Plus de vitamine D, moins de pneumonies

Les publications sur la vitamine D se succèdent et s’additionnent, soulignant avec de plus en plus de force les propriétés anti-infectieuses de la molécule, ou plutôt son rôle central dans le fonctionnement du système immunitaire. Signalons pour l’exemple et parmi d’autres, le travail de HB N’Guyen et coll., dans PlosOne du mois dernier, concluant que des taux bas de 1,25 (OH)D2 étaient statistiquement associés avec une plus forte mortalité à J 30 des patients développant un sepsis, et suggérant même que la forme active 1,25 (OH) D2 de la vitamine pourrait être une cible thérapeutique majeure du traitement de ces sepsis…

S’appuyant sur ces travaux récents, A Aregbesola de l’University of Public Health and Clinical Nutrition, Finlande, ont cherché à corréler les risques de contracter une pneumonie pour les seniors (53-73 ans) avec leurs statuts sérologiques pour la 25(OH)D3. Pour ce faire, ils ont rétrospectivement recruté 723 hommes et 698 femmes indemnes de toute pathologie pulmonaire en 1998-2001 et les ont suivis sur une période de plusieurs années, étudiant de près toute hospitalisation pour pneumonie et relevant à chaque fois leurs taux de 25 (OH)D3. Il est apparu, dans ces conditions, que 73 enrôlés avaient développé au moins une pneumonie sur 10 ans et, après ajustement multivariables, que ceux qui avaient les taux les plus bas de 25(OH)D3 avaient aussi les plus forts risques de développer l’infection. Des résultats qui résistaient à toute critique statistique (intervalle de confiance à 95 % 1,4 à 5,0) et permettaient aux auteurs de conclure qu’il existe effectivement, chez les seniors dans la population générale, une relation inverse entre concentration sérique de 25(OH)D3 et fréquence des pneumonies …

On pourrait avoir l’impression que cette étude n’a rien apporté de nouveau, tant les travaux qui ont évoqué les « risques » infectieux d’un déficit en vitamine D sont nombreux. Ce n’est effectivement pas là qu’il faut chercher l’innovation, mais plutôt dans le fait que les auteurs finlandais sont bien les premiers à établir clairement un risque communautaire infectieux du déficit vitaminique. Ils soulignent, bien évidemment, que de nouvelles études doivent être menées pour déterminer définitivement si (et surtout où) la carence en vitamine D représente un véritable problème de santé publique, à traiter en tant que tel. Quant à nous, nous rappellerons modestement aux plus sceptiques qu’il n’y a pas eu beaucoup de soleil sur la France ces derniers mois…

 Dr Jacques Breuil (Univardis)

Asthme – Sévérité – M. Pneumoniae

Mycoplasma Pneumoniae chez l’enfant souffrant d’asthme aiguë réfractaire.

Wood P.R. et al          Ann Allergy Asthma Immunol 2013 ; 110 ; 5 : 328-334

http://www.annallergy.org/article/S1081-1206(13)00055-0/abstract

            Pour identifier la fréquence et la persistance de M. Pneumoniae dans les sécrétions respiratoires des enfants avec ou sans asthme, et pour évaluer la réponse anticorps contre M. Pneumoniae ainsi que l’impact de M. Pneumoniae sur les marqueurs biologiques, le contrôle de l’asthme et la qualité de vie, il a été inclus 143 patients de 5 à 17 ans dont 53 souffrant de crise d’asthme, 26 souffrant d’asthme réfractaire et 64 témoins en bonne santé sur une période de 20 mois avec 2 à 5 visites de surveillance.

            M. Pneumoniae a été détecté chez 64% des enfants souffrant de crise d’asthme, chez 65% des enfants souffrant d’asthme réfractaire et 56% des témoins. Les enfants asthmatiques avaient des taux moindres d’AC anti M. Pneumoniae par rapport aux témoins. Le pH du condensat d’air expiré, le contrôle de l’asthme et les scores de qualité de vie étaient moindres chez les asthmatiques porteurs de M. Pneumoniae.

            Au total, ces résultats suggèrent que la détection de M. Pneumoniae est courante chez l’enfant. Elle est associée à une aggravation de l’asthme, et l’enfant asthmatique pourrait avoir de faibles réponses immunes contre M. Pneumoniae.

(Commentaire :

C. Krespine

Asthme – Sévérité – M. Pneumoniae

Mycoplasma Pneumoniae chez l’enfant souffrant d’asthme aiguë réfractaire.

Wood P.R. et al          Ann Allergy Asthma Immunol 2013 ; 110 ; 5 : 328-334

http://www.annallergy.org/article/S1081-1206(13)00055-0/abstract

            Pour identifier la fréquence et la persistance de M. Pneumoniae dans les sécrétions respiratoires des enfants avec ou sans asthme, et pour évaluer la réponse anticorps contre M. Pneumoniae ainsi que l’impact de M. Pneumoniae sur les marqueurs biologiques, le contrôle de l’asthme et la qualité de vie, il a été inclus 143 patients de 5 à 17 ans dont 53 souffrant de crise d’asthme, 26 souffrant d’asthme réfractaire et 64 témoins en bonne santé sur une période de 20 mois avec 2 à 5 visites de surveillance.

