La graisse viscérale serait plus impliquée dans la sévérité du SAOS que l’obésité elle-même

 

Mariani S et coll. Association of epicardial fat thickness with the severity of obstructive sleep apnea in obese patients. Int J Cardiol. 2012 ; publication avancée en ligne du 22 juin. Doi : 10.1016/j.icard.2012.06.011.

 

 

La corrélation entre la sévérité du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) et l’indice de masse corporelle (IMC) est controversée. Bien que «l’excès de graisse» soit reconnu comme un facteur favorisant la survenue de ce syndrome, il reste à préciser si, chez le patient obèse, la distribution de la graisse ne joue pas un rôle plus important que l’IMC lui-même. L’épaisseur de la graisse épicardique (EGE) étant considérée comme un indicateur de l’adiposité viscérale plutôt que de l’obésité générale, une équipe italienne a décidé d’examiner ce paramètre chez des patients obèses victimes d’un SAOS.

Leur étude a donc inclus 115 sujets obèses (56 hommes), âgés en moyenne de 53,64 ± 9,49 ans. Leur IMC était ≥ 30 kg/m2 et le tour de taille > à 90 cm chez les femmes et 100 cm pour les hommes. Tous ont bénéficié d’un enregistrement polysomnographique (EPS) qui a confirmé le SAOS (≥ 5 apnées/hypopnées par heure de sommeil nocturne) : il était qualifié de léger chez 50 patients, modéré chez 33 et sévère pour 32. Il n’y avait pas de différence significative pour l’âge, la taille, le poids, les résultats du bilan lipidique, l’IMC et le tour de taille entre les patients de ces trois groupes de gravité du SAOS.

La composition corporelle a été évaluée par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA). L’EEG a été appréciée par échocardiographie haute résolution. Par ailleurs le diamètre télédiastolique du ventricule droit (DTDVD) a été mesuré ainsi que l’épaisseur intima média carotidienne.
Une corrélation positive a pu être établie en analyse univariée entre la sévérité du SAOS et les variables suivantes : EGE (r=0,536, p<0,001), DTDVD (r=0,480, p<0,001, EIMc (r=0,345, p<0,001), rapport de la masse graisseuse du tronc et des jambes (r=0,330, p<0,001). Cependant, une analyse par régression linéaire multiple a montré que l’EEG était le facteur le plus significativement corrélé, de manière indépendante, à la sévérité du SAOS (R2=0,376 ; p=0,022).

En bref, cette étude transversale ouverte sans groupe témoin, suggère  néanmoins que chez les patients obèses, la sévérité d’un éventuel SAOS peut être associée à une augmentation de l’épaisseur de la graisse épicardique indépendamment des marqueurs classiques de l’obésité. 

Source Jim.fr par le Dr Philippe Tellier

Des carcasses de bœufs tuberculeux exportés de Grande-Bretagne vers l’Europe, en toute légalité

Paris, lundi 8 juillet 2013 – Des carcasses de bœufs contaminés par la tuberculose  sont chaque année exportées par le Royaume Uni vers la France, les Pays Bas et la Belgique.  Les cantines scolaires et les restaurants hospitaliers en sont les principaux destinataires, une partie étant transformée en nourriture pour animaux. Cette information révélée par le Sunday Times dans son édition du 7 juillet a de quoi  surprendre voire alimenter les inquiétudes les plus folles.

Risque de transmission, ou pas ? 

Après avoir reçu l’agrément d’une agence vétérinaire publique britannique, ce sont 28 000  carcasses qui traversent tranquillement le Channel, sans étiquetage particulier alors qu’elles sont infectées par Mycobacterium bovis. « No problem, rassure  le Department for Environnment Food & Rural Affairs (DEFRA)  le risque de transmission à l’homme s’il est possible reste faible,  à ce jour il n’y a aucun cas connu d’une tuberculose contractée par un être humain après qu’il ait consommé de la viande infectée.»  Mais s’il n’y a aucun risque pour la santé humaine pourquoi des enseignes telles que Tesco , Mc Donalds ou Burger King en Angleterre ont refusé d’acheter cette viande « malade » ?

En effet, il existe bien une souche bovine (Mycobacterium  bovis) responsable de la tuberculose bovine, qui peut être transmise à l’homme dans certaines conditions mais  rappelons que plus de 99 % des cas de tuberculoses chez l’homme sont dus à la souche humaine de la maladie (Mycobacterium tuberculosis) transmise quant à elle par voie aérienne et non par l’alimentation.

