Tuberculose, Tabagisme, Cultures, Positivité

Tabagisme et négativation des cultures après 2 mois de traitement antituberculose.

Maciel E.L. et al. Int J Tuberc Lung Dis; 2013; 17; 2: 225-228.

http://www.ingentaconnect.com/content/iuatld/ijtld/2013/00000017/00000002/art00016

            Pour étudier les facteurs de risque du retard de négativation des cultures d’expectorations sous traitement antituberculose avec ciblage sur l’existence d’un tabagisme associé, une étude cas-témoin nichée a analysé 53 cas d’adultes souffrant de tuberculose non cavitaire confirmée par cultures et 240 contrôles.

            Les fumeurs présentaient 3 fois plus de risque d’avoir des cultures positives après 2 mois de traitement que les non-fumeurs, tandis que fumeurs et ex-fumeurs de plus de 20 cigarettes/jour avaient 2 fois plus de risque d’avoir des cultures positives après 2 mois de traitement.

            Au total, le tabagisme à la cigarette affecte de façon adverse la négativation des cultures au cours du traitement antituberculeux. Un soutien au sevrage tabagique doit être envisagé pour améliorer les résultats des programmes de contrôle de la tuberculose.

(Commentaire: il ne faudrait pas attendre qu’ils aient la tuberculose pour les convaincre, si faire se peut, d’arrêter de fumer)

C. Krespine.

BPCO, Exacerbation, Antibiothérapie

Association entre traitement antibiotique et résultats chez les patients hospitalisés pour exacerbation aiguë de BPCO traités par corticoïdes systémiques.

DStefan M.S. et al. Chest 2013 ; 143 ; 1 ; 82-90.

http://journal.publications.chestnet.org/article.aspx?articleid=1216510

            L’association entre type d’antibiothérapie et résultats a été analysée dans une large cohorte rétrospective de patients âgés de 40 ans et plus hospitalisés pour exacerbation aiguë de BPCO du 01/01/2006 au 01/12/2007 dans 410 services de soins aigus.

            Sur les 53 900 patients qui ont rempli les critères d’inclusion, 85% ont été traités par antibiotiques dans les 2 premiers jours de leur hospitalisation, 50% par une quinolones, 22% par un macrolide et une céphalosporine et 9% par un macrolide seul. Par rapport aux patients non traités par antibiotiques, ceux sous antibiotiques avaient une moindre mortalité (1% vs 1.8%). En analyse multivariée, la prise d’antibiotiques a été associée à 40% de réduction du risque de mortalité hospitalière (RR : 0.60) et à 13% de réduction du risque de ré-hospitalisation pour BPCO à 30 jours (RR : 0.87). Le risque de ventilation tardive et de réadmission pour colite à Clostridium Difficile n’a pas été significativement différent entre les 2 groupes. Il a été trouvé une petite différence dans les résultats selon les 3 choix d’antibiothérapie courante.

            Ces résultats suggèrent que l’addition d’antibiotiques au traitement incluant un corticoïde peut avoir un effet bénéfique sur les résultats à court terme chez les patients hospitalisés pour exacerbation aiguë de BPCO.

(Commentaire : pauvre sécu…si les antibiotiques c’est systématique….)

C. Krespine

CBP, Nodules, Bronchofibroscopie

Valeur de la bronchofibroscopie dans le bilan préopératoire des nodules pulmonaires isolés.

Schwarz C. et al. Eur Respir J ; 2013 ; 41 ; 1 : 177-182.

http://erj.ersjournals.com/content/41/1/177.abstract

            De façon prospective observationnelle, une bronchofibroscopie a été pratiquée de façon systématique chez 225 patients souffrant de nodules pulmonaires isolés d’origine inconnue.

            Sur ces 225 patients, 80.5% avaient un cancer bronchopulmonaire (CBP), 7.6% une métastase d’une tumeur primitive extra pulmonaire et 12% une étiologie bénigne. Une diffusion endobronchique non suspectée a été trouvée chez 4.4% des 225 patients (ou chez 5.5% des patients souffrant de CBP). De plus, la bronchofibroscopie a clarifié l’étiologie sous-jacente dans 41% des cas. Les résultats des biopsies effectuées par bronchofibroscopie sur les nodules pulmonaires isolés ont été positives chez 84 (46.5%) patients avec CBP. L’indication chirurgicale a été annulée du fait des résultats de la bronchofibroscopie dans 4 cas (n=1 pour envahissement de la bronche principale droite avec fonction pulmonaire altérée ne permettant pas une pneumonectomie – n=1 pour CBP à petites cellules – n=2 pour pneumonie bactérienne) et la stratégie chirurgicale a dû être modifiée en bilobectomie chez 1 patients.

            Au total, la bronchofibroscopie a modifié l’approche chirurgicale planifiée de façon substantielle dans 5 cas. Ces résultats suggèrent qu’un bronchofibroscopie de routine doit être incluse dans le bilan pré opératoire des patients souffrant de nodules pulmonaires isolés.

