Tabagisme, Asthme, Rhinoconjonctivite et Eczéma

Association entre tabagisme et risque d’asthme, rhinoconjonctivite et eczéma chez les enfants et adolescents: analyse à partit du programme ISAAC phase 3.

Mitchell E.A. et al. Thorax; 2012; 67; 11: 941-949.

http://thorax.bmj.com/content/67/11/941.abstract

            L’association entre tabagisme passif maternel et paternel et les symptômes d’asthme, rhinoconjonctivite et eczéma ont été étudiés à partir d’un questionnaire rempli par les parents ou gardes d’enfants pour les enfants de 6-7 ans. Les adolescents âgés de 13-14 ans ont rempli eux-mêmes leur questionnaire.

            Le groupe d’enfant de 6-7 ans a été constitué de 220 407 enfants de 75 villes dans 32 pays, le groupe adolescents a été de 350 654 sujets de 118 villes de 53 pays.

            Le tabagisme maternel et paternel a été associé à une augmentation du risque de symptômes d’asthme, rhinoconjonctivite et eczéma dans les 2 groupes d’âge bien que l’amplitude de l’OR a été plus élevé pour les symptômes d’asthme que pour les autres pathologies. Le tabagisme maternel a été associé à un OR plus élevé que pour le tabagisme paternel. Pour les symptômes d’asthme il y a eu une relation étroite évidente (1-9 cigarettes/jour, OR:1.27 – 10-19 cigarettes/jour, OR: 1.35 – et plus de 20 cigarettes/jour, OR: 1.56). Quand le tabagisme maternel dans la 1ère année de vie de l’enfant et le tabagisme maternel persistant ont été pris en compte, l’effet principal est dû au tabagisme maternel au cours de la 1ère année de vie de l’enfant. Il n’y a pas eu d’interaction entre tabagisme maternel et paternel.

            En conclusion, l’importance du tabagisme maternel a été confirmée ainsi que l’effet additionnel et en soi du tabagisme paternel. La présence d’une relation dose-réponse avec les symptômes d’asthme suggère que la relation est causale alors qu’elle est moins certaine pour la rhinoconjonctivite et l’eczéma.

(Commentaire:

C. Krespine

TEV, Prophylaxie, HEPARINE,

L’incidence des thrombocytopénies induites par l’héparine (TIH) est-elle affectée par l’augmentation de l’utilisation de l’héparine dans la prophylaxie des thrombo-embolies veineuses (TEV).

Zhou A. et al. Chest: 2012; 142; 5: 1175-1178.

http://journal.publications.chestnet.org/article.aspx?articleid=1216050

            Pour rechercher si une augmentation de l’utilisation de l’héparine dans la thromboprophylaxie des TEV chez les patients hospitalisés augmenterait l’incidence des TIH, 90 875 patients ayant pris de l’héparine entre 2005 et 2009 ont été analysés. Il a été étudié le nombre de consultations en hématologie pour thrombocytopénie, les recherches d’AC anti héparine demandées par ELISA et les cas ayant fait l’objet d’un diagnostic de TIH par les services d’hématologie.

            Il a été observé qu’en dépit d’un doublement du nombre de patients recevant une pharmaco prophylaxie par héparine, il n’y a eu aucune augmentation significative du nombre de consultations pour thrombocytopénie, du nombre de demande de tests pour TIH, du nombre de résultats positifs de ces tests ou du nombre de diagnostic de TIH. Le nombre de cas de TIH a été faible et a représenté < 0.1% de patients exposés à l'héparine.

            Il a été conclu que les inquiétudes à propos du risque de TIH ne doivent pas être un facteur limitant pour la mise en route systématique d’une prophylaxie des TEV basée sur l’héparine.

(Commentaire: OUI, surtout ne pas passer d’un extrême à l’autre comme les écologistes et exclure totalement le principe de précaution…le principe essentiel: celui du rapport Bénéfice/Risques)

C. Krespine.

BPCO, Exercice, Terrain, Efficacité

Efficacité des exercices de faible intensité dans l’eau pour les patients souffrant de BPCO: un essai clinique randomisé.

Trindade de Soto Araujo Z. et al. Respir Med; 2012; 106; 11: 1535-1543.

http://www.resmedjournal.com/article/S0954-6111(12)00236-3/abstract

            L’impact des exercices de faible intensité en milieu aquatique et sur terrain solide a été évalué chez 42 sujets souffrant de BPCO modérée à très sévère divisés en 3 groupes: Groupe témoin (GrT) – Groupe exercice sur terrain solide (GrTS) et Groupe en milieu aquatique (GrMA)

            Une différence a été enregistré après exécution du test de marche de 6 minutes (TdM6′) dans le GrMA, sur le VEMS dans les GrTS et GrMA, sur la force des muscles inspiratoires et expiratoires dans les GrTS et GrMA. Le score de dyspnée du MRC a diminué dans le GrMA. Le GrTS a obtenu une amélioration de la qualité de vie objectivé par le score du questionnaire respiratoire de St George. L’index BODE a diminué dans le GrTS et le GrMA.