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) explique via son site que le risque de transmission au consommateur est  maîtrisé dans notre pays  par les mesures de sécurité sanitaires des aliments mises en œuvre sous le contrôle de l’Etat. Par exemple,  pour la viande, c’est l’inspection systématique de salubrité des carcasses des espèces sensibles mises sur le marché qui permet de détecter les lésions  et d’écarter la viande qui présente un risque  pour la santé publique. Or,  ces 28000 carcasses anglaises incriminées entrent dans l’hexagone sans étiquetage et leurs futurs consommateurs sont en droit de savoir  à quoi ils s’exposent, ou pas ? A l’heure où nous postons ces lignes l’Anses n’a donné aucun avis , le  ministère de l’Agriculture formulé aucun commentaire. Seul, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne s’est exprimé  en ces termes,  toujours dans le Sunday Times : « Cette pratique est surréaliste. Elle  devrait être immédiatement arrêtée. Il est bizarre qu’une agence publique soit impliquée là-dedans. Comme pour le scandale de la viande de cheval, le principe de précaution devrait s’appliquer lorsqu’il s’agit d’alimentation et de santé. »

Heureusement, en ces périodes de vacances, les cantines scolaires sont fermées mais pas les hôpitaux où l’on peut espérer, que  selon les recommandations de l’Anses, la viande doit être  cuite à cœur à une température suffisante pour tuer les bactéries qui sont sensibles à la chaleur humide à 121°.

les professionnels partagés sur l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics

Paris, le mardi 9 juillet 2013 – S’il paraît difficile de déterminer si la cigarette électronique pourrait être considérée comme un dispositif de sevrage efficace, il semble de plus en plus acquis qu’elle nuit gravement à la lutte contre le tabagisme ! Il semble en effet que ce produit focalise aujourd’hui une grande partie des actions des pouvoirs publics concernant le tabac, alors qu’il ne représente sans doute pas, de l’avis de tous, le principal fléau. On a ainsi pu constater lors de la dernière journée mondiale sans tabac, le 31 mai, que nombre d’annonces du ministre de la Santé avaient en priorité concerné la cigarette électronique.  Des propositions ont notamment été formulées en vue de son interdiction dans les lieux publics.

Les vapoteurs jouent-ils avec le feu ?

La France n’est pas la première à s’interroger sur la pertinence de bannir le vapotage là où fumer est proscrit. Le récent rapport de l’Office français du tabagisme (OFT) dédié à celle que l’on appelle parfois l’e-cigarette rappelle qu’en Europe, trois pays, la Belgique, le Luxembourg et Malte empêchent son utilisation dans les lieux où il est interdit de fumer. Difficile de déterminer si les « vapoteurs » prennent ombrage de telles restrictions. Les études menées sur le sujet sont très contradictoires. L’enquête International Tobacco Control (ITC) menée auprès de 6 000 personnes dans plusieurs pays, évoquée par l’OFT assure ainsi que le motif d’utilisation de l’e-cigarette le plus fréquemment cité concerne la possibilité d’en jouir là où la cigarette est interdite (84 %). Mais au contraire, dans un sondage conduit par l’Office français du tabagisme auprès de 1 000 personnes dont 58 vapoteurs, ils n’étaient que trois à évoquer cette même raison.

Arguments à la volée en faveur de l’interdiction

Au-delà de la difficile détermination du poids du contournement de l’interdit pour expliquer le recours à l’e-cigarette, le rapport de l’OFT reconnaissait qu’une interdiction de vapoter dans les lieux publics soulevait différentes questions, notamment parce qu’il est difficile d’alléguer des enjeux de santé public prégnants.

En s’appuyant sur les exemples étrangers et sur ceux des compagnies aériennes où vapoter est impossible, le rapport observait néanmoins que de telles interdictions « clairement annoncées sont bien acceptées ». A l’égard des compagnies aériennes, il soulignait ainsi que « l’interdiction (…) n’est pas prise au nom de la santé et de la qualité de l’air, mais pour des raisons de sécurité et pour prévenir l’incitation à la violation de l’interdiction de fumer des cigarettes réelles, la simulation de l’acte de fumer pouvant être incitative et compliquer la tâche des agents de contrôle ». Ainsi, on le voit, les experts de l’OFT paraissent considérer l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics, au nom de son caractère incitatif, non seulement souhaitable mais faisable.