(Commentaire : l’art de confirmer ce que tous pneumologues fait systématiquement depuis bien longtemps)

C. Krespine

Plus de grossesses compliquées chez les femmes asthmatiques

Plus de grossesses compliquées chez les femmes asthmatiques
 

Mendola P et coll. : Obstetric complications among US women with asthma. Am J Obstet Gynecol., 2013 ; 208 : 127.e1-8.

Près de 10 % des femmes en âge de procréer et 4 à 8 % des femmes enceintes sont asthmatiques. Une équipe américaine apporte des données à grande échelle sur le retentissement de l’asthme sur la grossesse et ses complications.

Ce travail rétrospectif a concerné plus de 220 000 grossesses, menées entre 2002 et 2008, dans 19 hôpitaux des États-Unis. Plus de 17 000 femmes asthmatiques ont été identifiées, soit 7,6 % de la cohorte.

Au cours de la grossesse, les complications sont plus fréquentes chez les femmes asthmatiques, qu’il s’agisse par exemple de la prééclampsie ou du diabète gestationnel. Le risque concerne également les modalités de l’accouchement, avec une augmentation des taux de déclenchements et de césariennes avant travail (Odds ratio ajusté [ORa] : 1,16 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,09 – 1,23) en cas d’asthmematernel. Le risque d’accouchement prématuré est également plus élevé, qu’il s’agisse de prématurité spontanée ou de déclenchements prématurés sur indication médicale ; en revanche, l’asthme ne majore pas le risque de mortalité foetale in utero. Sans surprise, il y a plus de petits poids de naissance (moins de 2 500 grammes) chez les enfants de mères asthmatiques (ORa : 1,16 ; IC : 1,10 – 1,23]).

Enfin, les complications maternelles de l’accouchement et de la délivrance sont également plus fréquentes, avec notamment un « surrisque » d’embolie pulmonaire (ORa : 1,71 ; IC : 1,05 – 2,79]) et une plus grande fréquence des admissions maternelles en réanimation.

Ainsi, l’asthme maternel est associé à une augmentation du risque de la plupart des complications fréquentes de la grossesse et de l’accouchement. Les recommandations actuelles soulignent l’importance d’une prise en charge et d’une surveillance renforcées de la maladie au cours de la grossesse. L’éducation thérapeutique des patientes tient une place importante dans cette stratégie et l’impact du bon contrôle de l’asthme sur l’issue de la grossesse peut être un facteur de motivation à ne pas négliger chez de nombreuses femmes.

BPCO, CI, DMO

Impact du traitement à long terme par de petites doses de corticoïdes inhalés (CI) sur la densité minérale osseuse (DMO) chez les patients BPCO : facteur bénéfique ou délétère ?

Mathioudakis A. G et al. Respirology; 2013; 18; 1; 147-153.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1440-1843.2012.02265.x/abstract

 

            Pour savoir si de faibles taux de CI, du fait de leurs propriétés antiinflammatoire et de leurs faibles taux circulants pourraient préserver la DMO chez les patients souffrant de BPCO, 251 personnes de sexe masculin souffrant de BPCO réunies sur la base de leur capacité de diffusion comme soit principalement BPCO à dominante bronchitique ou à dominante emphysémateuse et 313 témoins appariés sur l’âge et le tabagisme ont été inclus dans cette étude.

            Selon les résultats obtenus, les patients avec emphysème ont présenté une majoration de la perte de leur DMO par rapport aux patients bronchitiques (P=0.01). De plus, il a été mesuré une diminution de la perte annuelle de la DMO chez les patients bronchitiques sous CI (P= 0.02), sans bénéfice similaire chez les patients avec emphysème (P= non significatif).

            Au total, une prise à long terme de CI ralentit la perte annuelle de la DMO chez les patients souffrant de BPCO à dominante bronchitique, possiblement en réduisant à la fois l’inflammation chronique pulmonaire et systémique générée par la BPCO.

(Commentaire :

C. Krespine

Pas une toux mais des toux chroniques…

 

Pas une toux mais des toux chroniques…

Grabowski M et coll. : Airway inflammation in patients with chronic non-asthmatic cough. Thorax 2013; 68: 125-130

