survenue d’une pleurésie en cas de pneumonie communautaire

Sellares J. et al. Am J Respir Crit Care Med           2013    187      11        1241    1248

http://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1164/rccm.201209-1732OC

 

Une étude de cohorte monocentrique de 3 612 patients consécutifs diagnostiqués avec une pneumonie communautaire a été conduite pour évaluer l’influence de la prise antérieure de CI sur l’incidence de l’apparition d’un épanchement parapneumonique chez les patients avec différentes atteintes respiratoires initiales.

Un total de 633 patients (17%) a été traité par corticoïdes avant le diagnostic de pneumonie (BPCO: 54% – Asthme: 13%). L’incidence de l’épanchement parapneumonique a été moindre chez les patients ayant pris des CI par rapport à ceux n’en ayant jamais pris (5% vs 12%; P<0.001). Après appariement selon les scores de propensité (n=640) un traitement antérieur par CI a été encore significativement associé à une moindre incidence d'épanchement parapneumonique (OR: 0.40) par rapport aux patients sans traitement par CI. Un traitement par CI a été associé à des taux plus élevés de glucose (P=0.003) et pH (P= 0.02) et de moindres taux de protéine (P=0.01) et de LDH (P=0.007) dans le liquide pleural.

Il est conclu que la prise antérieure de CI par une population de patients souffrant de désordres respiratoires chroniques qui développent une pneumonie est associée à une moindre incidence de pleurésie parapneumonique.

 

(Commentaire: pour une fois qu’on ne trouve pas de complications avec la prise de CI)

 

C. Krespine

Fin de vie et broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) : blocages et incertitudes

La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) [1], est une maladie pulmonaire évolutive, par conséquent « inguérissable ». Ponctuée d’exacerbations aiguës, elle aboutit à l’obstruction des voies respiratoires causée par l’inflammation chronique. En 2020, elle sera la 3e cause de décès dans le monde (selon les experts).

Un article britannique examine l’évitement d’échanges portant sur la fin de vie, et tente d’explorer des pistes de déblocage de la parole. Bien que la politique de santé au Royaume-Uni recommande depuis 2004 des discussions ouvertes entre les patients porteurs d’une BPCO et les professionnels de santé (dans l’article : approche de la fin de vie (End Of Live (EOL) Approach), qu’en est-il dans la réalité ?

Une grande partie des connaissances sur le “stade terminal” est basée sur les besoins des patients atteints de cancer [2] On est en droit de se poser la question de leur concrétisation dans le cas d’une BPCO à l’évolution imprévisible. En effet, les patients meurent plutôt avecune BPCO : complications respiratoires (35%), maladies cardiovasculaires (26%), cancer (21%) ou autres (18%). Le pronostic de cette maladie étant particulièrement incertain [3], penser la mort est-il possible ?

Une revue systématique est réalisée à partir d’articles (N =30) publiés dans des revues scientifiques, rédigés en anglais, concernant les soins de fin de vie (en anglais : End Of Live Care (EOLC)) dans la BPCO. S’ensuit alors manuellement le recueil chronologique des récits (synthèse narrative, avec ses manques scientifiques) : prévalence des conversations, contenus, éléments facilitateurs et faits bloquants. La littérature est relativement récente, seuls trois documents ont été publiés avant 2000.

  • La plupart des patients, alors qu’ils le souhaitent, n’ont pas de discussions concernant ces soins « terminaux » avec les professionnels qu’ils côtoient (progression de la maladie, soins futurs en fin de vie, soins palliatifs potentiels) ; une minorité des patients déclarent souhaiter temporiser, jusqu’à un stade plus avancé.
  • Les soignants rappellent la difficulté des conversations et attendent qu’elles débutent à l’initiative des patients. Ils disent « respecter » le sujet malade. En définitive les soignants ne sont que rarement en mesure de prédire les préférences des individus.

En définitive chaque partie attend de l’autre qu’elle entame une amorce d’interactivité…. Les auteurs proposent alors des pistes pour débloquer la situation. Car prendre en considération l’approche de la mort, c’est aussi mettre en place des soins palliatifs de qualité, prenant en compte les patients et leurs familles (mourants et endeuillés).