Cas d’école

Un sentiment qui est partagé par une courte majorité de professionnels de santé qui ont été 51 % à se déclarer favorables à l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics dans un sondage conduit notre site du 16 juin au 7 juillet auquel ont répondu 607 lecteurs. Sensibles à la notion d’exemplarité, les professionnels de santé semblent donc, à une courte majorité, se ranger derrière la position du ministre de la Santé et de nombreux experts, quand bien même le danger direct pour la santé publique est quasiment inexistant. Ces praticiens auront sans doute également observé que si la distinction entre e-cigarette et cigarette réelle pourrait être faite dans les lieux de convivialité, elle paraît plus difficile à admettre dans les écoles, les hôpitaux ou encore justement les avions ! Or, plutôt que d’opérer une différenciation entre des catégories de lieux publics, préfèrent-ils se prononcer pour une absence totale de vapotage.

         Sondage réalisé du 16 juin au 7 Juillet réalisé auprès de 607 professionnels de la santé :

        Seriez vous favorable pour l’interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics ?

  1.                   Oui   51 %
  2.                   Non  47 %
  3.                   NSP  2 %

L’interdiction de vapoter dans les lieux publics : contre productive !

Mais on le voit, les résultats sont très partagés et 47 % des professionnels de santé ne sont guère convaincus par une telle mesure. Outre un effet nul sur la lutte contre le tabagisme (qui est rappelons le seul véritable objectif !), ils sont sans doute réticents à conforter une disposition qui peut apparaître à certains égards « liberticide » en l’absence de dangers réels confirmés. Peut-être certains partagent-ils par ailleurs l’analyse proposée en filigrane par le professeur de santé publique de l’Université de Genève, Jean-François Etter qui a décidé de ne pas signer le rapport de l’OFT. Il suggère en effet que la diffusion de la cigarette électronique pourrait inciter d’autres fumeurs à tenter cette expérience… et à réduire ainsi leurs risques ! On compte également probablement parmi les opposants à une telle interdiction, des lecteurs attentifs et pragmatiques qui auront retenu les arguments du juriste Charles Haroche observant (exemple des poppers à l’appui) qu’il paraissait fort possible que le Conseil d’Etat n’entérine pas un texte réduisant les libertés sur le principal argument de vouloir rejeter le « mauvais exemple ». Enfin parmi les opposants à une interdiction de vapoter dans les lieux publics, se trouvent sans doute des observateurs qui au-delà de l’e-cigarette savent qu’il sera difficile dans l’avenir d’interdire tous les dispositifs simulant l’acte de fumer. Si l’on peut en effet subodorer une toxicité (même faible) des vapeurs de propylène glycol ou de glycérol, l’argument sera nul et non avenu le jour où seront disponibles des e-cigarette sans fumée. Le rapport de l’OFT le reconnaît lui-même qui note que l’arrivée de tels produits « posera le problème de leur interdiction ou de leur autorisation dans les locaux où l’on ne peut ni fumer, ni vapoter. Le produit deviendrait un inhalateur de nicotine débarrassé un peu plus de toute ressemblance avec la cigarette de tabac ».

Jim.fr 9/7/2013

Dissiper l’écran de fumée autour des cigarettes électroniques

Paris, le mercredi 20 février 2013 – En juin 2011, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS, devenue l’Agence nationale de sécurité du médicament, ANSM) émettait des recommandations assez négatives concernant les cigarettes électroniques. Mettant en garde contre le risque que ces dispositifs favorisent l’initiation au tabagisme, elle insistait également sur le fait que « les cigarettes électroniques ne peuvent être vendues en pharmacie car elles ne figurent pas sur la liste des produits dont la délivrance y est autorisée ». Ce rappel à l’ordre avait conduit nombre d’officines à retirer de leurs présentoirs les fameuses cigarettes. Cependant, toutes n’ont pas suivi cette voie. D’abord parce que le message n’a pas nécessairement été parfaitement diffusé et surtout parce que des officinaux  considèrent qu’il existe une ambiguïté quant à la force contraignante de cette liste et de la recommandation de l’AFSSAPS. Certains par exemple défendent qu’il est possible de proposer la cigarette électronique dans les espaces en libre accès. Un flou que dénonce le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière et président de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT).