            Il est conclu que à la fois les 2 types d’exercices physiques de faible intensité bénéficient aux patients souffrant de BPCO modérée à sévère. Le GrMA a obtenu des bénéfices additionnels au niveau de l’aptitude physique soulignant de nouvelles modalités thérapeutiques ciblant les patients souffrant de BPCO.

(Commentaire: et pourquoi ne pas associer les 2 types d’exercice ?)

C. Krespine.

BPCO, Muscles, Entraînement

L’entraînement intensif de l’extenseur du genou restaure la fonction musculaire squelettique chez les patients souffrant de BPCO.

Bronstad E. et al. Eur Respir J; 2012; 40; 5: 1130-1136.

http://erj.ersjournals.com/content/40/5/1130.abstract

            Un entraînement intensif de l’extenseur du genou a été effectué en aérobie chez 7 patients souffrant de BPCO pendant 6 semaines (3 jours/semaine) avec 5 sujets en bonne santé servant de groupe de référence.

            La charge maximale initiale et la respiration mitochondriale étaient réduites chez les sujets BPCO et s’amélioraient significativement après le programme d’entraînement. La puissance de charge maximale et la respiration mitochondriale maximale du muscle vastus lateralis augmentaient au niveau obtenu par les témoins et étaient médiées principalement via l’amélioration du complexe I de la chaîne respiratoire mitochondriale. De plus, après normalisation de la citrate synthase, aucune différence de respiration maximale n’était trouvée après l’entraînement ou par rapport au groupe contrôle, suggérant une fonction normale du complexe de la chaine respiratoire.

            Cette présente étude montre que l’entraînement intensif d’un groupe musculaire restreint est hautement efficace pour restaurer la fonction musculaire squelettique chez les patients BPCO.

(Commentaire:

C. Krespine.

Pneumonie communautaire, Réanimation, Mortalité, PaCO2

L’hypocapnie et l’hypercapnie sont des prédicteurs d’admission en réanimation et de mortalité chez les patients hospitalisés pour pneumonie communautaire.

Laserna E. et al. Chest; 2012; 142; 5: 1193-1199.

http://journal.publications.chestnet.org/article.aspx?articleid=1216078

            L’association entre pneumonie communautaire, PaCO2 anormale et mortalité à 30 jours a été analysée à partir d’une cohorte rétrospective de 453 sujets pour lesquels il existait des résultats de gazométrie documentés.

            189 patients (41%) avaient une PaCO2 normale (35-45 mmHg), 194 (42%) une PaCO245mmHg (hypercapnie). En analyse multivariée après ajustement sur la sévérité de la maladie, les patients hypocapniques avaient une plus forte mortalité à 30 jours (OR: 2.84) et un plus grand besoin d’admission en soins intensifs (OR: 2.88) par rapport aux patients avec PaCO2 normale. De plus, les patients hypercapniques avaient également une plus forte mortalité à 30 jours (OR: 3.38) et un plus grand besoin d’hospitalisation en soins intensifs (OR: 5.35). Quand les patients souffrant de BPCO étaient exclus de l’analyse, les différences persistaient entre les groupes.

            En conclusion, chez les patients hospitalisés avec pneumonie communautaire, à la fois l’hypocapnie et l’hypercapnie ont été associés à une augmentation du besoin d’être admis en réanimation et une plus grande mortalité à 30 jours. Ces résultats persistent après exclusion des patients BPCO souffrant de pneumonie communautaire. Ainsi, la PaCO2 doit être prise en compte dans l’inclusion d’une stratification future des critères de sévérité afin d’identifier de façon appropriée les patients qui requièrent un haut niveau de soins et sont à risque de mortalité majorée.

(Commentaire:

C. Krespine.

Bronchectasies, Inflammaion, Antibiothérapie

Le traitement antibiotique à court et long terme réduit l’inflammation des voies aériennes et systémique dans les bronchectasies non mucoviscidosiques.

Chalmers J.D. et al. Am J Respir Crit Care Med; 2012; 186; 7: 657-665.