            M. Pneumoniae a été détecté chez 64% des enfants souffrant de crise d’asthme, chez 65% des enfants souffrant d’asthme réfractaire et 56% des témoins. Les enfants asthmatiques avaient des taux moindres d’AC anti M. Pneumoniae par rapport aux témoins. Le pH du condensat d’air expiré, le contrôle de l’asthme et les scores de qualité de vie étaient moindres chez les asthmatiques porteurs de M. Pneumoniae.

            Au total, ces résultats suggèrent que la détection de M. Pneumoniae est courante chez l’enfant. Elle est associée à une aggravation de l’asthme, et l’enfant asthmatique pourrait avoir de faibles réponses immunes contre M. Pneumoniae.

(Commentaire :

C. Krespine

Asthme – sujet âgé – FeNO

Asthme chez le sujet âgé : Rôle des mesures du NO expiré.

Columbo M. et al. Respir Med 2013 ; 107 ; 5 : 785-787

http://www.resmedjournal.com/article/S0954-6111(13)00044-9/abstract

            Le rôle des mesures successives de la fraction expirée du eNO (FeNO) chez les sujets âgés asthmatiques a été étudié chez 30 asthmatiques stables de 65 ans ou plus sur un an avec une mesure initialement et tous les 3 mois.

            Le FeNO n’a pas été élevé durant toute la durée de l’étude (moyenne <30ppb). Il a augmenté significativement et le VEMS a diminué entre la 1ère et dernière visite, tandis que les scores du test sur le contrôle de l’asthme (ACT) et la dose de corticoïdes ne se sont pas modifiés. Á aucun moment il n’a été trouvé de corrélation significative entre le FeNO et le rapport VEMS/CVF, les autres valeurs spirométriques, la dose de corticoïdes inhalés ou les scores de l’ACT. Aucune association n’a été trouvé entre le FeNO et l’âge, l’IMC, l’atopie, la durée de la maladie, la présence de rhinite, de RGO ou la prise d’autres traitements. Les exacerbations modérées d’asthme n’ont pas entrainé d’augmentation du FeNO de façon significative.

            Il est conclu que chez les asthmatiques âgés stables, le FeNO n’a pas été élevé et n’a pas été corrélé avec les caractéristiques démographiques des sujets, les comorbidités, le traitement, les symptômes ou les valeurs démographiques. Des mesures du FeNO de façon routinière pourraient ne pas être valables chez les asthmatiques âgés.

(Commentaires :

C. Krespine

Tuberculose – CBP – Mortalité

La tuberculose est associée à une augmentation de la mortalité par cancer bronchopulmonaire (CBP).

Leung C.C et al Int J Tuberc Lung Dis 2013 ; 17 ; 5 ; 687-692.

http://www.ingentaconnect.com/content/iuatld/ijtld/2013/00000017/00000005/art00022

            L’association tuberculose et CBP a été examinée chez 61 239 sujets inclus dans un programme de santé des personnes âgées de 2000 à 2009 dont 516 avaient eu une tuberculose avant leur inclusion.

            Après 490 258 personnes/an de suivi, 1 344, 910 et 2003 décès étaient respectivement dus à un CBP, d’autres atteintes malignes en rapport avec le tabagisme et d’autres atteintes malignes sans rapport avec le tabac. La tuberculose avant l’inclusion dans l’étude a été associée aux décès dus aux CBP (RR : 2.61) mais non à d’autres atteintes malignes après stratification selon le sexe. La tuberculose est restée un prédicteur indépendant de mort par CBP (HR ajustée 2.10) après ajustement sur les multiples facteurs de confusion potentiels.

            Il est conclu que la tuberculose a été associée de façon indépendante à une mortalité ultérieure par CBP. Les résultats appellent à une intensification du contrôle du tabagisme et à un meilleur ciblage du CBP dans les zones à haute endémie tuberculeuse.

(Commentaire : comment ferait-on sans les maths…)

C. Krespine

Asthme, Poids, Pollution, Sensibilité

Être en surpoids augmente la susceptibilité à la pollution intérieure des enfants asthmatiques en ville.

Lu K.D. et al. J Allergy Clin Immunol; 2013; 131; 4: 1017-1023e3

http://www.jacionline.org/article/S0091-6749(13)00006-7/abstract

            L’effet du poids sur la relation entre pollution intérieure et contrôle de l’asthme a été examiné chez 148 enfants (5-17 ans) souffrant d’asthme persistant suivis pendant un an.

            Les participants étaient afro-américains de façon dominante (91%) et avaient une assurance de santé publique (85%). 4% étaient en insuffisance pondérale, 52% avaient un poids normal, 16% étaient en surpoids et 28% obèses. Les participants en surpoids ou obèses présentaient plus de symptômes associés à l’exposition aux PM2.5 que les participants à poids normal bien que cela ne soit pas constaté sur tous les types de symptômes d’asthme. Le poids n’a pas affecté la relation entre exposition aux PM entre 2.5 et 10µm et les symptômes d’asthme. La relation entre exposition aux polluants intérieurs et utilisation de soins de santé, fonction pulmonaire ou inflammation pulmonaire n’a pas différé avec le poids.

            En conclusion, être en surpoids ou obèse peut augmenter la sensibilité aux PM2.5 et NO2 domestiques chez les enfants asthmatiques vivant en ville. Des interventions ciblant la perte pondérale pourraient réduire les réponses symptomatiques d’asthme aux PM2.5 et NO2 et des interventions visant à réduire les taux de pollution intérieure pourraient être particulièrement bénéfiques chez les enfants en surpoids.

 

(Commentaire: plus tu es gros plus les soucis sont pèsent lourds)

C. Krespine