Quoiqu’il en soit, un produit sans doute moins dangereux qu’une cigarette

Plus globalement, ce spécialiste s’inquiète du manque d’encadrement de ces dispositifs. Mis au point en Chine en 2005, ce produit consiste à produire de la vapeur, soit par utilisation d’ultra-sons, soit, et c’est aujourd’hui le système le plus fréquent, par une résistance chauffante. Ces cigarettes sont généralement composées de propylène glycol ou de glycérol, d’arômes et souvent (mais pas systématiquement) de nicotine à des teneurs très variables. Cette composition suscite des interrogations. L’éventuelle toxicité du propylène glycol est notamment questionnée mais pour l’heure les études sur les effets de son inhalation répétée à long terme font défaut. D’autre part, la variabilité des teneurs en nicotine suscite la circonspection. Néanmoins, si dans leur grande majorité les autorités sanitaires et les experts observent la plus grande réserve face aux cigarettes électroniques, ils reconnaissent que sa dangerosité est très probablement moindre que les vrais clopes. « Bien que les certitudes manquent cruellement, on peut cependant raisonnablement penser que ce produit ne tuera jamais la moitié de ses fidèles consommateurs comme le fait actuellement la cigarette » résume le professeur Dautzenberg dans une tribune récemment publiée par le Monde.

Interdire la cigarette électronique dans les lieux publics !

Aussi, la cigarette électronique pourrait-elle être envisagée comme un substitut nicotinique, d’autant que la forte attractivité dont elle jouit aujourd’hui pourrait être un gage de succès tout au moins une promesse d’efficacité. Cependant, certains redoutent qu’elle ne devienne également un produit d’initiation et contribue à développer une dépendance à la nicotine chez les non fumeurs. Sur ce point, le professeur Dautzenberg avance des chiffres inquiétants. Dernièrement sur Europe 1, il indiquait ainsi : « Deux tiers des enfants de 12/15 ans sur lesquels on avait enquêté sur Paris l’an dernier avait essayé la cigarette électronique alors qu’il n’avait pas essayé la cigarette ». Dès lors pourrait-on songer à restreindre l’utilisation de ce dispositif, non plus pour protéger l’entourage « d’un e-tabagisme passif (…) théoriquement faible », mais parce que l’on « peut considérer que consommer une e-cigarette dans un endroit ou il est interdit de fumer constitue une incitation à le faire » explique le professeur Dautzenberg. Néanmoins, en étant proscrite des lieux publics, les cigarettes électroniques pourraient perdre de leur principal attrait auprès des anciens fumeurs !

Quasiment interdites aujourd’hui, les cigarettes électroniques pourraient faire leur retour dans les pharmacies

Autant de considérations qui semblent confirmer la nécessité d’un meilleur encadrement, fortement réclamé par le professeur Dautzenberg. A son sens le statut de médicament aurait « beaucoup d’avantages ». « Une réglementation s’impose d’urgence alors que les ventes explosent. Les deux options sont une réglementation spécifique aux produits autres que le tabac délivrant de la nicotine ou une réglementation pharmaceutique. Cette deuxième option est la plus pertinente est doit être mise en œuvre » concluait-il sa tribune dans le Monde. Un tel cadre permettrait en effet de mieux régir la teneur en nicotine et de contrôler sa délivrance. Et signerait le grand retour de la cigarette électronique dans les pharmacies !

L’asthme péri-menstruel, une forme clinique différente

Rao C et coll. : Characteristics of Perimenstrual Asthma and Its Relation to Asthma Severity and Control Data From the Severe Asthma Research Program. CHEST, 2013;143: 984-992.

A l’âge adulte, l’asthme se rencontre un peu plus fréquemment chez les femmes et est parfois conditionné par les variations hormonales. L’asthme péri-menstruel ou l’aggravation des symptômes de l’asthme pendant les règles est ainsi signalé chez 30 % des femmes asthmatiques au cours d’études portant sur de faibles effectifs, mais cet asthme reste mal caractérisé.