Les moments pour la discussion

  • la grande majorité des personnes ont consulté leur médecin généraliste dans le mois précédant l’hospitalisation pour exacerbation. Les patients voient souvent la BPCO non pas comme une maladie, mais comme un « mode de vie ». Leurs attitudes envers la mort sont celles d’une population normale âgée. Cependant les préférences des malades varient considérablement. Certains veulent toutes les informations possibles, d’autres préfèrent se concentrer sur la gestion de leur maladie et de ses symptômes, ou bien encore éviter les conversations potentiellement pénibles. Ces derniers souhaitent pouvoir aborder la mort plus tard (au stade avancé, alors qu’ils risqueraient de ne plus être en mesure de parler…).
  • Les soignants croient sincèrement que les patients veulent connaître leur pronostic. Ils ont conscience que les discussions génèrent de l’anxiété. Ils sont en définitive souvent mal à l’aise. Une infime minorité de généralistes aborde le sujet de la fin de vie au tout début de la maladie. Dans l’expectative, les soignants veulent donner au patient le temps de s’habituer…

Les faits bloquants

L’obstacle majeur étant le pronostic incertain de la BPCO, les informations sur le risque d’évolution future de la maladie est ardu. Les soignants désirent cependant assumer la responsabilité de ces échanges, se sentant les plus à même de fournir des explications.

Donner et prendre du temps…

Ainsi, les discussions sont susceptibles d’être didactiques :

  • déclin fonctionnel commun à toutes les BPCO ;
  • exacerbations mortelles ;
  • complications cardiovasculaires ;
  • autres causes de décès ;
  • la mort accompagnée elle-même.

Il est préconisé de prendre le temps nécessaire pour les consultations, mais aussi pour les formations des professionnels, vu la difficulté du défi : “Je vous encourage à espérer et attendre le meilleur, mais il est également judicieux de se préparer au pire”. L’espoir, conçu comme temps de qualitéjusqu’à la mort. ( Hélène Fagherazzi-Pagel )

Source :                                                                                                                                                                                                                                                                                       Momen N, Hadfield P, Kuhn I, Smith E, Barclay S. (2012), Discussing an uncertain future : end-of-life care conversations in chronic obstructive pulmonary disease. A systematic literature review and narrative synthesis. Thorax. 67(9):777-80.

 

Pollution aérienne, Mortalité

Association de la mortalité avec l’exposition à long terme à la pollution aérienne extérieure d’une cohorte nationale anglaise.

Carey I.M. et al. Am J Respir Crit Care Med           2013    187      11        1226    1233

            La relation entre exposition à long terme à une série de polluants avec les causes de mort a été recherchée chez 835 607 personnes âgées de 40-89 ans, enregistrées chez 205 médecins généralistes et suivis de 2003 à 2007.

            Les concentrations résidentielles de tous les polluants excepté l’ozone ont été associées positivement à la mortalité toutes causes (HR: 1.02 – 1.03 et 1.04 pour respectivement les PM2.5, le NO2 et le SO2). Les associations des PM2.5, du NO2 et SO2 ont été plus étroites avec les décès respiratoires (HR:1.09 chacun) et avec les cancers bronchopulmonaires (respectivement HR: 1.02 – 1.06- 1.05), mais de façon encore plus étroite avec les morts de cause cardiovasculaire (1.00 – 1.00 et 1.04).

            Il est conclu que ces résultats renforcent les preuves reliant la pollution aérienne ambiante à long terme à une augmentation de la mortalité toutes causes. Cependant, les associations les plus fortes retrouvées avec la mortalité respiratoire divergent avec la plupart des études américaines chez qui les associations avec les causes de mort cardiovasculaire tendent à prédominer.

(Commentaire:

C. Krespine

En 2014, la grippe par les yeux ?