            Pour déterminer si un traitement antibiotique à court et long terme améliore l’inflammation locale et l’évolution clinique chez les patients souffrant de bronchectasies non mucoviscidosiques, la relation entre charge bactérienne , inflammation des voies aériennes et systémiques a été étudiée chez 385 patients stables, 15 patients traités par antibiotiques IV et 34 patients souffrant d’exacerbation des bronchectasies traités par antibiotiques IV.

            Chez les patients stables, il y a eu une relation directe entre la charge bactérienne bronchique et les marqueurs d’inflammation des voies aériennes (P<0.0001 pour toutes les analyses). Les charges bactériennes élevées ont été associées à des taux plus élevés d'ICAM-1, d'E-sélectine et de VCAM. Chez les patients stables, il y a eu une relation directe entre charge bactérienne, risque d'exacerbations ultérieures (OR: 1.20) et exacerbations sévères (OR:1.1). L'antibiothérapie à court et long terme a été associée à une réduction de la charge bactérienne, de l'inflammation des voies aériennes et systémique.

            Au total, les charges bactériennes élevées dans les bronchectasies non mucoviscidosiques sont associées à une inflammation locale et systémique et un plus grand risque d’exacerbation. L’antibiothérapie à court et long terme réduit les marqueurs de l’inflammation des voies aériennes et systémiques.

(Commentaires: ils vont se faire assassiner par la Sécu…..)

C. Krespine

BPCO, Traitement, EFR, Exercice

Effets d’une association thérapeutique sur les volumes pulmonaires et le temps d’endurance à l’exercice dans les BPCO.

Magnussen H. et al. Respir Med; 2012; 106; 10: 1413-1420.

http://www.resmedjournal.com/article/S0954-6111(12)00195 3/abstract?elsca1=etoc&elsca2=email&elsca3=0954-6111_201210_106_10&elsca4=infectious_diseases

            Cet essai clinique croisé, randomisé, a été effectué pendant 2 à 8 semaines pour comparer l’association Tiotropium (18µg une fois par jour) + Salmétérol (50µgx2/j) à Salmétérol+Fluticasone (50/500µgx2/j) chez 309 patients souffrant de BPCO.

            Initialement, le VEMS pré bronchodilatation a été de 1.36L (46% vr), le volume des gaz thoraciques (VGT) de 5.42L (165%vr) et le temps d’endurance à l’exercice (TEE) de 458 secondes. Par rapport à l’association Salmétérol+Fluticasone, la combinaison Tiotropium

+ Salmétérol a diminué le VGT post dose de 182 ± 44mL après 4 semaines (p<0.0001) et 87±44mL après 8 semaines (p<0.05). Le TEE n'a pas été significativement augmenté après Tiotropium + Salmétérol (20±15 secondes à 4 semaines et 15±13 secondes à 8 semaines) vs Salmétérol+Fluticasone. Le score de dyspnée à l’échelle de Borg pris au même moment a été réduit en faveur de la prise de Tiotropium+ Salmétérol.

            En conclusion, l’association des 2 bronchodilatateurs diminuent l’hyperinflation significativement plus qu’un seul bronchodilatateur avec un corticoïde inhalé. Cette différence ne s’est pas reflétée sur le TEE.

(Commentaire: aucun conflit d’intérêt ?)

C. Krespine

Emphysème, TDM, EFR

La distribution de l’emphysème quantifiée par TDM est associée à un déclin de la fonction pulmonaire.

Firdaus A.A et aL. Eur Respir J; 2012; 40; 4: 844-850.

            L’association entre la distribution de l’emphysème mesurée par TDM (lobe supérieur/lobe inférieur) et le déclin de la fonction pulmonaire chez les gros et les anciens fumeurs a été recherchée chez 587 participants de sexe masculin avec un bilan initial et après un suivi moyen de 2.9 (2.8-3) ans.. L’âge moyen était de 60.2±5.4ans,le rapport moyen initial de VEMS/CVF était de 71.6±9% et les voxels avec 15% de faible atténuation de -908.5±20.9 HU. Les participants avec emphysème prédominant aux lobes supérieurs en TDM souffraient d’un moindre rapport VEMS/CVF, VEMS et CVF après le suivi par rapport aux participants avec emphysème en TDM prédominant aux lobes inférieurs (p=0.001), indépendant de l’étendue totale de l’emphysème mesuré en TD

           Il est conclu que les gros (anciens) fumeurs avec emphysème mesuré par TDM prédominant aux lobes supérieurs ont une chute plus rapide de leur fonction pulmonaire que ceux avec emphysème mesuré en TDM prédominant aux lobes inférieurs.

(Commentaire: Quand il est en haut… ça tombe plus bas)

C. Krespine.