Une étude a voulu identifier les facteurs cliniques et démographiques associés à l’asthme péri-menstruel (asthme PM) et évaluer sa sévérité. Un questionnaire de dépistage a été adressé à des femmes recrutées dans le cadre d’un programme de recherche sur l’asthme pour le National Heart, Lung, and Blood Institute. Sur les 756 femmes incluses, les très jeunes (moins de 12 ans, 47 sujets) et les plus âgés (plus de 50 ans, n=146) ont été exclues. Sur les 563 restantes, 80 (14 %) ne pouvaient pas préciser si leur asthme s’aggravait ou non pendant leurs règles. Finalement, 483 femmes asthmatiques ont participé à cette étude.

Selon l’auto-questionnaire, 92 (17 %) d’entre elles rapportent un asthme PM. Ce type d’asthme est associé à un indice de masse corporelle plus élevé, à un reflux gastro-œsophagien plus fréquent et au plan fonctionnel, à une capacité vitale forcée plus faible. Cinquante-deux pour cent du groupe asthme PM satisfont à la définition de l’asthme sévère contre 30 % dans le groupe asthme non-PM. Dans les analyses multivariées, l’intolérance à l’aspirine et une capacité vitale forcée inférieure aux valeurs prédites sont associées à l’asthme PM. Après correction des facteurs confondants éventuels et en fonction de la sévérité de l’asthme, l’asthme PM reste corrélé à un moins bon contrôle de la maladie, avec plus de symptômes d’asthme et de venues aux urgences.

Ces résultats suggèrent que l’asthme péri-menstruel constitue une forme d’asthme phénotypiquement différente, plus sévère et plus difficile à contrôler. D’autres études
devraient permettre d’améliorer notre compréhension de la physiopathologie particulière de cette forme clinique, en se concentrant sur le rôle des hormones et des prostanglandines.

La bronchoconstriction provoquée par l’effort peut être limitée par la vitamine C

La vitamine C peut diminuer de 48 % les symptômes de la bronchoconstriction provoquée par l’effort. C’est ce qu’a révélé la méta-analyse de trois études, conformément aux déclarations de chercheurs finlandais publiées dans la revue BMJ Open.

La bronchoconstriction provoquée par l’effort est diagnostiquée lorsque le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) diminue d’au moins 10 %. La vitamine C réduisant de moitié l’incidence des rhumes simples chez les personnes exposées à un stress de courte durée, son efficacité éventuelle a également été testée chez les personnes soumises à un effort physique intense.

Trois essais randomisés contrôlés contre placebo ont démontré que la vitamine C réduisait de moitié la diminution du VEMS. Selon le responsable de l’étude, Harri Hemila, de l’Université d’Helsinki (Finlande), cette réduction atteignait 48,9 % au total.

Selon lui, compte tenu du faible coût et de l’innocuité de la vitamine C, et des résultats cohérents obtenus aux essais, il semble raisonnable de demander aux personnes souffrant de problèmes respiratoires provoqués par l’effort de tester la vitamine C.

Bilan mondial des maladies imputables au tabagisme passif

 

Il est nécessaire de mettre en œuvre des interventions cliniques et des politiques de santé publique efficaces pour faire baisser le tabagisme passif

Introduction L’exposition au tabagisme passif est courante dans un grand nombre de pays, mais l’ampleur du problème au niveau mondial est mal évaluée. Nous avons cherché à estimer l’exposition au tabagisme passif au niveau mondial, et les pathologies entraînées chez les enfants et les adultes non fumeurs pour l’année 2004.

Méthodes L’impact pathologique du tabagisme passif a été estimé en décès et en années de vie corrigées de l’incapacité (AVCI) pour les enfants et les adultes non fumeurs. Les calculs étaient basés sur les estimations de risque relatif spécifique aux pathologies et sur les estimations spécifiques à la zone géographique de la proportion de personnes exposées au tabagisme passif ; on a utilisé des méthodes d’évaluation du risque comparé, avec des données de 192 pays pour l’année 2004.

Résultats Au niveau mondial, 40% des enfants, 33% des hommes non fumeurs et 35% des femmes non fumeuses étaient exposés au tabagisme passif en 2004. On estime que cette exposition a causé 379 000 décès de cardiopathie ischémique, 165 000 décès d’infections respiratoires basses, 36 900 décès d’asthme et 21 400 décès de cancer du poumon. 603 000 décès étaient imputables au tabagisme passif en 2004, soit l’équivalent d’environ 1·0% de la mortalité mondiale. 47% des décès dus au tabagisme passif touchaient des femmes, 28% des enfants, et 26% des hommes. Les AVCI perdues du fait de l’exposition au tabagisme passif se montaient à 10·9 millions, ce qui représente environ 0·7% du total mondial des AVCI perdues du fait de pathologies en 2004. 61% des AVCI perdues concernaient des enfants. Les principales pathologies imputables au tabagisme passif observées étaient les infections respiratoires basses chez les enfants de moins de 5 ans (5 939 000), la cardiopathie ischémique chez les adultes (2 836 000), et l’asthme chez les adultes (1 246 000) et chez les enfants (651 000).