Belser JA et coll. : Pathogenesis, transmissibility, and ocular tropism of a highly pathogenic avian influenza A (H7N3) virus associated with human conjunctivitis. J Virol., Mars 2013

 

L’épidémie de grippe se termine doucement mais sûrement. On en a parlé dans tous les media, et le Réseau Sentinelles-Inserm le confirme : avec plus de 3,5 millions de personnes atteintes, la saison 2012-2013 serait la plus longue jamais enregistrée. La plus longue mais pas la plus grave (sur le plan épidémiologique), puisque celle de 1989-1990 avait concerné plus de 4,6 millions de personnes en onze semaines. Exit la grippe, et préparons nous aux épidémies de printemps…

Fin d’épisode, donc, mais qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Il serait bien présomptueux et très illusoire de se lancer dans la moindre prévision, tant les spécialistes de la question nous ont dit et répété que rien n’était plus imprévisible qu’un virus influenza. L’attention, pourtant, s’est focalisée à plusieurs reprises ces derniers mois sur le sous type H7. Des virus qui ont été responsables de nombreuses épidémies aviaires en Europe et en Amérique, et qui ont atteint des hommes des dizaines de fois, sinon plus. Certains seraient particulièrement délétères, comme le H7N3 de Mexico, passé chez l’homme à plusieurs reprises et expérimentalement transmissible au furet, modèle de référence en la matière ; un variant particulier s’est montré capable de se répliquer à titre élevé dans les cellules bronchiques épithéliales humaines.

L’étude d’une lignée de sous type américaine H7, récemment isolée et associée à des conjonctivites humaines, a montré que ce virus pouvait déclencher des infections murines sévères et se propager activement chez le furet, et donc sans doute chez l’homme. En se répliquant activement dans l’œil, le virus pourrait en faire une porte d’entrée inhabituelle…

Il est trop tôt pour savoir ce qu’il adviendra des H7 et, pour le moment, les institutionnels qui préparent la riposte ne semblent pas en imaginer d’épidémie humaine. Le bulletin hebdomadaire Eurosurveillance vient de publier les nouvelles recommandations de l’OMS pour la composition du vaccin anti grippal 2013- 2014 de l’hémisphère nord. Le vaccin trivalent devrait contenir les souches A/California/7/2009 H1N1, A(H3N2) (recommandé : A/Texas/50/2012) et B/Massachussetts/2/2012 (lignée Yamagata). Du classique, donc, en espérant que le virus influenza se comportera bien comme l’imaginent les épidémiologistes.

 

En 2014, la grippe par les yeux ?

Belser JA et coll. : Pathogenesis, transmissibility, and ocular tropism of a highly pathogenic avian influenza A (H7N3) virus associated with human conjunctivitis. J Virol., Mars 2013

 

L’épidémie de grippe se termine doucement mais sûrement. On en a parlé dans tous les media, et le Réseau Sentinelles-Inserm le confirme : avec plus de 3,5 millions de personnes atteintes, la saison 2012-2013 serait la plus longue jamais enregistrée. La plus longue mais pas la plus grave (sur le plan épidémiologique), puisque celle de 1989-1990 avait concerné plus de 4,6 millions de personnes en onze semaines. Exit la grippe, et préparons nous aux épidémies de printemps…

Fin d’épisode, donc, mais qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Il serait bien présomptueux et très illusoire de se lancer dans la moindre prévision, tant les spécialistes de la question nous ont dit et répété que rien n’était plus imprévisible qu’un virus influenza. L’attention, pourtant, s’est focalisée à plusieurs reprises ces derniers mois sur le sous type H7. Des virus qui ont été responsables de nombreuses épidémies aviaires en Europe et en Amérique, et qui ont atteint des hommes des dizaines de fois, sinon plus. Certains seraient particulièrement délétères, comme le H7N3 de Mexico, passé chez l’homme à plusieurs reprises et expérimentalement transmissible au furet, modèle de référence en la matière ; un variant particulier s’est montré capable de se répliquer à titre élevé dans les cellules bronchiques épithéliales humaines.