La toux est considérée comme chronique lorsqu’elle évolue depuis plus de 8 semaines.                 Elle peut être un symptôme d’asthme, de broncho-pneumopathie obstructive (BPCO), de rhinite (jetage postérieur), d’infection chronique mais aussi de reflux gastro-œsophagien (RGO).                     Dans le RGO, la stimulation de l’œsophage par le contenu acide de l’estomac pourrait déclencher la libération réflexe de neuropeptides à l’origine d’une inflammation des voies aériennes.                      Le reflux pourrait aussi provoquer des micro-inhalations dans les voies respiratoires et donc une inflammation.                                                                                                                                                        Cette inflammation des voies aériennes a été étudiée chez 41 adultes (18 à 75 ans) non fumeurs, sans asthme ni BPCO, présentant une toux chronique.                                                                              Les résultats de l’analyse de l’expectoration induite des patients ont été comparés à ceux obtenus chez 20 volontaires sains non fumeurs appariés pour l’âge et le sexe.                                                      Sur les 40 patients, 12 étaient déjà traités par un inhibiteur de la pompe à proton depuis au moins 2 semaines.                                                                                                                                                              Aucune différence n’a été observée dans le compte cellulaire de l’expectoration induite chez les patients tousseurs et les sujets sains.                                                                                                                     Les taux de MCP-1 (monocyte chemoattractant protein) étaient significativement plus élevés chez les malades que chez les témoins.                                                                                                                 L’ARNm de la lymphopoïétine stromale thymique (TLSP) était significativement plus souvent exprimé dans l’expectoration des sujets tousseurs que dans celle des témoins.                                                 Les taux de TGF-β (transforming growth factor) étaient semblables dans les deux groupes mais significativement plus bas chez les répondeurs aux inhibiteurs de la pompe à protons que chez les non répondeurs (p = 0,047).                                                                                                                                  Aucun déséquilibre entre Th1/Th2/Th17 n’a été mis en évidence chez les patients tousseurs.           Les patients ayant une œsophagite en relation avec le reflux avaient, de façon significative,  plus d’éosinophiles dans l’expectoration que ceux sans œsophagite.                                                               La toux chronique comprend certainement plusieurs phénotypes ayant des caractéristiques inflammatoires différentes selon le facteur déclenchant ou la co-morbidité. Une grande proportion de patients tousseurs ont des taux élevés de MCP-1. Un grand nombre d’entre eux, ont des taux élevés de TSLP probablement produite par les cellules épithéliales sous l’influence d’un stress mécanique ou d’une stimulation nerveuse réflexe.

 

Pneumonie, Antibiothérapie, Formes IV, formes orales,

Obstacles pour un passage d’une antibiothérapie IV à une antibiothérapie orale chez les patients hospitalisés pour pneumonie communautaire..

Engel M.F et al. Eur Respir J ; 2013 ; 41 ; 1 : 123-130.

http://erj.ersjournals.com/content/41/1/123.abstract

            Afin de savoir pourquoi les médecins ne sont pas passés d’une antibiothérapie IV à la forme orale au 3ème jour de traitement des pneumonies communautaires, 149 patients sur 162 (92%) ont été inclus et 97 sur les 107 médecins impliqués ont été interrogés (91%).

            Un passage à la forme orale a été possible chez 68(46%) des 149 patients à J3, mais n’a pas été effectué chez 27(40%) des 68 patients. Les facteurs liés aux patients chez qui on a retardé le passage à la forme orale ont été un score CURB-65 élevé (Confusion – Urée >7mmol/L – Fréquence respiratoire≥30/min – Blood), une PA<90mmHg ou une pression diastolique≤60mmHg, une température élevée (p=0.00) et une fréquence respiratoire élevée à J3 (p=0.04). Les obstacles du point de vue des médecins pour un passage précoce à la forme orale chez les patients cliniquement stables ont inclus des idées fausses (26/47 =55%), des considérations matérielles (13/47 – 28%) et des facteurs organisationnels (8/47 – 17%). Il est frappant que 91 (94%) des 97 praticiens interrogés n’étaient pas au courant des recommandations.

            Au total, le passage de l’antibiothérapie de la forme IV à la forme orale est souvent retardé sans nécessité chez les patients hospitalisés pour pneumonie communautaire du fait de différents types de barrières.

(Commentaire : encore la faute des médecins…)

Pneumothorax, Rechute, Bulles, Blebs

Rôle des blebs et bulles détectés par TDM-HR dans le pneumothorax spontané récidivant.

Casali C. et al. Ann Thorac Surg; 2013; 95; 1: 249-255.

http://ats.ctsnetjournals.org/cgi/content/abstract/95/1/249

 

            Dans cette étude rétrospective longitudinale, le risque de rechute a été évalué chez 176 patients ayant présenté un pneumothorax spontané primitif traité de façon médicale et qui ont bénéficié d’une TDM-HR.

            La rechute ipsilatérale et controlatérale s’est développé respectivement chez 44.8% et 12% des patients. Le risque de rechute a été significativement associé à la présence de bulles ou de blebs ou les deux en TDM-HR. Le risque de rechute ipsilatérale chez les patients avec ou sans blebs et bulles a été respectivement de 68.1% et 6.1% (Valeur Prédictive Positive [VPP]: 68.1%, Valeur Prédictive Négtive [VPN] 93.9%). Le risque de pneumothorax controlatéral pour les patients avec ou sans blebs et bulles a été respectivement de 19% et 0% (VPP: 19% – VPN: 100%). Le risque de rechute ipsilatérale a été directement en relation avec le score de sévérité de la dystrophie: le risque de rechute a augmenté jusqu’à 75% chez les patients souffrant de lésions bilatérales multiples. L’analyse multivariée a montré qu’une TDM-HR positive a été significativement en relation avec la rechute ipsilatérale.

            La présence de blebs et bulles en TDM-HR après un premier épisode de pneumothorax spontané primitif est significativement reliée au développement d’une rechute impsilatérale ou d’un épisode de pneumothorax controlatéral. De futures études sont nécessaires pour valider le score de sévérité de la dystrophie dans la sélection des patients en vue d’une indication chirurgicale d’emblée.

(Commentaire:

C. Krespine