Interprétation Ces estimations de l’impact pathologique mondial du tabagisme passif indiquent que la mise en œuvre d’interventions cliniques et de politiques de santé publique efficaces pour faire diminuer le tabagisme passif pourraient apporter des bénéfices sanitaires conséquents.

Références

Öberg M, Jaakkola MS, Woodward A, et al. Worldwide burden of disease from exposure to second-hand smoke: a retrospective analysis of data from 192 countries. Lancet. 2010; DOI:10.1016/S0140-6736(10)61388-8.

 

L’IRM He3 dans l’asthme de l’enfant

Cadman RV et coll. : Pulmonary 3He magnetic resonance imaging of childhood Asthma. J Allergy Clin Immunol., 2013; 131: 369-76.

Les techniques d’imagerie traditionnelles ne sont pas adaptées à l’exploration de l’asthme et à la mise en évidence des anomalies des voies aériennes périphériques.

Par contre, l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) de gaz rare hyperpolarisé s’est avérée prometteuse chez l’adulte pour l’exploration de pathologies pulmonaires telles qu’emphysème, mucoviscidose et asthme.

Chez l’asthmatique adulte, l’IRM He3 des poumons a ainsi révélé une hétérogénéité spatiale de ventilation provoquée par des défauts de ventilation dans des régions du parenchyme pulmonaire qui ne sont pas totalement remplies par le gaz He3 lors de l’inhalation du patient. Le nombre et la taille de ces défauts de ventilation sont corrélés avec la sévérité de l’asthme et la chute de la fonction pulmonaire.

Cette technique vient d’être testée chez l’enfant.

L’examen a été pratiqué chez 44 enfants à risque d’allergie et d’asthme âgés de 9 à 10 ans et recrutés dans une cohorte de naissance constituée pour une étude sur l’origine de l’asthme.

Des séries d’images en trois dimensions acquises dans le temps et d’images tridimensionnelles de diffusion ont été obtenues lors de manœuvres respiratoires séparées. 

Le nombre et la taille des défauts de ventilation ont été quantifiés par des scores. Des cartes régionales et des statistiques sur les longueurs moyennes de diffusion de He3 ont été calculées.

Il s’est avéré que les enfants ayant un asthme léger à modéré avaient des valeurs moyennes des racines carrées moyennes des longueurs de diffusion (Xrms) plus basses (P= 0,004), des valeurs de diffusion régionales SD plus élevées (P = 0,03) et des scores de défauts plus élevés (P = 0,03) que ceux des enfants non asthmatiques.
Les enfants ayant des antécédents de sifflements lors d’une infection par rhinovirus avant le 3ème anniversaire avaient des valeurs de Xrms plus basses (P = 0,01) et des scores de déficits plus élevés (P = 0,05).

L’IRM He3 a donc permis la mise en évidence d’un plus grand nombre de défauts de ventilation et d’une baisse plus importante de la diffusion du gaz chez les enfants asthmatiques que chez les enfants non asthmatiques.

Ces résultats permettent d’objectiver l’obstruction régionale et les changements structurels dans les poumons d’enfants ayant un asthme léger à modéré tels que la réduction des dimensions des petites voies aériennes et des espaces alvéolaires.

 


 

Les statines deviendront-elles un traitement adjuvant du cancer ?

Les statines n’ont peut-être pas fini de nous étonner. Ces inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase qui représentent l’une des classes thérapeutiques les plus prescrites dans le monde développé, pourraient en effet avoir une action anti-tumorale en parallèle de leur effet sur le taux de LDL-cholestérol. C’est du moins ce que suggère une étude épidémiologique danoise de très grande ampleur.

Pour arriver à cette conclusion surprenante Sune Nielsen et coll. de Copenhague sont partis d’une hypothèse biologique et se sont servis d’outils épidémiologiques d’une qualité exceptionnelle (1).