L’étude d’une lignée de sous type américaine H7, récemment isolée et associée à des conjonctivites humaines, a montré que ce virus pouvait déclencher des infections murines sévères et se propager activement chez le furet, et donc sans doute chez l’homme. En se répliquant activement dans l’œil, le virus pourrait en faire une porte d’entrée inhabituelle…

Il est trop tôt pour savoir ce qu’il adviendra des H7 et, pour le moment, les institutionnels qui préparent la riposte ne semblent pas en imaginer d’épidémie humaine. Le bulletin hebdomadaire Eurosurveillance vient de publier les nouvelles recommandations de l’OMS pour la composition du vaccin anti grippal 2013- 2014 de l’hémisphère nord. Le vaccin trivalent devrait contenir les souches A/California/7/2009 H1N1, A(H3N2) (recommandé : A/Texas/50/2012) et B/Massachussetts/2/2012 (lignée Yamagata). Du classique, donc, en espérant que le virus influenza se comportera bien comme l’imaginent les épidémiologistes.

 

Un dépistage par scanner faiblement dosé pourrait réduire la mortalité liée au cancer du poumon

The National Lung Screening Trial Research Team : Results of Initial Low-Dose Computed Tomographic Screening for Lung Cancer. N Engl J Med., 368; 21 : 1980-1991.

Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer au monde. L’essai américain sur le dépistage du cancer bronchique, le National Screening Trial (NLST), a montré une réduction de la mortalité dans le groupe exploré par scanner thoracique faiblement dosé. Une publication revient avec plus de détails sur la gestion de résultats positifs du dépistage initial dans cette étude.                                                                                                                                                                                                                                                  Les participantsont été recrutés à partir d’août 2002 et jusqu’en avril 2004, dans 33 centres américains. Les sujets devaient être totalement asymptomatiques, âgés de 55 à 74 ans, mais avec comme facteur de risque un tabagisme cumulatif d’au moins 30 paquets-années.Ils ont ensuite été répartis au hasard pour bénéficier d’un dépistage annuel par scanner thoracique faiblement dosé ou par radiographie thoracique standard, pendant 3 ans. Les nodules ou toute autre constatation suspecte ont été classés comme des résultats positifs.                                                                                                                                                                                                                                                                               Un total de 53 439 participants admissibles ont été ainsi inclus : soit 26 715 dans le groupe scanner et 26 724 dans le groupe radiographie. Les auteurs ont ainsi décelé des anomalies chez 7 191 sujets (27,3 %) du groupe scanner et 2 387 (9,2 %) du groupe radiographie. Parmi ces patients, plus de 90 % bénéficient d’un suivi. Les suites de la démarche diagnostique consistent en une imagerie de contrôle (80 % des sujets étudiés) et/ou en une procédure chirurgicale (5 % des patients).Un cancer du poumon est finalement diagnostiqué chez 292 participants (1,1 %) dans le groupe scanner et 190 (0,7 %) dans le groupe radiographie. La tumeur est détectée à un stade 1 dans 158 cas dans le groupe scanner par rapport à 70 dans le groupe radiographie et à un stade IIB à IV chez 120 sujets dans le groupe scanner conte 112 dans le groupe radiographie. La sensibilité et la spécificité sont de 93,8 % et 73,4 % pour la tomodensitométrie à faible dose et 73,5 % et 91,3 % pour la radiographie thoracique standard, respectivement.                                         Les résultats de dépistage initiaux de cette grande étude montrent, comme on pouvait le prévoir, que davantage d’anomalies sont détectées par scanner par rapport à une radiographie standard. Plus important, plus de cancers à un stade précoce sont décelés grâce à la tomodensitométrie alors que les cancers à un stade IIB à IV sont retrouvés en nombre équivalent dans chaque groupe. Ces dernières données suggèrent que, pour une population ciblée, une réduction de la mortalité par cancer du poumon est réalisable dans le cadre d’un programme de dépistage par scanner à faibles doses.

Source Jim.fr , commenté par le Dr Béatrice Jourdain

Cigarettes électroniques: sans preuve d’innocuité, l’OMS dit non !

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 9 juillet dernier un communiqué conseillant « fortement » de ne pas utiliser les cigarettes électroniques, du fait d’une innocuité non prouvée.

En cela, l’organisme international va à l’encontre du rapport Dautzenberg rendu public le 28 mai dernier, qui visait à faciliter l’accès de la e-cigarette aux fumeurs dans le cadre d’un sevrage tout en encadrant son développement et sa commercialisation, aboutissant en particulier à l’interdiction de la vente aux mineurs.

L’OMS considère au contraire que l’éventuelle efficacité de la cigarette électronique pour arrêter de fumer n’a pas été démontrée par des études scientifiques.

Plus encore, la sécurité de ces dispositifs n’est pas établie : les risques sur la santé restent indéterminés, affirme l’OMS. Les problèmes concernent les doses de nicotine, qui sont variables d’un produit à l’autre, et ne sont pas fiables. Elles doivent normalement s’échelonner entre 6 et 24mg par cartouche, mais peuvent parfois atteindre 100 mg, affirme l’OMS, risquant d’entrainer une addiction voire des troubles chez des personnes sensibles (enfants, femmes enceintes, insuffisants cardiaques, personnes âgées…).

En outre les cigarettes électroniques contiennent d’autres produits qui peuvent être nocifs : c’est le cas en particulier du propylène glycol, connu pour être un agent irritant. Et l’ensemble des produits chimiques contenus ne sont pas toujours communiqués et leur sécurité n’est pas démontrée.

L’OMS conclut que « tant que les systèmes électroniques délivrant de la nicotine ne sont pas considérés comme sans danger, efficaces et de qualité par un organe compétent de régulation national, il est fortement conseillé aux consommateurs de ne pas utiliser ces produits, y compris les cigarettes électroniques ».

BPCO, Exacerbation, Corticoïdes, Durée

Corticothérapie à court terme vs à terme classique contre les exacerbations aigües de BPCO: l’essai clinique randomisé REDUCE.

Leuppi J.D. et al JAMA         2013    309      21        2223-2231

http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1688035

            Pour rechercher si un traitement court de 5 jours de glucocorticoïdes systémique n’est pas inférieur à la durée habituelle du traitement corticoïdes (14 jours) contre les exacerbations aigües de BPCO , un traitement de 40mg/j de Prednisolone pendant 5 jours ou pendant 14 jours en double aveugle contre placebo a été prescrit chez 314 patients ayant consulté aux urgences pour exacerbations aigües de BPCO.

            Sur les 314 patients randomisés, 289 (92%) ont été hospitalisés, 311 ont été analysés en intention de traiter et 296 analysés per protocole. Le HR pour le groupe traitement court vs conventionnel a été de 0.95 dans l’analyse en intention de traiter et 0.93 dans l’analyse per protocole, répondant aux critères de non infériorité des auteurs.

            Dans le groupe traitement court, 56 patients (35.9%) ont atteint le point final initial et 57 (36.8%) dans le groupe traitement conventionnel. L’estimation du nombre de nouvelles exacerbations dans les 180 jours a été de 37.2% dans le groupe traitement court et 38.4% dans le groupe durée habituelle avec une différence de 1.2% entre les 2 groupes. Parmi les patients avec nouvelle exacerbation, le temps moyen de la rechute a été de 43.5 jours dans le groupe traitement de courte durée et 29 jours dans le groupe durée habituelle. Il n’y a pas eu de différence entre les 2 groupes sur le moment du décès, le point final combiné de l’exacerbation, la mort ou les 2 et la récupération de la fonction pulmonaire. Dans le groupe durée habituelle, la dose moyenne cumulée de Prednisolone a été significativement plus élevée (793mg vs 379mg) mais les effets secondaires associés aux traitements incluant hyperglycémie et HTA ne sont pas survenues plus fréquemment.

            Au total, chez les patients se présentant aux urgences pour exacerbations aigües de BPCO, 5 jours de traitement par corticoïdes systémiques n’a pas été inférieur à 14 jours de traitement sur le plan des rechutes d’exacerbations dans les 6 mois de suivi mais a réduit significativement la prise de corticoïdes. Ces résultats confirment l’intérêt de la prise de glucocorticoïdes pendant 5 jours en traitement contre les exacerbations aigües de BPCO.

 

(Commentaire:

C. Krespine