L’hypothèse est celle d’une diminution possible de la prolifération tumorale en raison de la baisse de production du cholestérol endogène sous l’effet des statines, baisse qui pourrait freiner indirectement la multiplication cellulaire et la migration des cellules cancéreuses.

Les outils épidémiologiques sont les registres informatisés danois d’état civil, du cancer et des prescriptions médicamenteuses dont les données exhaustives peuvent être croisées et qui ont déjà contribué à répondre à de nombreuses interrogations (par exemple récemment sur les risques artériels de la pilule, la tératogénicité des inhibiteurs de la pompe à proton, les effets de l’interruption de grossesse sur la morbidité psychiatrique… etc).

Une réduction apparente de la mortalité néoplasique de 15 %

Nielsen et coll. ont donc étudié la mortalité de 295 925 danois de plus de 40 ans chez qui un diagnostic de cancer à été porté entre 1995 et 2007 (suivis jusqu’à la fin 2009) en comparant les 18 721 sujets sous statines lors du diagnostic et les 277 204 qui n’en avaient jamais pris (durée médiane de surveillance 2,6 ans, 1 072 503 personnes-années de suivi).

Les résultats montrent que les mortalités globales et par cancer ont été plus faibles chez les patients sous statines lors du diagnostic de la néoplasie (- 15 % dans les deux cas avec un intervalle de confiance à 95 % entre – 18 et – 13 % pour la mortalité par cancer ; p<0,001). Ces données ont été confirmées par une analyse multivariée tenant compte de l’âge, du sexe, du niveau d’éducation, du lieu de résidence, du stade de la maladie néoplasique lors du diagnostic, des traitements reçus, de l’existence d’une maladie cardiovasculaire ou d’un diabète…

Une telle réduction significative de la mortalité par cancer a été constatée pour 13 types de néoplasies sur les 27 étudiés, mais il n’a pas été mis en évidence d’effet-dose net.

Encore beaucoup d’incertitudes

Ces données sont toutefois insuffisantes pour pouvoir affirmer que les statines réduisent la mortalité par cancer car cette étude a de nombreuses limites soulignées dans l’éditorial qui l’accompagne (2). On manque notamment d’informations sur les habitudes tabagiques des patients (qui pourraient avoir influencé la mortalité par cancer) et sur certains des traitements dont ils ont bénéficié. De plus, malgré les ajustements réalisés par les auteurs en fonction de la taille de la tumeur, on ne peut exclure formellement l’effet d’une meilleure surveillance médicale pour les sujets sous statines, conduisant à un diagnostic plus précoce, et plus généralement l’intervention de facteurs de confusion non pris en compte dans ce travail. Il faut enfin souligner que si ce travail va dans le même sens que des études antérieures ayant montré une réduction de la mortalité néoplasique chez des patients sous statines ayant un cancer de la prostate à un stade avancée, il est en contradiction apparente avec les données des études randomisées conduites avec les statines sur le risque cardiovasculaire qui n’ont pas retrouvé d’influence de la prise de ces médicaments sur l’incidence des cancers ou sur la mortalité par cancer.

Est-il temps d’entreprendre un essai thérapeutique ?

Sur ce qu’il convient de faire à l’issue de cette étude épidémiologique, les avis des auteurs et de l’éditorialiste divergent quelque peu.

Pour Nielsen et coll. il est temps d’entreprendre un essai thérapeutique pour déterminer si les statines prolongent bien la survie chez les patients atteints de cancer.

Pour l’éditorialiste un tel travail est encore prématuré. Selon lui il convient d’abord de confirmer (ou d’infirmer) ces résultats sur d’autres populations, de reprendre les données des essais conduits avec les statines à la lumière de cette étude, de tenter de déterminer la statine, la dose et la durée de traitement optimales à retenir pour un essai clinique et de poursuivre les travaux sur les mécanismes d’action biologiques possibles de cet éventuel effet anti-tumoral.

En tout état de cause il s’agit là d’une question majeure de santé publique sur laquelle la coopération d’équipes multidisciplinaires serait souhaitable.

 

D’aprés Dr Céline Dupin (JIM)

 

1) Nielsen SF et coll. : Statin use and reduced cancer-related mortality. N Engl J Med 2012 ; 367 : 1792-1802.
2) Caporaso N E : Statins and cancer related mortality. Let’s work together. N Engl J Med 2012 ; 367 : 1848-1850.

 

 

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